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  • Dérive sanglante (W. G. TAPPLY)

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    C'est d'abord une couverture noire où se détache, en haut, une photographie absolument magnifique. Un noir et blanc de bord de mer, lumineux et intense, que l'on retrouve dans les pages intérieures.

    derive_sanglante

    L'histoire est a priori celle d'un roman policier banal : "Suite à un improbable accident de montagne qui lui a fait perdre la mémoire, Stoney Calhoun est un homme sans passé. Cinq ans après avoir quitté l'hôpital, une confortable somme d'argent en poche, il a refait sa vie dans le Maine et coule des jours paisibles entre la boutique de pêche où il travaille et sa cabane enfouie au coeur des bois. Jusqu'à ce que son meilleur ami disparaisse.
    Calhoun se lance alors sur sa piste et accumule les découvertes macabres. Au fur et à mesure, il se découvre d'inattendus talents d'enquêteur qui vont le confronter aux fantômes de son passé.
    Première aventure de Stoney Calhoun, Dérive sanglante nous promène à travers les paysages idylliques et chargés d'histoire du Maine, jusqu'à un final aussi violent qu'étonnant."

    Et pourtant, c'est à quelque chose de tout à fait différent que nous avons affaire. William TAPPLY vient de créer un genre inédit : le polar contemplatif. Certes il y a un meurtre, certes on croise des policiers, certes l'énigme semble devenir plus trouble à chaque page, mais l'essentiel n'est pas là. L'essentiel, c'est ce personnage étonnant de Stoney Calhoun, qui s'est installé il y a cinq ans dans le Maine, après avoir quitté l'hôpital d'Arlington (Virginie), où il venait de passer dix-huit mois, avec en poche un chèque de vingt cinq mille dollars et une carte de crédit à son nom. (...) Quelqu'un avait de sacrées obligations envers lui. Mais quand il avait cherché à en savoir plus, il n'avait pu obtenir de réponse à ses questions. Calhoun n'avait pas insisté. Il n'avait sans pas intérêt à raviver certains souvenirs.

    Et c'est autant une enquête sur la mort de son meilleur ami qu'une enquête sur lui même que mène Calhoun. En avançant dans ses recherches il découvre que la mort lui est familière, certains gestes aussi, bref, qu'il a sans doute en lui des choses qu'il ne préférerait pas connaître.

    Outre ses romans policiers, l'auteur, William G. TAPPLY, collabore régulièrement à des revues de pêche. Le sujet lui est manifestement familier et cela donne à son roman un ton tout à fait particulier. Je ne parlerai pas de "polar écologique", on en est loin, mais il décrit magnifiquement les paysages du Maine, la sérénité d'un montage de mouche ou encore le suspense d'une partie de pêche. Quoique terrible dans sa conclusion, c'est cependant un roman que l'on pourrait qualifier "d'oxygénant".

    Les premières lignes :

    Il était environ huit heures du matin lorsque Stoney Calhoun entendit la sonnette tinter : signal qu'on passait le seuil de la boutique. Il leva les yeux de son étau. Un homme aux cheveux blancs se tenait dans l'embrasure de la porte, d'où il examinait le casier des cannes Sage et Orvis adossées au mur. Calhoun reporta son attention sur la mouche presque achevée dans son étau.

    Une minute plus tard, l'homme était devant lui.

    - Nom de nom, qu'est-ce que c'est que ça ?

    Calhoun garda les yeux baissés.

    - Une bunker fly, marmonna-t-il avec l'accent du coin, ce qui donnait quelque chose comme "bunka fly".

    Il en remettait toujours une louche pour les clients des autres états, histoire de faire couleur locale. C'était une idée de Kate : les touristes, les gens des plaines, tous ceux qui "venaient de loin" - et ce vieux type avec son pantalon de toile tout juste sorti du pressing, ses mocassins rutilants, son polo vert boutonné jusqu'au cou et son accent garanti vieux Sud, si lui ne venait pas de loin ! -, tous ces gens-là s'attendaient à ce que Calhoun parle comme un guignol de pub télévisée. Et Kate était d'avis qu'ils seraient plus enclins à dépenser leur argent dans sa boutique s'ils n'étaient pas déçus.

