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littérature - Page 11

  • Cancer and the city (M. ACOCELLA MARCHETTO)

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    Ne vous fiez pas au titre, particulièrement imbécile, malgré toute l'affection que je puis porter à Carrie Bradshaw et ses amies : ce livre n'a absolument rien à voir avec cette fameuse série télé. Evidemment, les chipoteuses me diront : "Mais si... ça se passe à New York... dans la bonne société branchée... etc..." N'empêche, Marisa ACOCELLA MARCHETTO a réussi a produire un livre unique en son genre : le journal de bord d'une femme atteinte d'un cancer du sein, en BD et en humour.

    Cancerand_the_city

    La quatrième de couverture annonce d'emblée la couleur : "Que se passe-t-il quand une New-Yorkaise, éternelle célibataire enfin amoureuse, se découvre une tumeur au sein ? Marisa Acocella Marchetto est illustratrice. A 43 ans, elle est au top de sa carrière et de sa vie amoureuse. Elle mène à Manhattan la vie branchée d'une héroïne de Sex and the City. Soudain tout bascule : elle apprend qu'elle est atteinte d'un cancer du sein. Avec un graphisme décapant, entre rires et larmes, elle raconte son combat puis sa victoire contre la maladie. Son livre est vivant, surprenant, souvent drôle et poignant à la fois. Marisa n'oublie jamais son humour, sa féminité, sa créativité. Onze mois dans la vie d'une femme, où il est question d'amour, d'amitié, de shopping, de travail, de dîners, de lofts ... et de cancer."

    Et Marisa ACOCELLA MARCHETTO  réussit un miracle : elle nous entraîne dans son histoire, nous fait partager ses souffrances, ses peines, ses bonheurs aussi, et produit également un livre tout à fait pédagogique ; point par point, elle détaille les étapes de la maladie, le traitement, ses conséquences, tout en n'oubliant pas de rester une fille (le personnage de la mère est excellent), une jeune mariée (Silvano est admirable en tout point) et une copine. C'est cette grande humanité qui rend son livre passionnant. Et si je fus déroutée, je l'avoue, au début, par la forme illustrée, je dois reconnaître que je me suis complètement laissée embarquer par son histoire.

    L'extrait qui suit raconte sa première mammographie. Tout l'esprit du livre y est : humour, réalisme...Voici donc :

    cancer_1

    cancer_2

    Marisa ACOCELLA MARCHETTO, Cancer and the City, L'Iconoclaste, 2007.

    A savoir : une partie des bénéfices de l'ouvrage sera reversé à l'Institut de Cancérologie de Villejuif. pour en savoir plus, allez sur le site de l'éditeur ici.

    N'oubliez pas :

    Et puis, rappel d'une des premières chansons qui évoqua le cancer, triste ironie du sort :

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  • La cuisine de l'amitié (J. HERRY)

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    En ce moment, avec mes élèves de Troisième, je suis en plein dans l'autobiographie. Le gros morceau de la Troisième, en Français. L'idée, c'est, tout en étudiant les incontournables classiques du genre, d'arriver à leur faire lire un texte autobiographique - ou y ressemblant - qui ne les lasse pas trop tôt, leur donne envie d'aller jusqu'au bout et, soyons fous, d'en lire d'autres. Évidemment, pour éviter que les trois-quarts ne s'en aillent au galop il faut que cela réponde à des critères précis dont le premier se résume à : "Combien de pages ?" Puis, mais loin derrière, "Ça parle de quoi ?". Toujours prête à aller plus loin dans l'innovation, j'ai proposé Il n'y a pas beaucoup d'étoiles ce soir à une classe Cinéma, qui n'y a pas compris grand-chose, Mort d'un silence à une autre, pour qui le juge Boulouque et les attentats de 1986 étaient très loin, puisque d'une époque où ils n'étaient même pas nés ! Certains courageux ont tenté Stupeur et tremblements, et parfois saisi que cela se passait au Japon... Bref, n'allez pas croire que je porte un jugement désespéré sur mes élèves, mais disons que je suis toujours en quête du livre qui marche. Et depuis deux-trois ans, il y en a un qui fait un tabac à chaque fois. On me le réclame même d'une année sur l'autre, c'est dire... Kiffe kiffe demain, de Faïza GUENE. "Parce qu'on comprend ce qu'elle dit...", "Parce que ça parle de notre vie..." etc...

