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Ma Cuisine rouge

  • "Mange ou meurs" (J. HARRISON)

    Imprimer Catégories : Littérature gourmande

    IMG_0342.jpgEn 2002, Jim HARRISON publiait ses Aventures d'un gourmand vagabond, rassemblant ses articles parus dans la presse américaine tout au long des années 1990, ainsi que sa correspondance avec Gérard Oberlé. Quelques extraits pour la bonne bouche...

    Je tiens d'emblée à éviter tout malentendu : mon obsession pour la bonne chère et le vin n'a rien de répréhensible. Nous oublions trop aisément qu'à force de scruter la vie, nous perdons toute envie de la vivre. Plutôt que de descendre au fond du puits des névroses qui font de bon nombre d'entre nous ce que nous sommes, je préfère considérer ma passion pour la gastronomie et les vins comme une quête obstinée de l'authenticité, et me prendre pour un voyageur, un explorateur, un aventurier découvrant ces activités banales auxquelles nous nous livrons tous les jours : manger et boire. 

    "Introduction"

    A l'échelle du temps géologique, tous les humains actuellement présents sur Terre seront morts dans quelques millisecondes. Quel tribut ! C'est seulement par un usage diligent du sexe et, vous l'avez deviné, de la nourriture que nous survivons à cette hécatombe foudroyante, propulsant nos infimes "Je suis" à travers l'obscurité muette de vingt milliards d'années cosmiques. À chaque coup d'œil lancé vers des formes rebondies, à chaque bouchée savoureuse, vous dites à une pierre d'aller se faire voir, vous affirmez à une montagne que vous êtes bien vivants, à une étoile que vous existez toujours. 

    "Principes"

     "Mange ou meurs", telle était la devise d'une rubrique gastronomique dont je me suis un temps occupé. Qui pourrait aller contre la profondeur de cette logique ? Par manger, je n'entends pas de banals arrêts au stand pour faire le plein d'essence, mais quelque chose de plus approprié au prétendu esprit humain, une activité à laquelle accorder curiosité et enthousiasme. Même les chiens apprécient la bonne bouffe. Frottez un steak avec de l'air, faites-le cuire dans du beurre, puis donnez-le à votre toutou. Et vous l'entendrez  vous répondre très clairement : "C'est vachement bon, putain !" D'ailleurs, une très bonne tranche de foie gras frais (pas celui que vous achetez en boîte) fera frissonner de la gueule à la queue votre clébard soudain saisi d'une admiration pour votre personne qu'aucune femme n'a jamais éprouvée, pas même lorsque vous sautez sur une émeraude de trois carats pour la lui offrir

    "Trente-trois points de vue sur la cuisine française"

    Jim HARRISON, Aventures d'un gourmand vagabond, 2002

    D'autres textes de littérature gourmande

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  • De la différence entre le Chilien et l'Argentin (L. Sepulveda)

    Imprimer Catégories : Littérature gourmande

    Autant l'avouer tout de suite, j'ai tendance au mauvais esprit. Quand il y a un cadre, j'aime bien en sortir. Quand on me fait un cartouche, je mets un point d'honneur à ne pas écrire dedans. Et quand on me sort certains mots, j'ai tendance à freiner des quatre fers. 

    Ce fut le cas avec le mot "slow food". Pour moi, cela relevait plus du concept bobo que d'autre chose. C'est pourquoi lorsque je me suis retrouvée avec entre les mains Deux idées de bonheur, je dois avouer que c'est davantage Luis Sepúlveda qui m'a attirée que Carlo Petrini. Et shame ! Shame on me ! Parce que j'ai découvert un ouvrage passionnant, où le dialogue entre les deux hommes s'est révélé très instructif et que, pauvre naïve ou orgueilleuse que j'étais, j'ai compris qu'en fait, la Slow Food, ça faisait belle lurette que j'étais dedans mais que, par principe de contradiction, je refusais de l'admettre.

    cuisine,cuisine et littérature,sepulveda,petrini,métailié,slow food,terra madré,partage,convivialitéAlors qu'est-ce donc que ce livre, d'abord ? C'est un ouvrage né d’une conversation entre deux hommes venus d’horizons et de pays différents, l’écrivain chilien Luis Sepúlveda et le gastronome italien Carlo Petrini. De l’Amazonie au cœur de l’Afrique, de l’expérience amère de l’exil à la communion collective de Terra Madre. Rencontres, récits, histoires de grands leaders et de petits héros du quotidien, Petrini et Sepúlveda nous entraînent à leur suite dans cette quête du droit au plaisir qui est aujourd’hui le plus révolutionnaire, le plus démocratique, le plus humain des objectifs. Avec cependant la lenteur et la sagesse de l’escargot. Parce que nous aussi nous pouvons cesser de courir vers une destination inconnue, et recommencer pleinement à exister. (Source : le site des éditions Métailié).