    - Un peu plus de "ouaip", Stoney, lui disait-elle sans répit. Joue les taciturnes. Et si tu arrives à le placer, dis-leur des trucs comme "Y a pus d'saison, mon pauv'monsieur".

    Kate était la patronne, alors Calhoun s'efforçait de faire comme elle disait.

    William G. TAPPLY, Dérive sanglante, éditions Gallmeister, 2007.

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  • Abécédaire

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  • Ma Cuisine rouge s'agrandit !

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    ... et s'enrichit d'une bibliothèque plus étoffée ! Comme la cuisine, la littérature est vorace, et je me suis aperçue que mes lectures prenaient de plus en plus de place dans ce blog culinaire. Cela avait commencé, l'air de rien, par des extraits de Littérature gourmande... Puis un album photo de mes lectures au fil des jours... Et puis, ô bonheur, la reconnaissance de Ma Cuisine rouge parmi des blogs "littéraires" ici ou ...

    Alors j'ai hésité : créer un deuxième blog, corollaire du premier, la bibliothèque après la cuisine ? Le problème, c'est que je suis flemmarde, et gérer deux blogs en parallèle pour tout dire, cela m'ennuyait déjà à l'avance ! Alors j'ai opté pour cette solution : Ma Cuisine rouge, c'est moi. Cela me ressemble. Et moi, j'aime autant dévorer des livres que des petits plats. Donc il fallait faire évoluer Ma Cuisine rouge.

    C'est fait : désormais vous trouverez pêle-mêle recettes et lectures. Et j'espère que vous vous régalerez à lire les unes comme les autres, autant que moi j'aurai eu de plaisir à les écrire.

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  • Revigorant gratin de poireaux aux crozets de sarrasin

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    Trêve de littérature, revenons à des choses sérieuses ! La semaine dernière, nous avons traversé une semaine polaire. Il fallait donc sortir les grands moyens. Ce fut fait. Des crozets au sarrasin bio de chez Markal, des poireaux tout droit sortis du panier, du fromage, et ainsi fut résolue la question du froid. Voici donc un revigorant :

    GRATIN DE POIREAUX AUX CROZETS DE SARRASIN

    Pour 5, il faut :

    • 5 jolis blancs de poireaux (utilisez le vert dans la soupe)
    • 200 g de crozets de sarrasin
    • 125 g de fromage (j'ai pris celui qui traînait au frigo, c'était un mélange pour pizza...)
    • 20 cl de crème fraîche
    • 7 cl de vin blanc sec
    • un cube de bouillon de volaille
    • une branche de thym
    • sel et poivre

    Nettoyer les poireaux et les découpez en fines rondelles. Les verser dans une casserole avec du vin blanc, le thym et un peu de sel. Laisser étuver à couvert en remuant de temps en temps, une dizaine de minutes environ.

    Faire cuire les crozets dans une casserole d'eau bouillante salée où vous aurez ajouter le cube de bouillon pendant une bonne dizaine de minutes.

    Préchauffer le four à 180° (th 6).

    Mélanger ensemble les crozets tout justes égouttés, les poireaux, la crème et les trois-quarts du fromage. Saler et poivrer au goût.

    Disposer dans un plat à gratin et terminer le reste de fromage en surface. Faire gratiner une quinzaine de minutes et déguster très chaud.

    Poireaux_p_tes

    Remarques :

    • Vous avez dit "riche" ? je préfère revigorant, après tout, IL FAIT FROID, on vous dit !
    • La recette vient du magazine Saveurs mois de Novembre ("encore?" entends-je), mais il y avait 250 g de Beaufort, j'ai donc allégé...
    • C'est un vrai bonheur !
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  • Ma princesse préférée

    Imprimer Catégories : Blowing in the wind

    En bonne fille de sa mère, la mienne, me voyant passer un temps (fou ?) sur mon blog, a voulu le sien. Et là, mon instinct maternel a hurlé : "Alerte ! Alerte !" Nous avons donc réfléchi à la question et décidé de faire un blog autour des princesses, puisque ma fille, fille parmi les filles, est une inconditionnelle de la Princesse Academy et autres princesses Disney. L'idée, c'était de parler de ses lectures - bon sang ne saurait mentir...

