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  • Le poulet au curry de ma copine

    Imprimer Catégories : Viandes

    Il y a des mots, comme ça, qui font un peu peur. Comme "Et si je faisais un curry ?". Aussitôt, on s'imagine obligé d'utiliser des tonnes d'ingrédients plus compliqués et exotiques les uns que les autres... On pense piquant, on pense sucré-salé...Oui, mais ça, c'était avant de connaître le curry de ma copine Anne.

    Avec sa recette magique, elle m'a convertie à un plat qui se fait en un clin d'oeil, absolument savoureux, et qui permet de mettre plein de légumes dedans ! Bien sûr, comme elle est beaucoup plus consciencieuse que moi, elle fait elle même son mélange, elle sert son curry avec des purées épicées, de la sauce au yaourt, mais bon, en basique de chez basique, c'est parfait ! Voici donc le :

    POULET AU CURRY DE MA COPINE

    Pour 4, il faut :

    • 4 cuisses de poulet
    • 2 bouquets de brocolis
    • 6 ou 8 pommes de terre, si elles sont petites
    • 2 courgettes
    • 2 oignons
    • du curry (ben oui, tant qu'à faire...)
    • du curcuma
    • un clou de girofle
    • un bâton de cannelle
    • sel et poivre
    • huile

    Faire revenir les oignons épluchés et émincés dans deux cuillères à soupe d'huile. Quand ils sont transparents, ajouter une cuillère à café de curry en poudre, une demi-cuillère à café de curcuma, le clou de girofle et la cannelle.

    Une fois les oignons bien enrobés, ajouter le poulet et le faire dorer longuement.

    Compléter avec les fleurs de brocolis et les pommes de terre coupées en quatre. Saler et poivrer. Verser un demi-verre d'eau, couvrir et laisser mijoter pendant une demi-heure.

    Rajouter alors les courgettes coupées en tronçons, bien mélanger à nouveau et laisser cuire encore une bonne demi-heure, voire plus - jusqu'à ce que le poulet et les pommes de terre soient cuits.

    Servir avec un riz blanc - ou autre !

    curry poulet.jpg

     

    Remarques :

    • Comme je le disais, cette recette est très "flexible" : on peut y ajouter du chou-fleur, des petits pois, des pois gourmands, des haricots verts...
    • Le mélange maison de ma copine comprend : de la cannelle, de la muscade, des clous de girofles, du gingembre et  un peu de curcuma. Le mien est écrit CURRY sur l'étiquette...
    • Cette recette supporte très bien le mijotage à répétition. C'est donc la recette idéale à faire à l'avance et à réchauffer au moment où vos invités arrivent.
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  • Twist (D. BERTHOLON)

    Imprimer Catégories : Ma Bibliothèque... verte !

    S'il y avait un livre que je n'avais pas particulièrement envie de lire à cette rentrée littéraire, c'était bien celui-ci :

    Twist.jpg

    "Guéthary, 14 juin. Madison, 11 ans, est enlevée au retour de l’école. Au fond de la cave qui lui sert désormais de chambre, elle essaie de comprendre le pourquoi du comment : avec cette foi des enfants qui ne renoncent jamais, elle recompose son monde au fil de ses cahiers. Deux voix lui font écho, celle d’une mère brisée mais qui espère toujours, et celle de Stanislas, le bel étudiant qui donnait à Madison des cours de tennis, au seuil de sa vie d’homme. Delphine Bertholon nous livre un roman bouleversant sur l’enfance et ses élans, sur l’attente, mais surtout sur l’enfermement et toutes les stratégies que nous inventons pour survivre, chacun à notre façon. Car les failles qui dorment en nous sont parfois plus redoutables pour emmurer les êtres que les barreaux d’une prison…"

    Et puis il y a eu l'avis de Clarabel, la générosité de Clarabel, via Cathulu et Cuné, et je l'ai lu, ce Twist. Et je n'ai pas regretté...