    Deux Idées de bonheur s'ouvre sur un premier chapitre intitulé "Une idée du bonheur" qui est un échange à bâtons rompus absolument captivant entre les deux hommes qui évoquent leurs visions du monde et les moyens de l'améliorer, entremêlant tout cela d'anecdotes historiques, familiales, politiques, humoristiques et gourmandes, conversation si vivante qu'on a l'impression d'être le troisième convive à leur table. On enchaîne ensuite sur un deuxième chapitre où Luis Sepúlveda présente "Sept idées du futur et le récit d'une île heureuse", petites histoires pleines de charme qui font voyager des Mapuches à un archipel à l'extrême sud du monde. On termine enfin par "Sept idées du futur" où Carlo Petrini expose ses conceptions militantes et - surtout - les réalisations concrètes de Terra Madre, ce réseau de "mondialisation positive".

    L'idée-force, c'est le partage.  Et le fait que la nourriture, point commun à toute l'humanité, peut en être le vecteur. Et l'hédonisme. Ainsi qu'on peut le lire dans le premier chapitreÀ travers l’alimentation, on peut tout faire, on peut faire de la politique, de l’économie, de la sociologie. On a tort de penser seulement à la débauche de ceux qui peuvent manger beaucoup et bien. Parce que le plus grand patrimoine de la gastronomie, par exemple, ce sont les femmes qui l’ont accumulé en inventant des plats très humbles qui ont rassasié l’humanité, des plats faits avec le peu dont elles disposaient, mais si goûteux et nourrissants qu’ils sont entrés dans l’histoire et les traditions des peuples. Ce ne sont pas les plats inventés par les chefs ; eux ils viennent après et c’est autre chose, ils ont certainement leur part dans l’histoire de la gastronomie mais elle est moins grande que cet incroyable patrimoine culturel qui nous a été offert par les plus humbles, femmes et hommes. La grande gastronomie naît dans les maisons paysannes, dans l’économie rurale qui n’avait rien mais réussissait à créer des plats extraordinaires. C’est cela qu’il faut comprendre pour saisir quel pouvoir elle peut avoir, autrement nous finirons tous abrutis autour de la cuisine-spectacle à la télé qui fait un malheur sous toutes les latitudes : lacunaire, souvent ignorante, devenue insupportable. La gastronomie c’est autre chose, c’est une science noble dans toutes ses composantes, qui sont si nombreuses et concernent tous les niveaux de la société.

    J'avoue qu'il m'a été difficile de choisir un extrait significatif, cependant, je me suis laissée tentée par un extrait plein d'humour où Luis Sepúlveda explique ce qui fait la différence, selon lui, entre le Chilien et l'Argentin. Voici donc :

    De la différence entre le Chilien et l'Argentin

    Maintenant, l'homme le plus haï de la dictature était seul à l'écart, plongé dans la cérémonie de la préparation du feu, répandre le charbon, faire la braise. Il était seul parce que chaque Chilien a une manière particulière, personnelle, intime et secrète d'allumer le feu pour rôtir la viande. Je me suis un peu rapproché et je lui ai dit respectueusement : "Ecoute, je ne veux pas copier ton secret, je voudrais parler d'autre chose avec toi." Et tandis que nous parlions, les différentes viandes apparaissaient sur le gril. D'abord est arrivé le poulet, préparé suivant la recette personnelle, intime et secrète des asadores : fantastique, la peau craquante. Puis les côtelettes d'agneau, elles aussi marinées selon une manière très particulière. Ensuite le cochon, toujours suivant une recette dont on ne pouvait rien révéler. Enfin, la viande de boeuf.