    Et ne voilà-t-y pas que ma demoiselle a été "tagguée", comme une grande ! Par Jill, une auteur-illustratrice, qui tient un très joli blog. Il s'agissait d'évoquer les princesses qui ont marqué notre enfance. J'ai laissé Pauline s'exprimer, puis me tagguer, et me voilà à parler de ma princesse préférée.

    D'abord, il faut que je vous dise, quand j'étais petite, je me rêvais princesse. Tous les deux jours, j'enfilais une robe longue (vestige d'une tenue de demoiselle d'honneur) et je descendais l'escalier de la maison en laissant cascader une traîne imaginaire. A l'arrière de l'automobile familiale, j'imitais le petit signe de main de la Reine d'Angleterre afin de saluer les foules. Et quand je suis allée la première fois à Venise, je n'ai pu m'empêcher, sur le vaporetto qui remontait le Grand Canal, de me placer à la proue pour refaire la grande scène de Sissi face à son destin, mais si, vous savez, lorsque les fenêtres se ferment sur leur passage, dans un silence absolu, avec, tout à coup, un drapeau italien qui se déroule. Et Franz qui lui dit : "Je suis désolée de t'avoir imposé cette humiliation" (Rappelez-vous qu'elle sort d'une tuberculose - ce qui ne l'empêche pas de porter des robes décolletées) et qu'elle lui répond : "C'est une humiliation, mais qu'importe, puisque je la vis à tes côtés..." Bon, le pilote du vaporetto a modérément apprécié...

    Tout ça pour dire que les princesses, c'est mon truc. Et le choix fut difficile. Alors j'ai opté pour une princesse envers laquelle j'ai beaucoup de tendresse, celle d'Andersen. Et je taggue trois "littéraires" dont j'aime lire la prose pour en savoir plus sur leurs princesses : Clarabel, Agapanthe (dont j'aimerais avoir des nouvelles), Alhya et Gracianne. Voici donc :

    LA PRINCESSE AU PETIT POIS

    Il était une fois un prince qui voulait épouser une princesse, mais une vraie princesse. Il fit le tour de la terre pour en trouver une mais il y avait toujours quelque chose qui clochait ; des princesses, il n'en manquait pas, mais étaient-elles de vraies princesses ? C'était difficile à apprécier, toujours une chose ou l'autre ne lui semblait pas parfaite. Il rentra chez lui tout triste, il aurait tant voulu avoir une véritable princesse.

    Un soir, par un temps affreux, éclairs et tonnerre, cascade de pluie que c'en était effrayant, on frappa à la porte de la ville et le vieux roi lui-même alla ouvrir.

    C'était une princesse qui était là dehors. Mais grands dieux ! de quoi avait-elle l'air dans cette pluie, par ce temps ! L'eau coulait de ses cheveux et de ses vêtements, entrait par la pointe de ses chaussures et ressortait par le talon ... et elle prétendait être une véritable princesse !

    - Nous allons bien voir ça, pensait la vieille reine, mais elle ne dit rien. elle alla dans la chambre à coucher, retira la literie et mit un petit pois au fond du lit ; elle prit ensuite vingt matelas qu'elle empila sur le petit pois et, par-dessus, elle mit encore vingt édredons en plumes d'eider. C'est là-dessus que la princesse devrait coucher cette nuit-là.

    Au matin, on lui demanda comment elle avait dormi.

    - Affreusement mal, répondit-elle, je 'n'ai presque pas fermé l'oeil de la nuit. Dieu sait ce qu'il y avait dans ce lit. J'étais couchée sur quelque chose de si dur que j'en ai des bleus et des noirs sur tout le corps ! C'est terrible !