    Jeanne_herryPourtant ce n'est pas de ce premier roman - car il s'agit d'un roman - dont je vais vous parler, mais d'un petit livre qui pourrait bien connaître le même succès chez mes autres élèves. Parce qu'il est court (126 pages), qu'il est écrit par une fille de vingt-quatre ans et qu'il traite d'une enfance et d'une adolescence qui, sans être tragiques, eurent leurs fêlures. Bien sûr tout le monde n'a pas, comme Jeanne, des parents célèbres, même si elle traite avec beaucoup de pudeur de cet aspect des choses, mais tout le monde a été plus ou moins confronté à la séparation, à la disparition d'un être cher, au deuil de l'enfance à faire. Le fil conducteur du livre, c'est la mort du grand-père. sa lente décrépitude et la famille rassemblée autour de lui. Et puis cela part dans tous les sens, telle une araignée qui tisserait sa toile de souvenirs. L'écriture est précise, juste, sans aspérités, elle coule avec fluidité. Voici donc :

    LA CUISINE DE L'AMITIÉ

    Mon psy me comprend. On peut dire que c'est un miracle. Il bâille, mais il m'entend. Et plus important que tout : il prend mes sentiments au sérieux. Pour parler de mes amitiés, il emploie le mot "casseroles". "Vous avez beaucoup de casseroles sur le feu", dit-il de sa voix douce et vieille. Oui. Plusieurs casseroles mijotent sur un long fourneau. C'est ainsi que l'homme avec lequel je parle chaque semaine dépeint ma vie affective. Il m'imagine au fourneau et me prête un air attentif. Je suis assise dans son bureau et il me voit devant les casseroles, debout. Chacune porte un nom et contient les ingrédients d'une relation affective. Avec une personne que j'aime. Une personne qui m'entend bien. Surveillance. Entretenir le feu. Sous les casseroles, les fait-tout, les marmites : il y a des gens que j'aime mieux. Et des amitiés qu'on ne peut contenir dans de simples casseroles.

    Olivia est un chaudron. Notre amitié est en ébullition, le feu est vif. Le feu, c'est la chaleur de notre estime, l'amour que je lui porte, l'affection qu'elle me rend. La bienveillance de son regard. Notre émerveillement devant l'adéquation. Et les rires. L'amitié n'est pas tiède, la tiédeur, c'est la fin de tout. Là-dessus aussi, on est d'accord.

    Quand il ne reste plus rien d'onctueux, que tout le jus s'est évaporé, c'est qu'une amitié est morte. Ces choses-là arrivent. Sans parfois que la faute en revienne à quelqu'un. Et cela fait un peu peur. Mon psy sait que je renoue les fils du tablier et que j'approche le fourneau avec un bonheur mêlé d'anxiété. Mais il ne sait pas qu'avec une régularité de métronome, un homme de cent vingt kilos tout de noir vêtu et blouson de motard en cuir me demande, avant de m'embarquer sur sa moto rouge, et d'un air faussement renfrogné : "Je suis toujours une de tes casseroles ?" Mon psy ignore que tous les mois je lui répond : "Oui, Grégory." Il ignore aussi qu'il m'arrive de chuchoter à la marmite Maël qu'elle et toujours sous haute surveillance. Et qu'elle me répond : "Mais toi aussi, Jeanne..." Mon psy ne connaît pas la teneur de toutes les conversations qui bourdonnent au-dessus des fourneaux, mais il sait comme elles comptent. Il ne prend pas mes casseroles à la légère. Et il sait que l'une d'elle est en train de partir, il sait que mon grand-père se meurt. Il prend mes sentiments au sérieux. Cheveux blancs et moustache blanche, mon psy regarde mon coeur avec élégance.