    A table, nous nous sommes mis à discuter des raisons de cette passion pour la nourriture, avec tout ce que cela signifie : la préparation, la cérémonie, l'amour qu'on donne au moment de tourner une fois, deux fois la viande. Et nous nous sommes demandé pourquoi nous sommes si différents des Argentins qui, eux, mettent en commun leurs connaissances culinaires. Quand on fait la même fête en Argentine, celui qui cuisine appelle toujours tous ses amis, qui se rassemblent autour du grill et ainsi apprennent. Mais au Chili nous la préparons comme si nous conservions jalousement Dieu sait quel secret, avec une sorte d'hédonisme privé qui est totalement spécifique à notre pays. Mon ami soutenait que c'était à cause de la grande différence entre le sens de la vie et de la sociabilité des Argentins et celui des Chiliens : "C'est une société dont l'origine européenne est plus manifeste. Ils ont une grande tendance à partager ce qu'ils font", disait-il.

    Peut-être est-ce vrai. Eux, ils partagent l'apprentissage, nous par exemple nous ne partageons que la souffrance. Quand un Argentin est abandonné par sa fiancée ou sa femme, qu'est-ce qu'il fait ? Il va voir un psychanalyste, se soumet à deux ou trois mois de séances et dit à tous ses amis qu'il est en analyse et que cela lui fait du bien. Au bout de ces trois-quatre mois, le psy le convainc que sa fiancée, ou sa femme, n'est coupable en rien et que c'est la faute de son père. Ça finit toujours par ça, la culpabilité du père. Et l'Argentin partage cette découverte avec ses amis, dans une certaine tristesse, en disant : "Tu te rends compte de ce qu'il m'a fait, le vieux."

    Quand un Chilien est abandonné par sa fiancée ou sa femme, il ne va pas chez le psychanalyste. Il va chez son boucher, il prend quatre kilos d'un certain type de viande, quatre kilos d'un autre, prépare tout suivant sa recette personnelle, intime et secrète, et invite tous les amis pour leur dire : "Vous savez que ma fiancée m'a quitté ?", et tous les amis lui rétorquent : "Oui, oui, les cornes te vont bien", et ils rient. Toute la nuit et tout le jour suivant, ils boivent, rient et mangent, et au bout de deux jours la douleur a diminué. Le baume curatif est dans le fait que la douleur est transformée, par la personne qui l'éprouve, en une action hédoniste, à savoir la préparation de la viande suivant sa propre recette, qui, étant si personnelle, requiert toute sa sensibilité.

    Un des cas, et non le seul, où le salut arrive avec un bon repas."

    Luis SEPULVEDA,"Une idée de partage",

    in Luis SEPULVEDA, Carlo PETRINI, Deux idées de bonheur,

    Edition METAILIE, 2016

    D'autres extraits de littérature gourmande ici.

    Et pour continuer dans l'utopie :

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  • "Sans pile on perd la face"

    Imprimer Catégories : Les chroniques de Ronchonnette Casse-Bonbons

    J’emprunte cette citation à un de mes auteurs favoris, Pierre Desproges, et je me permets d’utiliser en préambule de mon article le début de son sketch, « les Piles » que vous pourrez écouter ici dans son intégralité.

    A propos de piles, permettez-moi de vous raconter une histoire totalement authentique dont je fus naguère le triste héros.

    J’insiste sur le fait qu’elle est authentique car c’est à peu près son seul intérêt.

    Je veux dire qu’il s’agit d’une anecdote relativement ennuyeuse, dont on pourrait à l’extrême rigueur tirer une morale dont l’utilité ne m’apparaît cependant pas évidente. 

    J'appartiens au camp de ceux qui ne manifestent absolument aucun intérêt au sujet des voitures. Pendant longtemps, durant cette époque éloignée que nous appellerons les années 90, je ne caressais qu'un seul fantasme : avoir une Twingo. C'est vous dire l'ampleur de ma vocation automobile... Idéalement, un chauffeur privé m'irait parfaitement. Et plus pragmatiquement, si les transports en commun pouvaient chaque matin me mener devant mon lieu de travail en moins d'une demi-heure - autrement dit si la circulation inter-banlieue existait réellement et efficacement - je les emprunterais sans problème. 

    Quand je dois faire un trajet automobile avec quelqu'un, je ne suis jamais celle qui se bat pour conduire, mais plutôt celle qui saute de joie quand on me propose : « je conduis ? » 

    C'est pour ça que ma Renault Zoé me convient parfaitement. Je m'installe, j'appuie sur un bouton, et en deux temps trois mouvements, dans une parfaite zénitude, elle m'emmène là où je veux. Du coup, lorsque je dois reprendre un véhicule d'un autre temps, de ceux qui font du bruit, sentent mauvais ou me demandent de passer des vitesses, ça m'ennuie assez prodigieusement, je l'avoue. 