    Alors, ils reconnurent que c'était une vraie princesse puisque, à travers les vingt matelas et les vingt édredons en plume d'eider, elle avait senti le petit pois. Une peau aussi sensible ne pouvait être que celle d'une authentique princesse.

    Le prince la prit donc pour femme, sûr maintenant d'avoir une vraie princesse et le petit pois fut exposé dans le cabinet des trésors d'art, où on peut encore le voir si personne ne l'a emporté.

    Et ceci est une vraie histoire.

    Hans Christian ANDERSEN

    Et en 1986, Isabelle ADJANI a proposé sa version, en chanson, de cette histoire. Vous trouverez le clip en cliquant sur le lien suivant.

    Et n'oubliez pas les somptueux livres de Rebecca DAUTREMER sur le sujet :

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  • Les frites bordel ! (T. DUTRONC)

    Imprimer Catégories : Littérature gourmande

    J'ai toujours eu un gros faible pour la famille DUTRONC : madame Françoise, bien sûr, avec sa mélancolie chronique et sa voix fragile comme un papier de soie, et surtout monsieur Jacques, le patriarche. C'est d'abord une voix, celle du générique d'une série culte, qui berça mon enfance : Arsène Lupin. Avant de découvrir le bonheur de l'oeuvre de Maurice LEBLANC, j'ai découvert le très distingué Georges DESCRIERES et le "gentleman cambrioleur" a gagné mon coeur...

    Et puis, le temps a passé, c'est avec CQFD que monsieur DUTRONC est réapparu dans mon paysage musical. Sur le coup, je n'avais pas fait le rapprochement entre la voix éraillée qui rockait "Merde in France" et les sonorités inimitables de "C'est le plus grand des voleurs..." Mais tout me plaisait. Pour moi, Jacques DUTRONC, c'est un peu comme Woody ALLEN, il n'a pas besoin de faire le tragique pour que j'aime ; c'est d'ailleurs dans la loufoquerie que je les préfère. De DUTRONC, j'adore "La leçon de gymnastique du professeur Dutronc" ou encore "Hippie hippie". D'ailleurs, la veille de ma première épreuve écrite de CAPES, c'est un tambourin à la main que j'ai passé la soirée à chanter "La cumpapade, eh ! eh !"... car Jacques DUTRONC était en concert ce soir-là précisément et je n'allais pas laisser filer ça, quand même ! Oserais-je supposer que l'aquoiboniste m'a porté chance ?

    La progéniture DUTRONC ne pouvait qu'être dans la même veine. Un garçon à qui Serge GAINSBOURG prédit, à sa naissance, que s'il "est timide, ce sera un Thomas à la tomate" ne pouvait être foncièrement mauvais. Alors j'ai écouté l'album, Comme un manouche sans guitare. En plus, le jazz manouche, c'est comme le violon tzigane, j'aime. Petite, j'en ai écouté, des morceaux de jazz - question d'éducation. Et puis l'histoire de la caravane de Django, l'incendie, tout ça... Alors bien sûr, la voix est "dutronesque", la guitare est alerte, l'ensemble est plaisant, mais c'est surtout très drôle : Thomas DUTRONC a une manière de chanter sans avoir l'air de se prendre au sérieux. Et comme il ne nous la joue pas fausse modestie, genre "oui, mes parents sont célèbres, mais si vous saviez...", il nous offre même un hilarant "malus track" sur le sujet. Et puis, parmi tous les morceaux, un morceau sous-titré "improvisation culinaire" ne pouvait que m'interpeller...

    Thomas_Dutronc

    Imaginer une musique sirupeuse à souhait, un monologue nostalgique sur l"enfance partie et la vie qui passe, et tout à coup, un plaidoyer, que dis-je, un manifeste. Voici donc :

    LES FRITES BORDEL

    (...)