    Jeanne HERRY, 80 étés, 2005.

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  • Policiers

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  • Il n'y a pas de grandes personnes (A. DE SAINT-ANDRE)

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    Voilà bien le livre le plus décevant qu'il m'a été donné de lire depuis longtemps !

    Il_n_y_a_pas_de_grandes_personnes

    Cela commençait pourtant bien. Je dirai même tambour battant :

    Déjà trop grandes pour être des petites filles, mais pas encore assez vieilles pour être des jeunes filles, nous étions à l'âge où on lit. Délaissant les bibliothèques rouge et or, rose ou verte, nous dévorions tout papier imprimé sans images, surtout les livres de poche, faciles à planquer sous les bureaux pendant les cours. Il ne s'agissait pas, bien sûr, d'oeuvres au programme, mais de bouquins qui arrivaient par la bande, par les copines ou leurs grandes soeurs. Plus ils étaient gros, mieux c'était. Les sagas familiales ou les pavés dits "romantiques" avaient la cote. Avec Zola. Autant en emporte le vent et les Rougon-Macquart étaient les deux mamelles de la lecture ; les Jalna et Boris Vian, ensuite. Les Misérables en outsider. Il y avait aussi des filles qui ne lisaient pas, mais on n'était pas non plus obligées de leur parler.

    Ces lectures dévorantes entraînaient des échanges, des prêts, mais rarement des discussions au-delà du qualificatif génial. Tout était bien, vachement bien même, et il était impensable de critiquer, même un prétendant idiot de Scarlett O'Hara. On lisait à toute allure, en accélérant dans les tournants ; on prenait des livres comme on prend le train.

    Et nous foncions ainsi, à toute vitesse, à côté de la littérature ; ça aurait pu durer longtemps.

    Alix de SAINT-ANDRE, Il n'y a pas de grandes personnes, Gallimard, 2007.

    Ce premier chapitre, décrivant d'un ton alerte et plein de drôlerie, les rencontres d'Alix de SAINT-ANDRE avec :

    1. la littérature

    2. une enseignante hors-pair

    3. Malraux

    4. les copines parisiennes

    5. Proust

    crée l'illusion : on croit que tout sera comme ça... Le problème, c'est qu'une fois passés les quatre premiers chapitres, c'est-à-dire arrivé à la page 95, cela se corse. La narratrice se met en devoir de nous raconter sa vie (journaliste, puis chroniqueuse-télé chez Jérôme Bonaldi et enfin auteurs de livres divers et variés), tout en entremêlant ça de réflexions sur les vies et oeuvres respectives de Malraux, bien sûr, Proust, Chateaubriand, Rousseau et même Saint Augustin ! "Je n'avais pas la vocation", écrit-elle page 98 pour justifier de n'avoir pas présenté l'Agrégation de Lettres. Et bien disons qu'elle se rattrape ! Alix de SAINT-ANDRE n'hésite pas à exhumer son mémoire de maîtrise (Les Antimémoires : une anti-Recherche du Temps perdu ?) qui lui valu une mention Très bien, nous précise-t-elle modestement et à reprendre en long et en large les manuels scolaires pour en extraire la substantifique moelle en lui redonnant un ton plus "djeune" : " Les coeurs secs ! Les scélérats ! Le vilain Voltaire !"

    Le livre compte 411 pages. C'est long. Même si le name-dropping fonctionne à fond et que l'auteur nous détaille ses complicités avec Florence (Malraux), Françoise (Giroux), à ne pas confondre avec la Françoise de Florence (Sagan), on se surprend à survoler les pages, où les citations des auteurs sus-cités sont de plus en plus longues, et on s'attarde sur de petites choses que je n'aurais jamais cru trouver dans la collection blanche, ainsi : "J'intervenais après la pose, prise dans cette charmante impasse fleurie et pavée, dans la seconde partie..." page 309 ou encore, page 313 "il racontait des anecdotes d'une voix théâtrale et onctueuse, la tête en arrière, avec un rien de pause que sauvait une rondeur enfantine..." Ils n'auraient pas des problèmes avec les homonymes, chez Gallimard ?