    La Zoé a été pour moi du même fantasme que la Twingo des années 90. Je me souviens, c'était en août 2012 que je l'ai découverte de « pour de vrai », à Paris, sur les Champs-Elysées. Et que j'ai su que c'était cette voiture-là que je voulais. Donc c'est que cela a été possible, je suis passée à l'acte. 

    Courant novembre 2014, je signais mon engagement, et, le 19 décembre, j'allais la chercher à la grande concession Renault. Grand moment que celui de la livraison. Deux véhicules thermiques étaient livrés en même temps que le mien et, apparemment, malgré le rendez-vous pris une semaine à l'avance, le personnel compétent devait manquer puisque les deux jeunes gens qui m'ont remis le véhicule n'avaient visiblement qu'une idée assez floue de la voiture électrique et semblaient plus préoccupés de m’expliquer le principe de la boîte automatique - « parce quand même, si vous avez pas l’habitude… » En substance, ma voiture avait un volant, des commandes autour, et ils étaient surtout soucieux de s’assurer que j’avais bien compris qu’elle avait une prise. « N'oubliez pas de la rebrancher chaque fois que vous rentrez chez vous, l'ont-ils dit. C'est plus sûr. Parce que quand même, c’est électrique. » 

    Ce que naïvement j'ai fait. Ou presque. Ne poussant tout de même pas le vice à le faire à chaque fois - même si j'avais bien compris que c'était par la prise que ça se rechargeait -, tout au plus quand l'indicateur de batterie m'indiquait 50km. 

    Car j'ai oublié de dire : je fais partie des gens qui regardent le tableau de bord et les indications qu'il donne. « Big mistake » , comme dirait Pretty Woman. 

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    Donc, bête et disciplinée, je prenais ma voiture chaque matin, m'émerveillant de découvrir un joli 139-145km s'y afficher lorsque je venais de la recharger. Et je m'amusais à observer pour chaque trajet ou presque mes statistiques de conduite, mettant un point d'honneur à évoluer entre 89 et 91/100, avec des « chutes » à 86 (mais, ça, c'est généralement quand mon mari la prenait...) et les pointes à 94 !

    C'est pourquoi je n'ai pas compris pourquoi, vers la Toussaint 2015, j'ai vu le kilométrage annoncé sur l'affichage descendre. 115 en moyenne, voire 98 quand on avoisinait les 3 degrés. Les températures étaient douces, surtout en regard de l'année précédente, et pour moi, rien n'expliquait cette baisse. Je m'en suis ouverte à mon garagiste, lorsque j'ai pris rendez-vous pour la révision annuelle, et il a a dit que oui, ce n'était pas très normal, avant un an, et qu'il se renseignerait. Et puis, le temps a passé, il a oublié, je l'ai relancé, puis rien. J'ai donc contacté le service Renault, qui a gentiment ouvert un dossier et programmé un test de la batterie avec un de ses concessionnaires. Résultat : 94% de charge, tout va bien, rentrez chez vous. Circulez, y a rien à voir. 

    Oui, mais non. Tout n'allait pas bien puisque, suivant les indications de mon tableau de bord, je devais recharger quatre fois par semaine ma voiture là où avant je la chargeais deux fois ! 

    J'ai donc réalisé une petite vidéo pour raconter ma mésaventure, montrant concrètement à quoi ça ressemblait de prendre sa Zoé annoncée chargée, un après-midi d'hiver par 8° (11° indiqué sur le thermomètre de la voiture), et de la voir afficher 98% de charge et 114 km. 

    Et là... ça n'a pas plu à tout le monde. « Big mistake » , comme redirait Pretty Woman.

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    « Inutile » , « argumentation aisément démontable », des interprétations diverses et variées, tout y est passé. On m'a même signifié que 22°, dans une voiture, c'était n'importe quoi et que je n'avais qu'à m'habiller correctement ! Et des commentateurs m’ont informé de l’ouverture d’un « fil » sur mon cas, m’indiquant le lien vers leur forum et me conviant à venir y jeter un œil.

     Oui, l'affichage était fantaisiste et alors ? Tout le monde le savait et quand on connaissait son véhicule, quelle importance ! On est des pros ou pas ?

    Ben non, justement. Pas tout le monde. Il existe des gens pour qui une voiture, ce n'est pas censé être une source d'interrogations ou un cobaye pour ego (le challenge de celui qui roulera le plus longtemps... de celui qui a les meilleures statistiques... de celui qui la plus grosse... érudition dans ce domaine…). 

