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  • Coco ragoût pour femme pressée

    Imprimer Catégories : Viandes

    Le mercredi, c'est le jour des enfants, traditionnellement. Et celui des mamans, inévitablement. J'ai la chance (?) d'exercer un métier qui me permet de suivre le rythme scolaire. C'est ainsi que le mercredi, tandis que l'époux se lève et part gagner sa croûte, je peux savourer ce petit moment (oh, un petit quart d'heure souvent, parfois moins, parfois un peu plus) où je reste somnoler avant de mettre un pied par terre.

    Et puis tout s'enchaîne. Le petit débarque, tout ensommeillé : "A fait gros dodo, Maman ?" - Bien sûr, mon ange, si on excepte tes deux cauchemars à une heure et quatre du matin... Début de petit-déjeuner, puis apparition de la grande soeur qui expédie le sien, lançant à la cantonade "Je peux regarder la télé, oh, juste dix minutes, après je me prépare, tu me sors mes vêtements." On débarrasse, on s'habille, on habille le petit - qui curieusement a une furieuse envie de jouer à cache-cache à ce moment-ci - et on commence à hurler à intervalles réguliers à la grande : "Pauliiiiine, habille-toi ! Lave-toi ! Peigne-toi ! Dépêche-toi !"

    Et bon an mal an, il est neuf heures et quart, nous sommes fin prêts pour nous rendre au gymnase, c'est l'École du Sport du mercredi matin. Neuf heures quarante, la grande est casée, reste le petit et les courses. Le temps d'aller de la viande, le pain, le journal, il est dix heures et demi. Et qu'y avait-il dans le panier des Bios de Feuilly ce mardi ? De jolies choses rose violacé veinées de blanc : des haricots coco ! et que faire des haricots coco ? Eh bien, un ragoût, pardi ! Bien mijoté, bien goûteux, bien savoureux... en moins d'une heure trente !

    Et c'est là qu'intervient une invention que j'ai l'intention de solliciter de plus en plus cette année : la Cocotte-Minute ! Et hop, au boulot :

    10h35 - 10h55 : écossage des jolis haricots ; on essaie d'impliquer l'enfant curieux que l'on est soucieuse d'éveiller au fabuleux monde des senteurs et des saveurs (tout en hurlant : "noooon, pas dans la bouche !")

    10h55 - 11h00 : lavage rapide, mise en cocotte et c'est parti pour un petit quart d'heure.

    11h13 : départ au gymnase pour récupérer la sportive et sa copine.

    11h30 - 11h35 : retour à la maison avec lâchage de la voisine à sa mère - débriefing  rapide sur la première séance et programme des activités à venir.

    11h35 : règlements des conflits surgis durant l'absence : "Hiiii, il a tout cassé dans ma chambre ! JE NE VEUX PLUS TE VOIR, SORS D'ICI IMMÉDIATEMENT !!!" - menaces de privation de télé pour des durées variées et indéterminées - retour en cuisine

    11h38 - 12h00 : opération ragoût.

    12h00 - 12h10 : débarrassage du lave-vaisselle, mise de la table.

    12h20 : arrivée de l'époux : "Dis donc, tu en mis du temps, il y a eu un problème ? Parce qu'ici, tout est prêt !"

    Après cette tranche de vie qui, j'en suis sûre, trouvera écho chez un certain nombre, voici donc le :

    COCO RAGOÛT POUR FEMME PRESSÉE

    Pour 4, il faut :

    • 400 g de haricots coco frais
    • un kilo de collier d'agneau coupé en morceaux
    • deux oignons
    • une tomate
    • une gousse d'ail deux branches de thym
    • une feuille de laurier
    • 25 g de beurre
    • une cuillère à soupe d'huile
    • deux cuillères à soupe de farine

    Écosser et laver les haricots. Les mettre dans la Cocotte-Minute avec un brin de thym, une feuille de laurier et un oignon, et les recouvrir d'eau. Fermer et laisser cuire 8 minutes à partir du moment où la soupape chuchote. A l'issue de la cuisson, égoutter les haricots et réserver.

    Émincer l'oignon. Faire fondre dans la Cocotte-Minute le beurre et l'huile et y faire revenir la viande farinée. Ajouter l'oignon peu après et laisser dorer pendant quelques minutes. Saler et poivrer.

    Verser sur la viande trois verres d'eau, la tomate découpée en dés, une branche de thym et la gousse d'ail écrasée. Fermer la Cocotte-Minute et laisser cuire 6 minutes à partir du moment où la soupape chuchote.

    Ouvrir la Cocotte-Minute et ajouter les haricots. Bien mélanger puis refaire cuire 10 minutes après le chuchotement de la soupape.

    Ouvrir et laisser mijoter jusqu'au moment de servir.

    Rago_t_agneau

    Remarques :

    • Ne pas saler l'eau de cuisson des haricots, cela les durcit.
    • Ça marche vraiment en une heure trente !!!
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  • Grand cru et oiseaux de paradis... (J.P. KAUFFMANN)

    Imprimer Catégories : Littérature gourmande

    Pour beaucoup d'entre nous, Jean-Paul KAUFFMANN, c'est avant tout ce visage émacié qui, trois ans durant, est apparu en ouverture du journal de France 2 - on disait Antenne 2 alors - en compagnie d'autres journalistes, assorti d'un macabre compte-à-rebours. "Les otages au Liban n'ont toujours pas été libérés". Et puis "ils" ont été libérés. Et la vie a recommencé. Ou tout du moins tenté.