    Bref, ne vous fiez pas à la quatrième de couverture : " Malraux et moi, ce fut une grande, histoire, et j'aimerais trouver pour en parler aujourd'hui les accents de ma passion d'alors, qui exaspéra souvent mes amis les plus intimes, et fit rigoler les autres. J'éprouve la même difficulté que les gens qui racontent un premier amour. Je l'aime toujours, bien sûr, mais mon cœur ne fait plus un bond en voyant ses photos, mes joues ne se mettent pas en feu à chaque fois que j'entends prononcer son nom, mon cœur n'est pas "brûlant dans ma poitrine" quand je parle de lui. C'est un peu poussiéreux ; cela devrait me rassurer, mais m'attriste, en réalité.
    Reste toujours sa voix. Je ne peux pas l'entendre sans que mon poil se hérisse, et que ma gorge se noue.
    Il est mort, bien sûr, mais le fait qu'il fût vivant n'a jamais eu une très grande influence sur note vie commune. "
    Depuis un coup de foudre lors d'une dictée par un gris matin d'automne dans un collège du Maine-et-Loire, sa folle passion a conduit Alix de Saint-André à toute sorte d'extrémités. Pour l'amour de Malraux, elle a acheté des chats de gouttière, appris la grammaire espagnole. visité la Bosnie en guerre, organisé une campagne télévisée, péroré à la chaire d'universités new-yorkaises, tenté un acrobatique ménage à trois avec Proust, traqué sa trace chez Chateaubriand, assassiné Rousseau, poursuivi toutes ses femmes d'une jalousie féroce et même kidnappé sa fille dans les pages d'un roman. Jusqu'au jour où elle s'est retrouvée face à face avec Florence, la véritable fille de son héros...

    Écrivain, Alix de Saint-André a été journaliste de presse écrite (Le Figaro Magazine, Elle) et de télévision à Canal +. Après un polar noir, un essai de théologie angélique, un roman sur le Panthéon et une hagiographie de sa nounou, Il n'y a pas de grandes personnes est son cinquième livre. Mélangeant souvenirs, réflexions et citations, il appartient à ce nouveau genre littéraire que Malraux avait baptisé " machin ". "

    C'est un leurre...

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  • Dérive sanglante (W. G. TAPPLY)

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    C'est d'abord une couverture noire où se détache, en haut, une photographie absolument magnifique. Un noir et blanc de bord de mer, lumineux et intense, que l'on retrouve dans les pages intérieures.

    derive_sanglante

    L'histoire est a priori celle d'un roman policier banal : "Suite à un improbable accident de montagne qui lui a fait perdre la mémoire, Stoney Calhoun est un homme sans passé. Cinq ans après avoir quitté l'hôpital, une confortable somme d'argent en poche, il a refait sa vie dans le Maine et coule des jours paisibles entre la boutique de pêche où il travaille et sa cabane enfouie au coeur des bois. Jusqu'à ce que son meilleur ami disparaisse.
    Calhoun se lance alors sur sa piste et accumule les découvertes macabres. Au fur et à mesure, il se découvre d'inattendus talents d'enquêteur qui vont le confronter aux fantômes de son passé.
    Première aventure de Stoney Calhoun, Dérive sanglante nous promène à travers les paysages idylliques et chargés d'histoire du Maine, jusqu'à un final aussi violent qu'étonnant."

    Et pourtant, c'est à quelque chose de tout à fait différent que nous avons affaire. William TAPPLY vient de créer un genre inédit : le polar contemplatif. Certes il y a un meurtre, certes on croise des policiers, certes l'énigme semble devenir plus trouble à chaque page, mais l'essentiel n'est pas là. L'essentiel, c'est ce personnage étonnant de Stoney Calhoun, qui s'est installé il y a cinq ans dans le Maine, après avoir quitté l'hôpital d'Arlington (Virginie), où il venait de passer dix-huit mois, avec en poche un chèque de vingt cinq mille dollars et une carte de crédit à son nom. (...) Quelqu'un avait de sacrées obligations envers lui. Mais quand il avait cherché à en savoir plus, il n'avait pu obtenir de réponse à ses questions. Calhoun n'avait pas insisté. Il n'avait sans pas intérêt à raviver certains souvenirs.