    Comme me l'a fait remarqué quelqu’un, « il semblerait votre vidéo a déclenché la colère […] ce qui prouve que vous n'avez pas du taper loin d'un gros point faible qu'ils veulent taire. »  Et la personne de conclure : « vous vous avez osé critiquer un véhicule aussi parfait, vous n'avez vraiment pas peur ». 

    Loin de rentrer dans un hypothétique scénario complotiste, je me suis contentée de répondre, point par point, et de me voir, dans certains cas, soutenue voire encouragée par d'autres qui faisaient les mêmes remarques, dont je me contenterais de reprendre une des  dernières, peut-être la plus synthétique : il me semble tout à fait légitime qu'on (se) demande au bout d'un an pourquoi la batterie pourrait avoir perdu tant de capacité en usage considéré comme normal.

    C'était presque rassurant de l'entendre dire... Que des batteries s'usent, je n'en avais jamais douté malgré ce que certains semblaient penser, mais que cette baisse soit aussi rapide, j'avais beau n'être qu'une béotienne, littéraire de surcroît, prof et youtubeuse pour enfoncer le clou, il n'empêche que cela m'interpelait. 

    Néanmoins, j'ai persévéré. Suivant les conseils d’autres, j'ai décidé de vider consciencieusement ma batterie pour repartir de zéro, en notant kilomètres annoncés, kilomètres effectués, température, pourcentage de charge annoncée. J'ai donc amené ma batterie à 9% et je l'ai rechargée. 

    Et là, première surprise. Voiture affichant un 100% et 126 km d'autonomie par 7 degrés. Presque quatre mois que je n'avais pas connu ça. 

    Donc j'en suis arrivée à la conclusion suivante : il faut vider la batterie pour récupérer de la charge. Ce qui m'a été confirmé par un ingénieur depuis, s'étonnant que Renault ne m'en ait rien dit lors de la remise du véhicule. Et s'étonnant d'autant plus que personne ne l'ait fait depuis, préférant faire des tests. 

    En revanche, lorsque deux jours plus tard, je l’ai rechargée tandis qu’elle affichait 39% d’autonomie, cette fois, au matin, je n’avais plus que 106… et 97% à 5° !

    Allez comprendre. Surtout que remise en charge, une heure plus tard, elle affichait ses 100%… mais 109 km !

    Comme je l’ai conclu dans ma vidéo, ma Zoé est curieuse, imprévisible, casse-pied, énervante pour toutes ces raisons, mais je l’adore quand même ! Il n’empêche que cette histoire d’affichage, de batterie, ça mérite peut-être d’être soulevé.

    La révolution est comme une bicyclette : quand elle n'avance pas, elle tombe !

    - Eddie Merkx ! 

    - Non… Che Guevara. 

    Gérard Oury, Les Aventures de Rabbi Jacob, 1973

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  • Paroles d'adolescents

    Imprimer Catégories : Blowing in the wind

    La question que j'ai posée : 5 mots qui symbolisent la France pour vous aujourd'hui ?

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  • Le retour de l'andouillette (à la fraise de veau)

    Imprimer Catégories : Viandes

    Commençons par un aveu : l'andouillette n'est pas très photogénique. J'ai beau avoir lamentablement bidouillé cette photo, l'avoir barbouillée de maquillage, l'avoir instagrammée, il faut se rendre à l'évidence : l'andouillette n'est pas photogénique. Délicieuse, oui. Photogénique, non. Et pourtant...

    Imaginez que depuis quinze ans - crise de la vache folle oblige - nous étions condamnés à l'andouillette au porc ! Je sais, on a vu pire comme drame existentiel, néanmoins, j'avoue avoir retrouvé avec un plaisir manifeste le goût de l'andouillette de mon enfance. Et comme je suis partageuse, je vous délivre vite fait la manière dont je l'ai accommodée ce midi. Voici donc l'

    ANDOUILLETTE A LA LYONNAISE

    (la seule, la vraie, à la fraise de veau)

    lyon, andouillette, fraise de veau, bobosse,cuisine, gastronomie, délice

    Pour 4, il faut :

    • 4 andouillettes (n'ayez pas peur, c'est maigre)
    • 4 échalotes
    • un verre de vin blanc - idéalement beaujolais blanc
    • 20 cl de crème épaisse
    • 3-4 cuillerées de moutarde
    • sel et poivre

    Emincer les échalotes et les disposer au fond d'un plat allant au four. Poser par-dessus les andouillettes et arroser le tour d'un bon verre de blanc.