    Parfois l'angoisse nous prend le coeur

    Parfois la personne qui dort à côté de nous est un étranger

    Alors

    Moi je sors

    Et j'me commande un steak-frites

    Un bon gros steak

    Avec des frites

    Bordel

    Y en a marre de c'poisson grillé

    De ces haricots verts

    A mort le haricot !

    Vive la choucroute !

    Un bon gros morceau de viande

    Et des pommes de terre bien grasses...

    La révolution du saucisson est en marche

    Venez avec moi

    Vous rouler dans la paëlla

    Vous vautrer dans le couscous

    Mes amis

    Aux ordures et à la poubelle ces omégas 3

    On veut des graisses saturées

    Ras-l'cul de c'régime !

    Prenez des tubercules

    Des pommes de terre

    Vous savez, ces tubercules,

    Coupez-les en fines lamelles

    Plongez-les dans l'huile bouillante

    Salez-les

    Vous aurez des frites

    Ni Dieu, ni maître, mais des frites

    Bordel

    Thomas DUTRONC,

    Voir une variation de la chanson à l'émission Le fou du roi ici

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  • Ragoût roboratif de pois chiches et chorizo

    Imprimer Catégories : Légumes

    La recette, je l'ai piquée à Sandra. Quand j'ai vu ce bol - qui j'imaginais fumant - de pois chiches enrobés de sauce tomate, et ces rondelles de chorizo qui me faisaient de l'oeil, je me suis dit que c'était une recette à essayer sans tarder ! De surcroît, j'avais un sachet de pois chiches tout droit venus d'Italie qui m'attendait depuis quelques semaines. Alors hier, il faisait froid, nous nous sommes réchauffés autour de ce ragoût.

    Bien évidemment, j'ai "enrichi" un peu la recette. Là où Sandra conseillait de mettre ail, oignons, pois chiches, tomate et eau, je n'ai pu m'empêcher de faire revenir les oignons dans l'huile d'olive, avant de les colorer avec le chorizo doux. Et j'ai glissé du thym et du laurier dans la cocotte... Et puis comme le père de famille a pensé que des pois chiches bruts, ce serait brutal, justement, pour nos petits, il a suggéré une semoule pour accompagner la sauce. Ainsi avons-nous customisé le ragoût catalan. Voici donc le :

    RAGOÛT ROBORATIF DE POIS CHICHES ET CHORIZO

    Pour 4, il faut :

    • 400 g de pois chiches
    • 2 boîtes de tomates en cube
    • un chorizo doux
    • 2 oignons
    • 3 gousses d'ail
    • 2 cuillères à soupe d'huile d'olive
    • une branche de thym
    • deux feuilles de laurier

    Réhydrater les pois chiches huit heures au minimum.

    Émincer les oignons. Les faire revenir dans la cocotte-minute avec l'huile d'olive jusqu'à ce qu'ils deviennent transparents.

    Couper le chorizo en rondelles et l'ajouter aux oignons. Laisser suer deux minutes en remuant régulièrement.

    Égoutter les pois chiches, les rincer et les verser dans la cocotte, avec les tomates, l'ail coupé en deux, le thym et le laurier. Utiliser une des boîtes de tomates pour verser deux boîtes et demi d'eau.

    Fermer la cocotte et la faire monter en pression, soupape en position 2. Lorsque la vapeur chuchote, baisser le feu et laisser cuire trente minutes.

    Finir la cuisson en laissant mijoter, sans couvercle, une vingtaine de minutes.

    servir (éventuellement) avec une semoule-minute.

    Rago_t_de_pois_chiche

    Remarques :

    • Comme le dit Sandra, plus c'est réchauffé, plus c'est bon ! Donc acte.
    • La semoule, c'est une idée, mais... pas indispensable !
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  • La menthe, la plus belle des amantes (J-C. IZZO)

    Imprimer Catégories : Littérature gourmande

    C'est en travaillant sur Total Khéops avec mes élèves de Troisièmes que j'ai découvert, par l'intermédiaire du mémoire de maîtrise d'une jeune documentaliste, ce texte de Jean-Claude IZZO. J'avais déjà proposé il y a quelques temps une "Ode à l'ail", voici donc, extraite de la même revue, une ode à la menthe, ce parfum que Fabio Montale associe, avec le basilic, à Lole, la belle gitane...