    Et c'est autant une enquête sur la mort de son meilleur ami qu'une enquête sur lui même que mène Calhoun. En avançant dans ses recherches il découvre que la mort lui est familière, certains gestes aussi, bref, qu'il a sans doute en lui des choses qu'il ne préférerait pas connaître.

    Outre ses romans policiers, l'auteur, William G. TAPPLY, collabore régulièrement à des revues de pêche. Le sujet lui est manifestement familier et cela donne à son roman un ton tout à fait particulier. Je ne parlerai pas de "polar écologique", on en est loin, mais il décrit magnifiquement les paysages du Maine, la sérénité d'un montage de mouche ou encore le suspense d'une partie de pêche. Quoique terrible dans sa conclusion, c'est cependant un roman que l'on pourrait qualifier "d'oxygénant".

    Les premières lignes :

    Il était environ huit heures du matin lorsque Stoney Calhoun entendit la sonnette tinter : signal qu'on passait le seuil de la boutique. Il leva les yeux de son étau. Un homme aux cheveux blancs se tenait dans l'embrasure de la porte, d'où il examinait le casier des cannes Sage et Orvis adossées au mur. Calhoun reporta son attention sur la mouche presque achevée dans son étau.

    Une minute plus tard, l'homme était devant lui.

    - Nom de nom, qu'est-ce que c'est que ça ?

    Calhoun garda les yeux baissés.

    - Une bunker fly, marmonna-t-il avec l'accent du coin, ce qui donnait quelque chose comme "bunka fly".

    Il en remettait toujours une louche pour les clients des autres états, histoire de faire couleur locale. C'était une idée de Kate : les touristes, les gens des plaines, tous ceux qui "venaient de loin" - et ce vieux type avec son pantalon de toile tout juste sorti du pressing, ses mocassins rutilants, son polo vert boutonné jusqu'au cou et son accent garanti vieux Sud, si lui ne venait pas de loin ! -, tous ces gens-là s'attendaient à ce que Calhoun parle comme un guignol de pub télévisée. Et Kate était d'avis qu'ils seraient plus enclins à dépenser leur argent dans sa boutique s'ils n'étaient pas déçus.

    - Un peu plus de "ouaip", Stoney, lui disait-elle sans répit. Joue les taciturnes. Et si tu arrives à le placer, dis-leur des trucs comme "Y a pus d'saison, mon pauv'monsieur".

    Kate était la patronne, alors Calhoun s'efforçait de faire comme elle disait.

    William G. TAPPLY, Dérive sanglante, éditions Gallmeister, 2007.

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  • Abécédaire

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  • Les frites bordel ! (T. DUTRONC)

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    J'ai toujours eu un gros faible pour la famille DUTRONC : madame Françoise, bien sûr, avec sa mélancolie chronique et sa voix fragile comme un papier de soie, et surtout monsieur Jacques, le patriarche. C'est d'abord une voix, celle du générique d'une série culte, qui berça mon enfance : Arsène Lupin. Avant de découvrir le bonheur de l'oeuvre de Maurice LEBLANC, j'ai découvert le très distingué Georges DESCRIERES et le "gentleman cambrioleur" a gagné mon coeur...

    Et puis, le temps a passé, c'est avec CQFD que monsieur DUTRONC est réapparu dans mon paysage musical. Sur le coup, je n'avais pas fait le rapprochement entre la voix éraillée qui rockait "Merde in France" et les sonorités inimitables de "C'est le plus grand des voleurs..." Mais tout me plaisait. Pour moi, Jacques DUTRONC, c'est un peu comme Woody ALLEN, il n'a pas besoin de faire le tragique pour que j'aime ; c'est d'ailleurs dans la loufoquerie que je les préfère. De DUTRONC, j'adore "La leçon de gymnastique du professeur Dutronc" ou encore "Hippie hippie". D'ailleurs, la veille de ma première épreuve écrite de CAPES, c'est un tambourin à la main que j'ai passé la soirée à chanter "La cumpapade, eh ! eh !"... car Jacques DUTRONC était en concert ce soir-là précisément et je n'allais pas laisser filer ça, quand même ! Oserais-je supposer que l'aquoiboniste m'a porté chance ?