    Enfourner à 200° dans un four préchauffé. Vous pouvez les retourner régulièrement pour qu'elles grillent de tous côtés.

    Préparer en attendant le mélange crème, moutarde et poivre (saler éventuellement).

    Au bout de trente minutes, verser sur les andouillettes la préparation crémée et laisser cuire encore dix minutes voire un quart d'heure.

    Servir sans attendre, idéalement avec un gratin dauphinois.

     

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  • Pâtes aux coques pour un jour du champagne

    Imprimer Catégories : Pâtes, riz, etc..., Poissons

    C'est drôle, mais parfois vous arrivent de bonne surprises par la Poste. Ainsi, en ce début de semaine, la bonne surprise est arrivée via l'envoi d'une bouteille de champagne rosé. Car il y a de cela très très longtemps, j'avais eu l'heur d'être sollicité pour participer à un concours autour du champagne (brie rose crousti-fondant et sa gelée de champagne). Et, depuis, les Champagnes de Vigneron n'oublient jamais de se rappeler à mon bon souvenir une fois par an.

    Or, je dois bien le confesser, le Champagne, c'est mon péché mignon. Donc comment résister ?

    Un petit tour au marché, où des coques n'attendaient que moi, le tour était joué : pâtes aux coques, arrosées de champagne rosé ! Les voici :

    pâtes,coques,champagne

     

    Pour la recette, ce ne sera pas très académique. 800 g de coques mises à dégorger une bonne demi-heure, puis revenues une petite dizaine de minutes avec une échalote émincée sautée dans du beurre demi-sel, le tout arrosé de vin blanc (je n'allais quand même pas y mettre "mon" champagne !), les coques ouvertes et décoquées, de la crème fraîche mise à réduire, et le tout versé sur des tagliatelles fraîches, un peu de persil, et le tour était joué !

    pâtes,coques,champagne

    Bon #ChampagneDay !

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  • Après la cuisine (rouge), la bibliothèque (verte), le boudoir (rose)...

    Imprimer Catégories : Mon boudoir rose et bio

    "Alors, ton blog, tu écris toujours ?" Question que j'entends parfois (assez souvent ?). Et à laquelle je fais invariablement la même réponse : "Plus trop, non."

    Evidemment, on me rétorque illico que c'est dommage, qu'on aimait s'y promener, découvrir de nouvelles choses... Evidemment je suis toujours un peu embarrassée pour répondre. Dire quoi ? Que six années à alimenter presque quotidiennement un blog de cuisine, ça fait beaucoup et que, forcément, l'inspiration se tarit mais que, néanmoins, ce blog reste un parfait carnet de recettes en ligne, donc toujours dispo. Que j'écris toujours, mais ailleurs : sur la littérature jeunesse (S'il était encore une fois) ou plus professionnellement (Le Français, c'est pas que des dictées !). Que je vis, aussi. Que je me promène à travers les rues de la belle ville de Lyon dont je ne me lasse pas. Que je prends soin de moi. Et qu'à ce sujet... si je dois écrire sur une autre pièce de la maison, je peux aussi vous faire entrer dans ma salle de bain, ou plutôt mon boudoir, c'est plus élégant, pour vous parler de LA boutique, découverte un beau jour de novembre 2014, et qui est désormais un passage obligé de toutes mes visites sur la Presqu'île : M&Oz.

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    M&Oz, c'est une boutique-doudou, un lieu qui ne ressemble à aucun autre, un écrin de douceur et de volupté qui vous fait sentir tout de suite mieux.

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    C'est d'abord deux filles adorables, Cécile et Ondine, qui vous accueillent comme si vous les connaissiez depuis toujours. Qui prennent le temps de vous sourire, vous offrir un thé, qui regardent votre peau avec bienveillance et sans cet air de vous dire "mais mon Dieu, comment est-ce possible que vous ayez réussi à garder visage humain jusque là, avec ce que vous faites !". Deux filles délicieuses qui vous proposent d'essayer avant d'acheter, qui vous expliquent qu'accumuler les produits dans sa salle de bain ne sert à rien si on ne fait que les regarder. Deux filles bienveillantes qui pensent que la beauté, ça s'apprend et ça se cultive et qui, pour ce faire, vous proposent des ateliers pour apprendre à utiliser les produits, à savoir se maquiller, que vous soyez ado rebelle, quadragénaire particulièrement bien conservée ou ma mère !