    C'est cette reconstruction, à défaut de renaissance ou de résurrection, que Jean-Paul KAUFFMANN nous narre dans La Maison du retour. Ou comment, petit à petit, dans un isolement volontaire, il a retrouvé le goût des choses et des gens. Son livre est plein d'odeurs, de sons, de littérature aussi, entremêlé de rappels au réel. "Une fatwa a été lancée contre Salman Rushdie". "L'ayatollah Khomeyni est mort"... Et puis il y a le vin. C'est le Bordeaux qui était le sujet de son premier ouvrage publié après sa détention. C'est encore le Bordeaux que l'on retrouve dans l'extrait suivant, où Jean-Paul KAUFFMANN et son épouse, Joëlle, sont conviés à dîner chez un voisin. Voici donc :

    GRAND CRU ET OISEAU DE PARADIS

    Je ne sais si le vin habite un éternel présent, en tout cas celui-ci me paraît invulnérable. La robe est encore sombre et intense. Les parfums de la jeunesse, souvent trop démonstratifs dans leur évidence, ont disparu au profit d'un bouquet profond évoquant le cèdre, l'épice. Une sensation ténébreuse, irrévélable. Je songe alors à cette réflexion entendue un jour dans la bouche d'un vigneron : "Le parfum, ça vous saute au nez tandis que le bouquet, il faut aller le chercher." C'est un bonheur presque illicite d'atteindre la vérité cachée d'un tel vin. Il réussit à jouer sur deux notions antinomiques : la délicatesse et la puissance. D'ordinaire, on a l'un ou l'autre. Jamais les deux à la fois. Sauf dans des cas exceptionnels comme celui-ci.

    L'épouse du Voisin et la soeur se sont absentées avec des airs de conjurés. Elles tiennent conciliabule en cuisine. Je saisis vite les raisons de cet aparté. En grande pompe, la soeur présente dans la lèche-frite de petites boules d'ivoire en brochette dont la peau est très légèrement quadrillée en pointe de feu par le gril. Un petit croûton taillé en demi-lune est intercalé entre chaque "bestiole". Ce sont des ortolans, doux oiseaux de passage, ainsi appelés "parce qu'ils fréquentent les jardins, du bas latin hortolanus" nous précise le Voisin.

    La fourchette et le couteau sont bannis. La soeur indique qu'il faut saisir l'oiseau par le bec avec ses doigts. Je fais rouler mon premier ortolan dans la bouche. La tentation est grande de mâcher à peine en l'aspirant la chair dense et moelleuse car elle fond sous le palais. Lorsque je débroche mon deuxième ortolan, il rend une ou deux gouttes de graisse que je recueille soigneusement sur le croûton. Je sens que ce sera divin. Un goût plein de noisette, gras et fumé, truffé et fruité à la fois. La chair de l'ortolan qui se fluidifie dans la bouche souligne l'impression de dodu et de gras, en même temps la peau croustillante donne une sensation tactile qui l'apparente au maigre, au sec, au non-épais.

    L'ortolan possède en Gascogne une valeur particulière. Ce passereau est si rare qu'il n'est dégusté qu'entre amis, "sous la serviette" comme nous le confie la soeur. C'est dire qu'on nous fait honneur en offrant ce plat. Pourquoi une telle marque de bienveillance . Je crois qu'ils sont heureux tout simplement de recevoir. De manifester aussi leur sympathie à l'égard d'étrangers qui ont choisi d'habiter leur région. Peut-être éprouvent-ils à notre endroit une forme de gratitude. [...]

    La deuxième bouteille de Palmer me paraît un brin inférieure à la première, le vin est moins profond, un peu moins complexe. Cette différence sur un cru du même millésime n'est pas rare, surtout quand il s'agit d'un vin ancien. Depuis deux heures, nous faisons bombance et joyeuses libations. Il est possible que les papilles gustatives saturent et que le palais soit moins frais, moins impressionnable. Le Voisin me resserre souvent. Je me sens en tout cas très euphorique, nullement ivre. Dans un état de béatitude mais lucide et actif. Je ne connais pas de shoots plus plaisants que ces crus anciens. Ils m'exaltent, me font revenir en arrière comme la truite remonte la rivière. Seule matière vivante à se bonifier en vieillissant, le vin abolit le flux temporel.

    Jean-Paul KAUFFMANN, La Maison du retour, 2007

    D'autres extraits de littérature gourmande...

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  • La chaîne rose : ça continue...

    Imprimer Catégories : Blowing in the wind

    Souvenez-vous, il y a quelques temps, comme une certain nombre de blogueuses, j'avais participé à la chaîne rose, initiée par Sophie Kune (Femmes avant tout) et relayée par Requia. Il fallait proposer une recette rose ; à cette occasion, j'avais choisi une mousse légère de tomate.

    Depuis, le projet a pris de l'ampleur et s'est même concrétisé, sous la forme d'un livre électronique. Le principe est simple : vous cliquez sur le lien ci-dessus ou ci-dessous (choisissez celui que vous préférez...) et vous pourrez télécharger gratuitement les recettes. Mais pour chaque téléchargement (gratuit), la Société ROCHE versera 1 euro à l'association Le cancer du sein, parlons-en. Alors n'hésitez plus : cliquez et faites cliquer. De surcroît, les recettes sont délicieuses...

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