Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Ma Bibliothèque... verte ! - Page 5

  • Il n'y a pas de grandes personnes (A. DE SAINT-ANDRE)

    Imprimer Catégories : Ma Bibliothèque... verte !

    Voilà bien le livre le plus décevant qu'il m'a été donné de lire depuis longtemps !

    Il_n_y_a_pas_de_grandes_personnes

    Cela commençait pourtant bien. Je dirai même tambour battant :

    Déjà trop grandes pour être des petites filles, mais pas encore assez vieilles pour être des jeunes filles, nous étions à l'âge où on lit. Délaissant les bibliothèques rouge et or, rose ou verte, nous dévorions tout papier imprimé sans images, surtout les livres de poche, faciles à planquer sous les bureaux pendant les cours. Il ne s'agissait pas, bien sûr, d'oeuvres au programme, mais de bouquins qui arrivaient par la bande, par les copines ou leurs grandes soeurs. Plus ils étaient gros, mieux c'était. Les sagas familiales ou les pavés dits "romantiques" avaient la cote. Avec Zola. Autant en emporte le vent et les Rougon-Macquart étaient les deux mamelles de la lecture ; les Jalna et Boris Vian, ensuite. Les Misérables en outsider. Il y avait aussi des filles qui ne lisaient pas, mais on n'était pas non plus obligées de leur parler.

    Ces lectures dévorantes entraînaient des échanges, des prêts, mais rarement des discussions au-delà du qualificatif génial. Tout était bien, vachement bien même, et il était impensable de critiquer, même un prétendant idiot de Scarlett O'Hara. On lisait à toute allure, en accélérant dans les tournants ; on prenait des livres comme on prend le train.

    Et nous foncions ainsi, à toute vitesse, à côté de la littérature ; ça aurait pu durer longtemps.

    Alix de SAINT-ANDRE, Il n'y a pas de grandes personnes, Gallimard, 2007.

    Ce premier chapitre, décrivant d'un ton alerte et plein de drôlerie, les rencontres d'Alix de SAINT-ANDRE avec :

    1. la littérature

    2. une enseignante hors-pair

    3. Malraux

    4. les copines parisiennes

    5. Proust

    crée l'illusion : on croit que tout sera comme ça... Le problème, c'est qu'une fois passés les quatre premiers chapitres, c'est-à-dire arrivé à la page 95, cela se corse. La narratrice se met en devoir de nous raconter sa vie (journaliste, puis chroniqueuse-télé chez Jérôme Bonaldi et enfin auteurs de livres divers et variés), tout en entremêlant ça de réflexions sur les vies et oeuvres respectives de Malraux, bien sûr, Proust, Chateaubriand, Rousseau et même Saint Augustin ! "Je n'avais pas la vocation", écrit-elle page 98 pour justifier de n'avoir pas présenté l'Agrégation de Lettres. Et bien disons qu'elle se rattrape ! Alix de SAINT-ANDRE n'hésite pas à exhumer son mémoire de maîtrise (Les Antimémoires : une anti-Recherche du Temps perdu ?) qui lui valu une mention Très bien, nous précise-t-elle modestement et à reprendre en long et en large les manuels scolaires pour en extraire la substantifique moelle en lui redonnant un ton plus "djeune" : " Les coeurs secs ! Les scélérats ! Le vilain Voltaire !"

    Le livre compte 411 pages. C'est long. Même si le name-dropping fonctionne à fond et que l'auteur nous détaille ses complicités avec Florence (Malraux), Françoise (Giroux), à ne pas confondre avec la Françoise de Florence (Sagan), on se surprend à survoler les pages, où les citations des auteurs sus-cités sont de plus en plus longues, et on s'attarde sur de petites choses que je n'aurais jamais cru trouver dans la collection blanche, ainsi : "J'intervenais après la pose, prise dans cette charmante impasse fleurie et pavée, dans la seconde partie..." page 309 ou encore, page 313 "il racontait des anecdotes d'une voix théâtrale et onctueuse, la tête en arrière, avec un rien de pause que sauvait une rondeur enfantine..." Ils n'auraient pas des problèmes avec les homonymes, chez Gallimard ?