    La progéniture DUTRONC ne pouvait qu'être dans la même veine. Un garçon à qui Serge GAINSBOURG prédit, à sa naissance, que s'il "est timide, ce sera un Thomas à la tomate" ne pouvait être foncièrement mauvais. Alors j'ai écouté l'album, Comme un manouche sans guitare. En plus, le jazz manouche, c'est comme le violon tzigane, j'aime. Petite, j'en ai écouté, des morceaux de jazz - question d'éducation. Et puis l'histoire de la caravane de Django, l'incendie, tout ça... Alors bien sûr, la voix est "dutronesque", la guitare est alerte, l'ensemble est plaisant, mais c'est surtout très drôle : Thomas DUTRONC a une manière de chanter sans avoir l'air de se prendre au sérieux. Et comme il ne nous la joue pas fausse modestie, genre "oui, mes parents sont célèbres, mais si vous saviez...", il nous offre même un hilarant "malus track" sur le sujet. Et puis, parmi tous les morceaux, un morceau sous-titré "improvisation culinaire" ne pouvait que m'interpeller...

    Thomas_Dutronc

    Imaginer une musique sirupeuse à souhait, un monologue nostalgique sur l"enfance partie et la vie qui passe, et tout à coup, un plaidoyer, que dis-je, un manifeste. Voici donc :

    LES FRITES BORDEL

    (...)

    Parfois l'angoisse nous prend le coeur

    Parfois la personne qui dort à côté de nous est un étranger

    Alors

    Moi je sors

    Et j'me commande un steak-frites

    Un bon gros steak

    Avec des frites

    Bordel

    Y en a marre de c'poisson grillé

    De ces haricots verts

    A mort le haricot !

    Vive la choucroute !

    Un bon gros morceau de viande

    Et des pommes de terre bien grasses...

    La révolution du saucisson est en marche

    Venez avec moi

    Vous rouler dans la paëlla

    Vous vautrer dans le couscous

    Mes amis

    Aux ordures et à la poubelle ces omégas 3

    On veut des graisses saturées

    Ras-l'cul de c'régime !

    Prenez des tubercules

    Des pommes de terre

    Vous savez, ces tubercules,

    Coupez-les en fines lamelles

    Plongez-les dans l'huile bouillante

    Salez-les

    Vous aurez des frites

    Ni Dieu, ni maître, mais des frites

    Bordel

    Thomas DUTRONC,

    Voir une variation de la chanson à l'émission Le fou du roi ici

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  • La menthe, la plus belle des amantes (J-C. IZZO)

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    C'est en travaillant sur Total Khéops avec mes élèves de Troisièmes que j'ai découvert, par l'intermédiaire du mémoire de maîtrise d'une jeune documentaliste, ce texte de Jean-Claude IZZO. J'avais déjà proposé il y a quelques temps une "Ode à l'ail", voici donc, extraite de la même revue, une ode à la menthe, ce parfum que Fabio Montale associe, avec le basilic, à Lole, la belle gitane...

    Aujourd'hui que l'hiver s'est définitivement installé chez nous, il m'a semblé judicieux de raviver des souvenirs de fraîcheur estivale. Mais pour moi, la menthe, c'est aussi les trajets en voiture où, nauséeuse, on me donnait un sucre avec quelques gouttes d'alcool de menthe... C'est encore ce flacon d'huile essentielle de menthe poivrée que j'ai toujours dans mon sac pour essayer de contrer la migraine qui survient. Ou enfin ce thé à la menthe trop sucré avec ses pignons flottant... Voici donc :

    LA MENTHE, LA PLUS BELLE DES AMANTES

    On aime la menthe pour son odeur. C'est la plus populaire. Dès qu'il s'agit de citer une plante odorifère, c'est elle, elle seule, que l'on a à la bouche. Son parfum, reconnaissons-le, bien que légèrement poivré, n'entête pas, n'enivre pas. On est touché par sa grâce. Et il suffit de laisser tomber quelques feuilles dans une théière pour être comme transporté dans le palais de Schéhérazade.