    Il s'agit donc d'un roman à trois voix : celle de Madison, enfermée dans sa cave et qui se confie à ses cahiers parce qu'elle a bien compris qu'écrire, "c'est sauver sa vie", celle de sa mère, enfermée dans sa douleur, et qui écrit à sa fille pour la garder en vie, et celle de Stanislas, l'étudiant en Lettres qui donnait des cours de tennis à Madison et qui raconte son éducation sentimentale. C'est à mon avis le point faible du roman : sa narration est souvent la plus languissante, pleurnicharde, auto-centrée, comme si l'auteur lui avait déléguée la partie "sentimentale" de l'histoire.

    Par contraste, les récits de la mère et de la fille ont une vraie force, voire une puissance, dans l'émotion comme dans la volonté. Delphine BERTHOLON réussit avec beaucoup de délicatesse à dépeindre les rapports ambigus entre  Madison et son geôlier, la culpabilité de la mère à continuer de vivre, tout simplement, le regard des autres... On sourit beaucoup - paradoxalement - dans ce roman ! Madison fait preuve d'une force de caractère (son "carafon" comme dit sa mère - c'est drôle, la mienne avait la même expression...), d'une maturité, d'une auto-dérision et d'un sens de l'humour (politesse du désespoir ?) à tout épreuve. De son côté, sa mère, contre vents et marées, s'efforce de vivre et de continuer à croire que tout est possible, "La lampe du couloir reste toujours allumée, la porte de derrière reste toujours ouverte". Elle m'a rappelée Julianne MOORE dans le film Mémoire effacée, cette mère qui se refuse à effacer son enfant de sa mémoire.

    Je rêve de béance, de désert, de villes surpeuplées. Je rêve d'être anonyme, oubliée, engloutie dans cette foule qu'ici, je ne supporte plus. Je voudrais disparaître dans une mégalopole où les gens cesseraient de me regarder comme ça, avec leur pitié, leur compassion, leurs pensées innommables... je voudrais qu'ils cessent de me regarder comme si tu étais morte !

    Je te sens battre en moi, Madi.

    Personne ne veut me croire, pourtant si tu étais morte, ma chérie, je le saurais. Mon coeur s'est arrêté mais le tien résonne dans mon ventre, très fort, comme un tambour. Tu es quelque part. Je ne sais ni où ni avec qui, mais tu es quelque part, debout sur tes deux jambes, la tête haute.

    Je ne le crois pas, Madi, je le sais. [...]

    ***

    Il a pris le plateau de mon dîner et il commencé à sortir.

    - Mais qu'est-ce que ça peut vous faire ? Pourquoi vous voulez pas que je sache depuis combien de temps je suis là ? Merde à la fin ! j'ai bien le droit de savoir !

    J'étais debout sur le lit, dans cette dégueulasserie de pyjama Winnie l'Ourson comme toutes les dégueulasseries qu'il m'oblige à porter. En plus, ce pyjama, il est craqué ! J'ai eu envie de pleurer, mais j'avais tellement pleuré avant que je n'ai plus vraiment de larmes, alors j'arrive à les transformer en méchancetés.

    - Vous avez qu'à faire un enfant, au lieu de prendre ceux qui sont pas à vous ! Toutes façons, ils me cherchent ! Ils me cherchent toujours ! j'y crois pas à vos bobards !  Ils me cherchent et un jour ils vont me trouver parce que c'est pas possible autrement et vous irez dans une prison dégueulasse toute la vie.

    Le loquet est tombé.

    Delphine BERTHOLON, Twist, 2008.