    Bref, ne vous fiez pas à la quatrième de couverture : " Malraux et moi, ce fut une grande, histoire, et j'aimerais trouver pour en parler aujourd'hui les accents de ma passion d'alors, qui exaspéra souvent mes amis les plus intimes, et fit rigoler les autres. J'éprouve la même difficulté que les gens qui racontent un premier amour. Je l'aime toujours, bien sûr, mais mon cœur ne fait plus un bond en voyant ses photos, mes joues ne se mettent pas en feu à chaque fois que j'entends prononcer son nom, mon cœur n'est pas "brûlant dans ma poitrine" quand je parle de lui. C'est un peu poussiéreux ; cela devrait me rassurer, mais m'attriste, en réalité.
    Reste toujours sa voix. Je ne peux pas l'entendre sans que mon poil se hérisse, et que ma gorge se noue.
    Il est mort, bien sûr, mais le fait qu'il fût vivant n'a jamais eu une très grande influence sur note vie commune. "
    Depuis un coup de foudre lors d'une dictée par un gris matin d'automne dans un collège du Maine-et-Loire, sa folle passion a conduit Alix de Saint-André à toute sorte d'extrémités. Pour l'amour de Malraux, elle a acheté des chats de gouttière, appris la grammaire espagnole. visité la Bosnie en guerre, organisé une campagne télévisée, péroré à la chaire d'universités new-yorkaises, tenté un acrobatique ménage à trois avec Proust, traqué sa trace chez Chateaubriand, assassiné Rousseau, poursuivi toutes ses femmes d'une jalousie féroce et même kidnappé sa fille dans les pages d'un roman. Jusqu'au jour où elle s'est retrouvée face à face avec Florence, la véritable fille de son héros...

    Écrivain, Alix de Saint-André a été journaliste de presse écrite (Le Figaro Magazine, Elle) et de télévision à Canal +. Après un polar noir, un essai de théologie angélique, un roman sur le Panthéon et une hagiographie de sa nounou, Il n'y a pas de grandes personnes est son cinquième livre. Mélangeant souvenirs, réflexions et citations, il appartient à ce nouveau genre littéraire que Malraux avait baptisé " machin ". "

    C'est un leurre...

    4 commentaires Pin it! Lien permanent
  • Dérive sanglante (W. G. TAPPLY)

    Imprimer Catégories : Ma Bibliothèque... verte !

    C'est d'abord une couverture noire où se détache, en haut, une photographie absolument magnifique. Un noir et blanc de bord de mer, lumineux et intense, que l'on retrouve dans les pages intérieures.

    derive_sanglante

    L'histoire est a priori celle d'un roman policier banal : "Suite à un improbable accident de montagne qui lui a fait perdre la mémoire, Stoney Calhoun est un homme sans passé. Cinq ans après avoir quitté l'hôpital, une confortable somme d'argent en poche, il a refait sa vie dans le Maine et coule des jours paisibles entre la boutique de pêche où il travaille et sa cabane enfouie au coeur des bois. Jusqu'à ce que son meilleur ami disparaisse.
    Calhoun se lance alors sur sa piste et accumule les découvertes macabres. Au fur et à mesure, il se découvre d'inattendus talents d'enquêteur qui vont le confronter aux fantômes de son passé.
    Première aventure de Stoney Calhoun, Dérive sanglante nous promène à travers les paysages idylliques et chargés d'histoire du Maine, jusqu'à un final aussi violent qu'étonnant."

    Et pourtant, c'est à quelque chose de tout à fait différent que nous avons affaire. William TAPPLY vient de créer un genre inédit : le polar contemplatif. Certes il y a un meurtre, certes on croise des policiers, certes l'énigme semble devenir plus trouble à chaque page, mais l'essentiel n'est pas là. L'essentiel, c'est ce personnage étonnant de Stoney Calhoun, qui s'est installé il y a cinq ans dans le Maine, après avoir quitté l'hôpital d'Arlington (Virginie), où il venait de passer dix-huit mois, avec en poche un chèque de vingt cinq mille dollars et une carte de crédit à son nom. (...) Quelqu'un avait de sacrées obligations envers lui. Mais quand il avait cherché à en savoir plus, il n'avait pu obtenir de réponse à ses questions. Calhoun n'avait pas insisté. Il n'avait sans pas intérêt à raviver certains souvenirs.

    Et c'est autant une enquête sur la mort de son meilleur ami qu'une enquête sur lui même que mène Calhoun. En avançant dans ses recherches il découvre que la mort lui est familière, certains gestes aussi, bref, qu'il a sans doute en lui des choses qu'il ne préférerait pas connaître.

    Outre ses romans policiers, l'auteur, William G. TAPPLY, collabore régulièrement à des revues de pêche. Le sujet lui est manifestement familier et cela donne à son roman un ton tout à fait particulier. Je ne parlerai pas de "polar écologique", on en est loin, mais il décrit magnifiquement les paysages du Maine, la sérénité d'un montage de mouche ou encore le suspense d'une partie de pêche. Quoique terrible dans sa conclusion, c'est cependant un roman que l'on pourrait qualifier "d'oxygénant".

    Les premières lignes :

    Il était environ huit heures du matin lorsque Stoney Calhoun entendit la sonnette tinter : signal qu'on passait le seuil de la boutique. Il leva les yeux de son étau. Un homme aux cheveux blancs se tenait dans l'embrasure de la porte, d'où il examinait le casier des cannes Sage et Orvis adossées au mur. Calhoun reporta son attention sur la mouche presque achevée dans son étau.