    La menthe agit ainsi. Comme un philtre d'amour, je dirai même qu'elle ouvre les portes de cet imaginaire oriental où, comme le chantait Baudelaire, tout n'est que luxe, calme et volupté.

    Sans doute est-ce pour cela que la menthe est si peu utilisée dans la cuisine occidentale, même méridionale. A cause de cette peur des voyages, qui nous éloignent plus de Pénélope qu'ils ne nous y ramènent. Vous me direz, mais on en boit, nous, de la menthe. Laissez-moi sourire. Celle qui colonise de vert l'eau fraîche des vacances a, depuis bien longtemps, oublié ses origines ! Cette menthe-là, même si comme le croient encore les adolescents, rend amoureux à force de trop en boire, est sans effet sur l'être humain. D'ailleurs, je n'ai encore jamais connu d'homme, ou de femme, qui, ayant consommé de la menthe à l'eau tout l'été, se soit écrié : "Lève-toi et viens avec moi : nous renoncerons à notre pouvoir royal afin de parcourir le vaste monde, sans garder d'autre souci en tête que l'amour..."

    Oserai-je donc un conseil ? Semez de la menthe autour de vous. De la menthe corse pour décorer vos allées de ses minuscules fleurs mauves. De la menthe orange aux feuilles veinées de rouge. De la menthe pouliot, dont les fleurs, petites et roses, poussent entre les dalles de pierre. De la menthe ananas aux feuilles vert pâle tachées de crème et de blanc. De la menthe verte, enfin, en pots sur vos rebords de fenêtres. Respirez ces parfums poivrés. Vous découvrirez alors qu'il y a toujours mille et une nuits à vos rêves. Et vous chérirez la menthe comme la plus belle des amantes.

    Jean-Claude IZZO, La Pensée de midi, 5 août 1997.

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  • Un banquet à Omois (S. AUDOUIN-MAMIKONIAN)

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    Disons-le tout net : j'étais sceptique. Comme beaucoup, je suis sous le charme - et le mot est faible - des romans de J.K. ROWLING et la saga Harry Potter ne cesse de m'émerveiller. J'admire sa richesse, son imaginaire, sa capacité à synthétiser tous les univers légendaires, son humour, sa noirceur, bref, je suis une inconditionnelle d'Harry Potter ! Et c'est pour cette raison que je me suis longtemps à refuser à lire des "dérivés", cette littérature de jeunesse qui mêle joyeusement magie, ésotérisme de bazar, héros adolescent dans un fatras foutraque et livre une espèce de brouet quand on espère des crèmes...

    Et puis, parce que je suis entêtée mais pas complètement bornée non plus, j'ai "goûté" à Tara Duncan. Entendons-nous bien, j'ai attendu qu'elle sorte en poche. Et j'y suis allée sur la pointe des pieds. Et j'ai été conquise ! Car une fois passée cette fâcheuse capacité que nous avons (ou suis-je la seule ?) à vouloir comparer, j'ai découvert un univers unique... et, oserais-je dire, typiquement français. Il y a dans ces romans une fantaisie, une drôlerie, une auto-dérision tout à fait séduisantes. Le monde créé par Sophie AUDOUIN-MAMIKONIAN est tout bonnement fantastique, d'une richesse époustouflante (le langage y est pour beaucoup - et le fait que ces romans soient écrits en français et non plus traduits n'y est pas pour rien) et d'une inventivité époustouflante... Fidèle à mes éditions de poche, je me suis donc ruée sur le deuxième et maintenant, eh bien j'attends que les autres sortent en poche !