    Aujourd'hui que l'hiver s'est définitivement installé chez nous, il m'a semblé judicieux de raviver des souvenirs de fraîcheur estivale. Mais pour moi, la menthe, c'est aussi les trajets en voiture où, nauséeuse, on me donnait un sucre avec quelques gouttes d'alcool de menthe... C'est encore ce flacon d'huile essentielle de menthe poivrée que j'ai toujours dans mon sac pour essayer de contrer la migraine qui survient. Ou enfin ce thé à la menthe trop sucré avec ses pignons flottant... Voici donc :

    LA MENTHE, LA PLUS BELLE DES AMANTES

    On aime la menthe pour son odeur. C'est la plus populaire. Dès qu'il s'agit de citer une plante odorifère, c'est elle, elle seule, que l'on a à la bouche. Son parfum, reconnaissons-le, bien que légèrement poivré, n'entête pas, n'enivre pas. On est touché par sa grâce. Et il suffit de laisser tomber quelques feuilles dans une théière pour être comme transporté dans le palais de Schéhérazade.

    La menthe agit ainsi. Comme un philtre d'amour, je dirai même qu'elle ouvre les portes de cet imaginaire oriental où, comme le chantait Baudelaire, tout n'est que luxe, calme et volupté.

    Sans doute est-ce pour cela que la menthe est si peu utilisée dans la cuisine occidentale, même méridionale. A cause de cette peur des voyages, qui nous éloignent plus de Pénélope qu'ils ne nous y ramènent. Vous me direz, mais on en boit, nous, de la menthe. Laissez-moi sourire. Celle qui colonise de vert l'eau fraîche des vacances a, depuis bien longtemps, oublié ses origines ! Cette menthe-là, même si comme le croient encore les adolescents, rend amoureux à force de trop en boire, est sans effet sur l'être humain. D'ailleurs, je n'ai encore jamais connu d'homme, ou de femme, qui, ayant consommé de la menthe à l'eau tout l'été, se soit écrié : "Lève-toi et viens avec moi : nous renoncerons à notre pouvoir royal afin de parcourir le vaste monde, sans garder d'autre souci en tête que l'amour..."

    Oserai-je donc un conseil ? Semez de la menthe autour de vous. De la menthe corse pour décorer vos allées de ses minuscules fleurs mauves. De la menthe orange aux feuilles veinées de rouge. De la menthe pouliot, dont les fleurs, petites et roses, poussent entre les dalles de pierre. De la menthe ananas aux feuilles vert pâle tachées de crème et de blanc. De la menthe verte, enfin, en pots sur vos rebords de fenêtres. Respirez ces parfums poivrés. Vous découvrirez alors qu'il y a toujours mille et une nuits à vos rêves. Et vous chérirez la menthe comme la plus belle des amantes.

    Jean-Claude IZZO, La Pensée de midi, 5 août 1997.

    D'autres extraits de littérature gourmande

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  • Velouté exotique de courge butternut

    Imprimer Catégories : Légumes

    Le magazine Saveurs du mois de Novembre regorgeait décidément de bonnes idées. Après le dossier Soupes, qui m'a permis de découvrir la soupe de haricots-coco et pancetta, je me suis plongée dans celui sur les courges. Quelque chose me disait en effet que mon panier du mardi n'allait pas tarder à m'en proposer. Bingo ! Qu'y avait-il mardi soir ? une drôle de cucurbitacée allongée : de la courge butternut... Pour en savoir plus sur cette variété, je vous renvoie à l'article de Saveurs du monde que vous trouverez ici.