    M&Oz, c'est ensuite le paradis de la beauté bio : tous les produits proposés sont triés sur le volet, avec une composition étudiée à la loupe, et, surtout, dans une gamme de prix abordable.

    M&Oz, c'est enfin la preuve qu'on peut être bio sans pourtant porter des sandales recyclées et une veste en toile de jute ! On y trouve, fait assez unique en France, les excellents produits anglais Nourish :

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    les si tendance vernis Kure Bazar

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    une pleiade de pinceaux EcoTools

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    Bien évidemment,  d'autres ont parlé avant moi de cette boutique (je cite au hasard A nous Lyon ou encore Bulles de mode) ; si vous tapez M&Oz dans votre moteur de recherche, vous apprendrez plein de trucs, comme le passé de maquilleuse pro de Cécile, et blablabla...). Mais surtout, si vous êtes lyonnaise, ou de passage à Lyon, si vous voulez vous faire du bien (ou en faire aux autres, j'ai testé, ça marche), n'hésitez pas : poussez la porte du 5 rue Antoine de Saint Exupéry, Lyon 2°, vous ne le regretterez pas !

    La boutique a un Facebook - les photos sont personnages ou "empruntés" à Facebook de la boutique et instagrammées par mes soins.

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  • Délicieux moment chez "Jour de marché"

    Imprimer Catégories : Découvertes gourmandes

    Une très jolie découverte que ce "Jour de marché", dans le 6ème arrondissement de Lyon, rue Molière.

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    C'est une toute petite terrasse à flanc de trottoir, qui annonce un restaurant non moins cosi où l'accueil est charmant.

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    Quant à la carte... que du bonheur ! Les menus de midi vont de 19 à 22€, ceux du soir sont à 31 et 38€. C'est pour ce dernier que nous avons opté, et sans aucun regret !

    Après la mise en bouche délicatement acidulée, nous avons dégusté un céviché de crevettes, loup Nordique et saint jacques au citron vert, avec petits légumes croquants et glace au cactus (?) où les saveurs explosaient en bouche. Puis, le tout accompagné d'un excellent Pouilly Fuissé, nous sommes passés pour l'un au Poulpe de Madagascar au gingembre et à la citronnelle et l'autre, c'est-à-dire moi, au filet de dorade sébaste, avec son croustillant de manioc, sa pomme dauphine coriandre, sa compotée de rhubarbe et banane, accompagnée d'une émulsion de lait de coco-citron vert.

    Si les intitulés sont longs, les plats sont pour leur part des instantanés de goût : le poisson cuit à la perfection, les étonnantes associations qui vous font voyager de l'Europe à l'Asie en passant par le continent américain où le chef Anthony Kéravec a passé douze ans, tout concourt à vous faire passer un excellent moment.

    Et enfin, final éblouissant, la sphère ultra chocolatée, qui cache une compotée de mangue, de la mousse au chocolat et des dés de meringue que l'on libère quand la serveuse fait doucement couler une sauce au chocolat chaud ! Une tuerie ! A rendre les assiettes aussi propres que lorsqu'elles sont sorties du placard !

    pour en savoir plus, je vous invite à découvrir le restaurant via cet article du Progrès ; vous trouverez également ici une recette du chef, lotte fraîche et sauce Molé. Enfin, allez faire un tour sur leur page Lyonresto pour découvrir les menus.

    Une belle réussite !

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  • 30 choses qu'on retiendra de notre voyage sur la côte Est américaine

    Imprimer Catégories : Voyages
    • le petit-déjeuner buffet de l'Hôtel Capitol Skyline à Washington (et la navette gratuite vers le centre du même hôtel, très pratique) 
    • le personnel du métro de Washington, très aimable, qui n’hésite pas à quitter sa « cahute » pour venir nous aider 
    • la visite du Capitol avec le guide qui demande d'où chacun vient, découvre qu'on est français et nous explique qu'il a fait ses études à Dijon 

     

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    • le cimetière d’Arlington, ses croix à perte de vue, la « colline » Kennedy et la vue imprenable sur Washington 

     

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    • le petit-déjeuner au marché couvert Reading Terminal Market de Philadelphie, le breakfast chez @MollyMalloysRTM, les brownies et le super café du singe volant @FlyngMnkyPhilly 
    • les nouilles chinoises faites à la main de I-Green  
    • La fondation Barnes où le regard ne sait plus où se poser tant il y a de merveilles sur les murs 

     