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  • Un autre genre de buttermilk slices

    Imprimer Catégories : Desserts

    Tout ça, c'est la faute de Manue ! Lorsque j'ai raconté mes expériences ribotes et notamment mon clafoutis au lait ribot, elle a glissé dans son commentaire que LA recette qu'elle préférait avec le lait ribot, c'était les buttermilk slices d'Aine. Impossible de rester sur ma faim. Sauf que j'ai eu beau parcourir son blog en long et en marge, impossible de retrouver cette recette. Je l'ai donc appelée au secours et elle m'a très gentiment retrouvé la page. Comme elle nous y invitait, j'ai modifié sa recette, je l'ai un peu bio-ifiée (mais si, ça existe...) et c'est devenu un autre genre de :

    BUTTERMILK SLICES

    Pour 6, il faut :

    • 50 g de beurre fondu
    • 100 g de purée d'amande
    • 150 g de sucre
    • 2 oeufs
    • 250 g de farine
    • une cuillère à café de levure chimique
    • 200 g de lait ribot
    • une cuillère à café de vanille liquide
    • 2 pommes
    • 50 g de pruneaux
    • une poignée d'amandes effilées

    Préchauffer le four à 200°. Beurrer le moule si besoin est.

    Battre le beurre fondu avec le sucre et la purée d'amande. Ajouter les oeufs et continuer à battre énergiquement.

    Incorporer la farine, la levure, la vanille et le lait ribot.

    Verser une couche de pâte dans le moule puis disposer les pommes émincées et les pruneaux coupés en quatre. Recouvrir du reste de pâte. Saupoudrer d'amandes.

    Enfourner et cuire pendant trente-cinq à quarante minutes.

    slice.jpg

     

    Remarques :

    • C'est... roboratif ! La prochaine fois, je me contenterai de pommes, les pruneaux sont inutiles.
    • Et si on essayait avec des poires ?
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  • Où on va, papa ? (J-L. FOURNIER)

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    On en parle, on en parle de plus en plus, de ce livre :

    Où on va, papa.jpg

    "Cher Mathieu, cher Thomas,
    Quand vous étiez petits, j'ai eu quelquefois la tentation, à Noël, de vous offrir un livre, un Tintin par exemple. On aurait pu en parler ensemble après. Je connais bien Tintin, je les ai lus tous plusieurs fois.
    Je ne l'ai jamais fait. Ce n était pas la peine, vous ne saviez pas lire. Vous ne saurez jamais lire. Jusqu à la fin, vos cadeaux de Noël seront des cubes ou des petites voitures... "

    Jusqu'à ce jour, je n'ai jamais parlé de mes deux garçons. Pourquoi ? J'avais honte ? Peur qu'on me plaigne ?
    Tout cela un peu mélangé. Je crois, surtout, que c'était pour échapper à la question terrible : « Qu'est-ce qu'ils font ? »
    Aujourd hui que le temps presse, que la fin du monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j'ai décidé de leur écrire un livre.
    Pour qu'on ne les oublie pas, qu'il ne reste pas d'eux seulement une photo sur une carte d'invalidité. Peut-être pour dire mes remords. Je n'ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une patience d ange, et je ne suis pas un ange.
    Quand on parle des enfants handicapés, on prend un air de circonstance, comme quand on parle d une catastrophe. Pour une fois, je voudrais essayer de parler d'eux avec le sourire. Ils m'ont fait rire avec leurs bêtises, et pas toujours involontairement.
    Grâce à eux, j'ai eu des avantages sur les parents d'enfants normaux. Je n'ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur orientation professionnelle. Nous n'avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de savoir ce qu'ils feraient plus tard, on a su rapidement ce que ce serait : rien.
    Et surtout, pendant de nombreuses années, j'ai bénéficié d une vignette automobile gratuite. Grâce à eux, j'ai pu rouler dans des grosses voitures américaines."

    On ne sait pas souvent que l'on connaît Jean-Louis FOURNIER : La Minute nécessaire de M. Cyclopède, c'était lui. L'oiseau Antivol, celui qui avait le vertige, c'était lui. La Noiraude, c'était lui. Et puis la grammaire impertinente, l'arithmétique - impertinente aussi -, la politesse, p'tit con, etc... De lui, il dit qu'il voulait "toujours pas faire comme les autres", avant de conclure : "Mes enfants ne ressemblent à personne [...] je devrais être content".