    Une minute plus tard, l'homme était devant lui.

    - Nom de nom, qu'est-ce que c'est que ça ?

    Calhoun garda les yeux baissés.

    - Une bunker fly, marmonna-t-il avec l'accent du coin, ce qui donnait quelque chose comme "bunka fly".

    Il en remettait toujours une louche pour les clients des autres états, histoire de faire couleur locale. C'était une idée de Kate : les touristes, les gens des plaines, tous ceux qui "venaient de loin" - et ce vieux type avec son pantalon de toile tout juste sorti du pressing, ses mocassins rutilants, son polo vert boutonné jusqu'au cou et son accent garanti vieux Sud, si lui ne venait pas de loin ! -, tous ces gens-là s'attendaient à ce que Calhoun parle comme un guignol de pub télévisée. Et Kate était d'avis qu'ils seraient plus enclins à dépenser leur argent dans sa boutique s'ils n'étaient pas déçus.

    - Un peu plus de "ouaip", Stoney, lui disait-elle sans répit. Joue les taciturnes. Et si tu arrives à le placer, dis-leur des trucs comme "Y a pus d'saison, mon pauv'monsieur".

    Kate était la patronne, alors Calhoun s'efforçait de faire comme elle disait.

    William G. TAPPLY, Dérive sanglante, éditions Gallmeister, 2007.

    0 commentaire Pin it! Lien permanent
  • Abécédaire

    Imprimer Catégories : Ma Bibliothèque... verte !

    A comme ...

    B comme ...

    C comme ...

    D comme ...

    E comme...

    F comme ...

    G comme ...

    H comme ...

    I comme ...

    K comme ...

    L comme ...

    M comme ...

    N comme...

    O comme ...

    P comme ...

    R comme ...

    S comme ...

    T comme ...

    V comme ...

    W comme ...

    3 commentaires Pin it! Lien permanent
  • Aux mères, à leurs filles, à celles qui le seront... (G. BRISAC)

    Imprimer Catégories : Ma Bibliothèque... verte !

    f_te_des_m_re

    En ce jour de Fête des mères, ce n'est pas de cuisine que je vais vous parler. Ni même de gourmandise. Non, ce sera de maternité. Lisant récemment le dernier livre de Geneviève BRISAC, je suis tombée en arrêt devant ce texte, la "nouvelle" 21 du recueil. Car ce livre est un OLNI, un Objet Lisant Non Identifié : une succession de petites histoires, de nouvelles, comme autant de fragments de conversations surprises, parfois longs, parfois éclairs.

    Et j'avoue avoir été très sensible au passage suivant, l'histoire de cette femme qui s'apprête à accoucher pour la première fois et ne sait pas à quoi s'attendre. Qui ne comprend pas la sérénité des autres. Qui se questionne. Qui interpelle. cela m'a rappelé cette phrase que l'on me répétait à la maternité lorsque je venais d'accoucher de ma fille et que je passais mon temps à me demander si je faisais bien : "Mais ne vous inquiétez pas, vous êtes faite pour être mère !" Phrase qui avait le don de m'angoisser. Je me disais : "Et si non ? Et s'il y avait eu un bug avec moi ? Peut-être que je ne suis pas faite pour ça..."

    Presque huit ans plus tard, je ne sais toujours pas si je suis faite pour être mère, mais j'y prends chaque jour un plaisir que je n'aurais pas imaginé Avoir un enfant, puis d'autres, vous fait découvrir que vous êtes à la fois la plus puissante et la plus faible des femmes : vous donnez la vie, certes, et puis vous ne maîtrisez plus rien ! Et vous vous en accommodez... Je dédie donc ce texte à ma mère et à ma fille :

    Je sais que je n'y arriverai jamais, ai-je murmuré au docteur en pleine séance d'hypnose collective, en plein vaudou rationaliste.

    Oum, kalsoum, soufflez, aspirez, gonflez le ventre.

    Ça, c'est impossible, nous sommes toutes au maximum, ai-je murmuré.

    Quel mauvais esprit, a soupiré le docteur et n'allez pas croire que vous êtes originale, il y en a toujours une pour jouer votre rôle, que j'ose nommer le rôle de l'emmerdeuse. Les intellectuelles, quelle purge.

    Je sais que je n'y arriverai jamais et je mourrai, j'en suis sûre, ai-je dit devant tout le monde.

    Et là, j'ai eu tort. Les autres ont continué leurs génuflexions, enthousiastes, respirations de petits chiens.

    Moi, le docteur m'a convoqué. [...]

    Le docteur est en colère. Il postillonne, je n'en crois pas mes joues que j'essuie précipitamment.