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    • les outlets avec une spéciale dédicace au Tanger de Lancaster, où le mot SOLDES prend toute sa signification ! 
    • le business Amish qui se décline sous toutes les formes 

     

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    • Le Pizza Hut de Lancaster, qui pue le parmesan trop fait, où les coudes collent sur la table et où la moitié des enfants est sortie en vomissant 
    • La découverte des produits Origins chez Bon-ton @bonton à Lancaster, où l’adorable Frances m’a fait plein de petits pots personnalisés 
    • le quartier de Williamsburg au charme incomparable 
    • Le stationnement incompréhensible dans les rues de New York 
    • la boutique Brooklyn_Charm pour ses bijoux originaux 
    • Les TEE shirts Brooklyn Industry 
    • La manucure pédicure chez Nail It à 30 dollars et qui dure ! 
    • Le mémorial du 11 septembre, très émouvant, avec ses flots sans fin qui sombrent vers le néant 
    • La vue du Top of the Rock au Rockfeller Center

     

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    • La librairie de la mort à New York où le rêve de tout lecteur invétéré devient réalité 
    • Les ferrys hors de prix pour les îles de Nantucket et Martha’s Vineyard et toutes les familles des locaux qui se prennent pour des Kennedy
    • Le resto tout pourri Fresh Ketch où on a poireauté deux heures sous une climatisation glaciale alors que les autres tables étaient servies et partaient avant nous, et qui, d’autorité, ajoute 18% de « gratuity » à la note ! 
    • Le Tiki Port, super plan chinois et polynésien (!) où tu manges pour trois fois rien 
    • Provincetown, son charme old-fashioned et son allure de colonie de vacances pour Village People 
    • Les plages payantes et les routes qui ne longent JAMAIS la mer
    • l’hôtel Heritage du Cape Cod, qui prélève d’autorité 25 dollars, refuse de les déduire de la note et, dix jours plus tard, n’a toujours pas remboursé ! 
    • jouer les Ally Mac Beal à Boston en se baladant dans les rues, son café à la main
    • Le Hilton de Faneuil Boston sans wifi sans les chambres
    • la vendeuse pas aimable de chez Origins Boston qui vous fait regretter Frances 
    • la trop bonne cuisine italienne du Rabias et ses linguine Fradiavolo alla Mediterranea 
    • Les petits-déjeuners pantagruéliques de Pauli’s
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  • Blinis au saumon fumé

    Imprimer Catégories : Apéritif

    Les anciens Slaves ont créé les blinis ronds et blonds pour en faire un symbole d'hommage au soleil. Traditionnellement on les cuisait à la fin de l'hiver pour célébrer la renaissance de l’astre solaire. (Source : Mon P'tit Régal - hors-série n°7). Alors certes nous sommes encore loin de la fin de l'hiver, mais ces mini-blinis accompagnent parfaitement les apéritifs qui fêtent notre entrée dans cette nouvelle année; voici donc les :

    BLINIS AU SAUMON FUME

    Pour une trentaine de blinis, il faut :

    • 150 g de farine
    • 2 œufs
    • 10 g de levure de boulanger
    • 20 cl de lait
    • sel et poivre
    • beurre

    Pour la garniture

    • 150 g de saumon ou truite fumé(e)
    • un blanc d’œuf
    • un pot de ricotta
    • sel et poivre
    • de la ciboulette
    • quelques gouttes de jus de citron

    Séparer les blancs des jaunes.

    Verser la farine, la levure, et bien mélanger.

    Faire tiédir le lait et ajouter les jaunes. Mélanger au fouet, saler et poivrer. Intégrer au mélange farine-levure.

    Battre les blancs en neige et les incorporer à la pâte.

    Laisser reposer une heure au réfrigérateur.

    Battre la ricotta, saler et poivrer, ajouter quelques gouttes de citron.

    Battre le blanc en neige et l'incorporer à la ricotta.

    Ciseler la ciboulette et l’intégrer, en réservant quelques brins pour la décoration.

    Trancher le saumon en petits carrés.

    Dans une poêle, faire chauffer du beurre et déposer de petits tas de tas de pâte. Retourner le blini quand de petites bulles se sont formées à la surface et laisser cuire encore une minute.

    Laisser refroidir puis tartiner le blini de crème, déposer le morceau de poisson fumé et ajouter un éclat de ciboulette.

    cuisine, apéritif, saumon, blinis

    Remarques :

    • Vous pouvez utiliser du saumon mariné, moins salé.
    • Et remplacer les brins de ciboulette par des œufs de saumon.
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