    C'est un livre terrible. Par son sujet, bien sûr, mais surtout par ce qu'il nous renvoie, à nous, les humains. Parce qu'il pose la question terrible de notre orgueil : pourquoi nous reproduisons-nous et qu'attendons-nous de nos enfants ? Parce que - inconsciemment bien sûr - nous sommes tellement contents de ce que nous sommes que nous voulons nous poursuivre, continuer d'exister à travers d'autres. Pour cela, nous rêvons l'enfant le plus parfait qui soit, et nous sommes si fiers et si heureux lorsqu'il apparaît, magnifique, avec ses cinq doigts à chaque main, ses ongles jolis, cette miniature parfaite. Et puis parfois, il n'est pas pas parfait. Parfois, comme le dit Jean-Louis FOURNIER, c'est "un miracle à l'envers". "On aurait bien voulu le défendre contre le sort qui s'était acharné contre lui. Le plus terrible, c'est qu'on en pouvait rien."

    Et être parent, c'est cela aussi. C'est en finir avec l'insouciance de se croire immortel, libre de toute responsabilité, être parent, c'est apprendre qu'on est responsable. Pas coupable. Mais parfois, la limite n'est pas toujours très facile à déterminer. " Quand je pense que je suis l'auteur de ses jours, des jours terribles qu'il a passés sur Terre, que c'est moi qui l'ai fait venir, j'ai envie de lui demander pardon."

    Voilà pourquoi le livre de Jean-Louis FOURNIER est magnifique. Voilà pourquoi il fait souvent monter les larmes. Mais ce ne sont pas des larmes de pitié, comme il le redoute, plutôt des larmes égoïstes, car on pleure à se voir si clairement dans son miroir. Sans concession, il raconte la jalousie à voir les autres enfants "normaux", ses tentations de fuite pour échapper au fardeau, les regrets de tout ce qu'il n'aura pas pu partager avec eux, les regrets de tout ce qu'ils n'auront pas pu connaître, ainsi "conjuguer à la première personne du singulier et à l'indicatif du présent le verbe du premier groupe : aimer." C'est triste, c'est impudique et c'est vrai.

    Notre album de photos de famille est plat comme une limande. On n'a pas beaucoup de photos d'eux, on n'a pas envie de les montrer. Un enfant normal, on le photographie sous toutes les coutures, dans toutes les postures, à toutes les occasions ; on le voit souffler sa première  bougie, faire ses premiers pas, prendre son premier bain. On le regarde, attendri. On suit pas à pas ses progrès. Un gosse handicapé, on n'a pas envie de suivre sa dégringolade.

    Quand je regarde les rares photos de Mathieu, je reconnais qu'il n'était pas très beau, on voyait bien qu'il était anormal. Nous, ses parents, on ne l'a pas vu. Pour nous, il était même beau, c'était le premier. De toute façon, on dit toujours "un beau bébé". Un bébé n'a pas le droit d'être laid, en tout cas, on n'a pas le droit de le dire.

    J'ai une photo de Thomas que j'aime bien. Il doit avoir trois ans. Je l'ai installé dans une grande cheminée, il est assis sur un petit fauteuil au milieu des chenets et des cendres, là où on met le feu. A la place du diable, un angelot fragile sourit.

    Cette année, des amis m'ont envoyé comme carte de voeux une photo d'eux entourés de leurs enfants. Tout le monde a l'air heureux, toute la famille rit. C'est une photo très difficile à réaliser pour nous. Il faudrait faire rire Thomas et Mathieu sur commande. Quant à nous, les parents, nous n'avons pas toujours envie de rigoler.

    Et puis je vois mal les mots "Bonne année" en anglaises dorées juste au-dessus des têtes hirsutes et cabossées de mes deux petits mioches. Ca risque de ressembler plus à une couverture de Hara-Kiri par Reiser qu'à une carte de voeux.

    Jean-Louis FOURNIER, Où on va papa ? 2008

    PRIX FEMINA 2008

     

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