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  • Samedi soir sur la terre - Restaurant THOMAS (Lyon)

    Imprimer Catégories : Blowing in the wind

    Ca commence par une petite rue qui surgit à notre gauche, non loin de la Place Gailleton. Une façade rouge profond, trois arches qui la dessinent et... cinq personnes qui nous attendent ! Nous sommes les premiers chez Thomas, un jeune chef dont nous avons découvert le restaurant par hasard.

    Tous s'écartent, on entre dans cet intérieur intime et chaleureux, après avoir contourné le paravent. Plafond chocolat, tables de bistrot hétéroclites, fauteuils de même, murs clairs avec des appliques qui tamisent la lumière, bougies brûlant ça et là sur quelques tables et au mur, une alcôve... Nous avons le choix de notre table et nous plaçons dans un angle de la salle. L'ensemble respire la simplicité et le bon goût, entre l'atmosphère de bistrot de début du siècle et le club anglais.

    On nous apporte les menus et nous choisissons l'apéritif maison en attendant de décider de notre menu : crème de châtaigne délicieusement parfumée et crémant de Bourgogne. Qu'accompagnent deux petites escalopes de poulet à la tomate légèrement épicée. La musique se répand doucement autour de nous, douce et fuide. L'album d'Ayo. Une petite mise en bouche arrive : un velouté de courgette à la menthe.

    Nous optons pour deux entrées différentes. Je choisis le gaspacho andalou, sa crème fouettée citron-basilic et langoustines poêlées, mon mari préfère le mille-feuilles croustillant de poulet, salade d'herbes et de légumes, sauce "vitello tonato". C'est délicieux : la soupe fraîche qui se mêle à la tièdeur des langoustines, la quenelle de crème à la fois douce et acidulée, exquis mélange. Je n'ai même pas envie de goûter l'appétissante entrée de mon époux qui semble se régaler de même...

    Nous dégustons ensuite une pintade fermière de l'Ain farcie sous la peau aux herbes fraîches, servie avec un tajine de légumes et foie en pastilla épicée. Là encore nous nous régalons, les petits pains aux graines de tournesol ou aux olives l'accompagnent merveilleusement bien, tout comme le Pessac-Léognan rouge que nous avons choisi.

    Quoique le menu nous le propose, nous écartons le fromage (au choix : fromage de saison ; demi Saint Marcellin de la mère Richard ; cervelle de canuts ; fromage blanc à la crème) et passons directement au dessert. Là encore, une mise en bouche nous est servie dans de minuscules cocottes rouges : un flan à la vanille crémeux qui fond en bouche, puis arrivent nos desserts.

    Mon mari se voit disposer devant lui un minestrone de melon et fruits frais au basilic, accompagné d'un sorbet fraise-basilic et de sablés bretons, tandis que je déguste dans une large assiette carrée une variation pêche-abricot, soit : une pêche rôtie, un crumble aux abricots, un gaspacho de pêche à la menthe et un sorbet abricot, le tout délicatement disposé et délicieusement goûteux.

    Nous concluons tranquillement par un café avant de repartir non moins tranquillement. Vous l'aurez compris, nous avons passé une excellente soirée et déniché une excellente adresse... Vous n'aurez pas de photos car j'avoue qu'égoïstement,  je répugne à gâcher mon repas en mitraillant tout ce qu'on m'amène. Je préfère savourer de mes yeux avant que de laisser place à mes papilles et... vous raconter après !

    Je vous conseille cependant un tour sur le site du restaurant et vous donne son adresse :

    Restaurant THOMAS, 6 rue Laurencin, LYON 2ème.

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  • Samedi soir à Holyoke (S. KING)

    Imprimer Catégories : Littérature gourmande

    Disons-le tout net : l'extrait qui va suivre est surtout un prétexte ! Certes il parle de nourriture, mais c'est bien la seule chose qui le rattache à cette rubrique ! Prétexte, disais-je, à vous parler d'un livre que je viens de finir et qui m'a transportée. Emue, bouleversée, secouée. Coeurs perdus en Atlantide, de Stephen KING.

    Pendant longtemps, j'ai cantonné Stephen KING à la case "auteur de bouquins qui font peur", sous-entendre pas intéressant et sans valeur littéraire. Pire encore, j'ajoutais la sous-case "livre pour mecs", et c'était définitivement barré pour moi ! Et puis j'ai vu Stand by me, le film de Rob REINER avec l'inoubliable River PHOENIX (voir photo). Et j'ai appris r_phoenixque Stand by me était l'adaptation d'une nouvelle de KING intitulé "The Body", figurant l'automne dans le recueil Différentes Saisons. Tiens, me suis-je dit, il n'y aurait pas que du gore chez monsieur KING ? Et puis j'ai dévoré La Ligne verte, paru en feuilleton chez Librio. Et là encore, j'ai aimé.

    Certes il y a toujours une part de fantastique, voire de science-fiction dans ses histoires, mais surtout, Stephen KING est un formidable conteur ! Il sait règler mieux que personne une histoire qui va partir en tous sens, se ramifier à qui mieux mieux pour finalement boucler un récit palpitant qui vous laisse le coeur au bord des lèvres et à bout de souffle.

    Je crois qu'il y a peu d'écrivains qui, comme lui, sont fascinés par le passage de l'enfance à l'adolescence et le raconte si bien. Comme il le fait dire à un de ses personnages dans Coeurs perdus..., c'est la "seule excuse de la littérature, à savoir l'exploration des questions de l'innocence et de l'expérience, du bien et du mal".

    Coeurs perdu en Atlantide est un roman étourdissant. 668 pages divisées en cinq nouvelles traversant les époques, depuis 1960 jusque 1999. Des personnages qui se retrouvent d'un texte à l'autre, une omniprésence de l'Amérique des années 60, celle d'avant l'assassinat de Kennedy qui marqua la fin de l'insouciance, la fin de l'innocence, une bande-son (car on peut parler de bande-son, même pour un roman !) redoutable, un pessimisme, une noirceur, en un mot une vérité, tout est là, dans le livre ! Dois-je ajouter que je vous le conseille ? En attendant, voici :

    SAMEDI SOIR A HOLYOKE

    Les étudiants commencèrent à arriver à partir de cinq heures ; à cinq heures et quart, l'équipe de la plonge était en pleine activité et garda ce même rythme pendant une heure. Beaucoup de pensionnaires partaient dans leur famille pour le week end, mais ceux qui restaient mangeaient tous à Holyoke le samedi soir, car on y servait des saucisses aux haricots et du pain au maïs. Le dessert était du Jell-O. Au Palais des Plaines, le dessert était presque toujours de la gelée. Si le cuistot était d"humeur folâtre, on pouvait même avoir droit à du Jell-O avec de petits morceaux de fruits en suspension dedans.

    Stephen KING, Coeurs perdus en Atlantide, 1999.

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