    En attendant, une recette m'a immédiatement interpellée : imaginez, hier soir, il faisait froid ; d'autre part, nous nous étions réveillés avec une panne de chaudière et un joyeux 16° régnait dans la maison, bref, tout appelait la soupe ! Et une soupe qui dépayse si possible. C'est ce que j'ai fait avec ce butternut. Voici donc le :

    VELOUTE EXOTIQUE DE COURGE BUTTERNUT

    Pour 4, il faut :

    • une courge butternut (de taille moyenne, la mienne était un chouia trop grosse, mais bon)
    • une cuillère à soupe de curry
    • une demi-cuillère à café de gingembre en poudre
    • une cuillère à café de gingembre frais (ou surgelés chez Picard...)
    • 50 cl de bouillon de volaille
    • un petit oignon
    • 15 cl de lait de coco
    • 30 g de beurre
    • sel et poivre
    • quelques herbes pour décorer

    Éplucher la courge et la couper en cubes.

    Éplucher et émincer finement l'oignon.

    Faire revenir dans une cocotte l'oignon jusqu'à ce qu'il soit translucide, ajouter le gingembre en poudre et le curry, bien mélanger pendant une minutes puis ajouter les cubes de butternut.

    Laisser cuire deux minutes en mélangeant bien et verser le bouillon de volaille, le gingembre frais et le lait de coco. Porter à ébullition puis couvrir et laisser frémir pendant vingt minutes.

    Mixer la soupe, saler et poivrer si besoin et réserver au chaud jusqu'au moment du service.

    butternut_001

    Remarques :

    • L'odeur qui se dégage lors de la cuisson est un vrai euphorisant !
    • La douceur du butternut, soulignée par la noix de coco, se mêle délicieusement au velouté du curry et à la fraîcheur du gingembre
    • Saveurs conseille de servir avec de fines tranches de lard grillées, mais il me semble dommage d'ajouter un "goût" supplémentaire à cette soupe déjà suffisamment parfumée
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  • Cake à la betterave

    Imprimer Catégories : Entrées

    Moi, la betterave, c'est comme les carottes : crue, ça ne passe vraiment pas ! Est-ce dû au fait que "chez nous", on appelle les premières les carottes rouges, ce qui montre bien qu'il y a un rapport ? Je ne sais, mais toujours est-il que lorsque j'en ai trouvé deux dans mon panier, si mon cher époux s'est mis à faire des bonds de joie, du genre "Youpi, de la betterave, et crue en plus !", moi, j'ai légèrement gambergé, histoire d'en faire quelque chose sans devoir l'ingurgiter brute.

    Et j'ai trouvé. Dans un petit livre à la couverture jolie comme tout, cousin de celui dont je vous parlais il y a peu : un cake aux légumes oubliés. Bon, dans les légumes oubliés, il y avait betterave et panais et moi, j'avais oublié le panais. Mais qu'à cela ne tienne, je l'ai remplacé par de la pomme de terre et hop, le tour était joué. J'ai également doublé le temps de cuisson suggéré et j'ai finalement obtenu un ravissant - quoiqu'un peu gore - cake d'apéritif-entrée. Voici donc le :

    CAKE A LA BETTERAVE

    Pour 6, il faut :

    • 150 g de farine à poudre levante
    • 3 oeufs
    • 6 cl d'huile
    • un yaourt
    • 5 cl de vin blanc
    • une betterave
    • une pomme de terre
    • une poignée de noisettes
    • 50 g de fromage râpé
    • sel et poivre

    Dans un saladier, verser la farine, le sel, le poivre et incorporer les oeufs, l'huile, le yaourt et le vin blanc.

    Préchauffer le four à 180°.

    Peler la betterave et la pomme de terre, les rincer et les râper. Les rajouter au mélange.

    Concasser grossièrement les noisettes et les ajouter ainsi que le fromage au reste.

    Verser dans un moule à cake et laisser cuire entre 50 minutes et une heure.

    Servir froid ou tiède.

    cake_betterave

    Remarques :

    • Cuite, la betterave révèle une saveur douce qui se mêle parfaitement à la noisette.
    • Comme ça, TOUT le monde a mangé de la betterave !

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