    Ça suffit, crie-t-il. Personne ne meurt en couches, c'est quoi, cette histoire ridicule ? Tout le monde y arrive, même vous, vous verrez. C'est naturel. Vous comprenez. Naturel. Il crie. Des milliards de femmes ont, au cours des siècles, donné le jour à des milliards de bébés qui à leur tour. [...]

    J'aimerais vous y voir, dis-je d'une toute petite voix.

    Oui, je sais bien que tout cela est extrêmement naturel. Mourir aussi, dis-je. Exactement pareil. N'en faisons pas un fromage.

    Ne dérangeons personne.

    Je ne veux déranger personne, je vous le jure. Juste je voudrais que quelqu'un m'écoute, plutôt une femme, c'est vrai, qui me rassurerait, sans mots. Qui ne me donnerait pas cette impression terrifiante de devoir sauter dans le vide et sans parachute, comme si c'était la chose la plus banale du monde. [...]

    Quand je dis accouchement, je ne vois rien devant, rien après. Un gouffre, le néant. Et toutes ces femmes qui gloussent, qui rebondissent sur le carrelage aux camaïeux de bleu, toutes ces femmes tranquilles, apaisées d'avance, loin de me rassurer, me donne un sentiment encore plus aigu de mon impuissance.

    Le docteur s'est un peu adouci.

    Elles sont plus intelligentes que vous. Elles font confiance à la nature, à la médecine, elles savent que tout ira bien. [...]

    Un enfant, une petite fille est là où il n'y avait personne. La parturiente, l'accouchée, est censée savoir d'où elle vient, le mystère de la vie, elle en est le témoin, et le sujet. [...]

    La petite fille respire doucement, et puis elle crie, elle a faim, allongez-vous, allongez-la à côté de vous.

    Cette année, c'est ainsi qu'on donne le sein.

    Je n'y arrive pas.

    Nous n'y arrivons pas, le bébé et moi.

    Nous sommes ridicules.

    Surtout moi.

    L'infirmière crie. Elle m'engueule.

    C'est pourtant naturel de donner le sein !!! Vous êtes idiote ou quoi ? La nature, la na-tu-re...

    Elle répète ces syllabes en remplissant sa bouche de sa colère et de sa langue.

    C'est vrai, la nature et moi, nous nous connaissons très peu, dis-je à voix basse.

    Quand vous aurez fini de faire le pitre !

    Elle claque la porte, elle sort en claquant la porte.

    Je regarde par la fenêtre, j'espère une aide qui ne vient pas. Je n'ose pas dire que je me sens si mal, allongée, avec un tout petit enfant plaqué contre moi et qui hurle de rage et qui pleure de faim.

    Seules, nous sommes, si seules, l'enfant et moi.

    A la fin, j'ose m'asseoir contre les coussins, la petite fille pleure dans le creux de mon bras, les images de la Vierge à l'enfant m'envahissent. La peinture. Robes bleues. Elle tète sans peine.

    Le temps passe. Une page que l'on tourne. Elle a vingt ans.

    Les nuages filent dans le ciel ; deux ou trois boutons de roses, sur le balcon, tentent d'éclore. Le soleil baisse doucement, les rues sont vides comme elles le sont les dimanches d'été, et moi je sanglote, perdue, couchée en chien de fusil, sur un matelas de fortune.

    Ma seule Étoile est morte, et mon luth constellé porte le soleil noir de la mélancolie.

    Ou : les caisses en carton, les cartons vides de pêches et de cerises récupérés chez le marchand de fruits viennent de débarrasser le plancher, notre plancher si longtemps partagé, l'enfant a quitté la maison.

    Il y a vingt ans, c'était l'hiver et rien de tout ceci n'était imaginable.

    On vous a dit pourtant que la vie était courte.

    Paroles inanes, paroles inaudibles, paroles qui font rire, il n'y a pas tellement de quoi.

    Elle a quitté la maison ce soir.

    Pas de quoi fouetter un chat.

    Pas de quoi passer un coup de fil pour se plaindre.

    Pas de quoi. Le rien me guette.

    On nomme la naissance : "délivrance".

    Celle-ci est la seconde naissance, la seconde délivrance, qu'il faut accepter et recevoir, exactement comme la première, nous sommes ici pour ouvrir le chemin : je t'en prie, ma libellule, envole-toi, déplie tes ailes bleues.

    Il y a vingt ans, il faisait froid. Tu naissais d'un éclat de rire. A chaque jour suffit sa peine, je sais que je n'y arriverai jamais, disais-je. Comment aurais-je su, si tu n'étais pas née. Je n'ai rien compris à ce qui s'est passé.

    Mais ne crains rien, je serai toujours là pour toi.

    Geneviève BRISAC, 52 ou la seconde vie, 2007.

    5 commentaires Pin it! Lien permanent