    C'est un extrait du premier tome que j'ai choisi de vous présenter. Tara'tylanhnem Duncan est une jeune fille qui vient de découvrir qu'elle était "sorcelière", sorcelier signifiant "ceux qui savent lier les sorts". S'ensuivent une série d'aventures plus palpitantes les unes que les autres, puisqu'on découvre que Tara n'est pas l'orpheline qu'elle pensait, que l'univers de l'Autre Monde l'attend, voire la recherche activement, que des méchants sont sur le coup, bref, plein de rebondissements en perspective. Alors, histoire de reprendre quelques forces, voici donc un :

    BANQUET A OMOIS

    Ils se faufilèrent discrètement à leur table. Un somptueux dîner y était déjà dressé, avec d'immenses plats dorés et de fines assiettes de porcelaine. Cal et Robin ouvrirent de grands yeux devant le festin qui les attendait. De nombreux aliments reposaient sur... rien, flottant dans l'air juste au-dessus des tables.

    Tara découvrit que les apparences ne correspondaient pas forcément à la réalité en goûtant un riz blanc tout ce qu'il y a de plus banal qui lui mit la bouche en feu pendant une demi-heure.

    Après avoir avalé au moins trois litres d'eau, elle observa ce que mangeaient les autres et les imita prudemment.

    Les viandes avaient des goûts... bizarres, pas mauvais, mais inhabituels. Les sauces étaient relevées et les légumes d'aspect classiques (genre fèves, graines ou encore racines) dégageaient des odeurs et des goûts très différents. Une sorte de haricot notamment lui fit penser à un renversant mélange de brocolis et de banane, une espèce de tomate jaune avait un goût de chou-fleur à la sardine et les salsifis rouges ressemblaient à des pêches trempées dans du miel.

    Il y avait également des Boumbar, les bonbons qu'aimait Cal. Quand elle en mit un dans sa bouche, il commença à fondre, puis explosa littéralement, libérant toutes ses saveurs. Elle vit aussi des Kidikoi, d'étranges sucettes en forme de grenouilles blanc et bleu dont le coeur cachait un secret. Quand on avait dégusté le ventre ou le dos de la grenouille, une phrase apparaissait qui prédisait l'avenir. Pour Tara, la sucette magique annonça : "Maintenant tu te tracasses, car le danger te menace."

    Tara grimaça. La sucette ne lui révélait rien de bien nouveau. Cal fut averti par sa Kidikoi qu'il allait se tromper et Robin qu'il allait se dévoiler, ce qui sembla complètement le paniquer. Moineau, prudente, refusa d'en prendre une. La couleur était à chaque fois la même, aussi était-il impossible de savoir qu'elle serait la saveur. Tara expérimenta successivement les parfums steak à l'orange, puis cerise à l'orgeat, camembert au chocolat, poisson pané au citron, prune au piment rouge, pomme au poivre. Le problème étant bien sûr qu'il fallait tout manger si on voulait accéder à la phrase magique ! Cal lui apprit que les P'abo, les lutins farceurs, étaient les créateurs de ces sucettes. Ils s'étaient inspirés des centaures, mi-hommes mi-chevaux des vallées de l'Est, qui avaient pris la mauvaise habitude de lécher le dos des Pllops, grenouilles blanc et bleu extrêmement venimeuses pour les autres races, car leur venin leur donnait des rêves agréables et parfois même des visions d'avenir.

    Elle aima beaucoup le Tzinpaf, boisson pétillante pomme-cola avec un soupçon de citron, et détesta la Barbrapo, espèce de breuvage fermenté amer à la couleur jaune, qui la fit frissonner.

    Pendant le repas, Robin laissa tomber les petits pains qui se trouvaient dans la panière.

    Il se passa alors une chose curieuse. Il rattrapa la panière bien avant qu'elle ne touche terre. Cela surprit Tara qui se souvint avoir déjà vu quelqu'un faire preuve de cette vitesse inhumaine. Elle fronça les sourcils puis oublia l'incident.

    Le banquet se termina sur une symphonie de chocolat fourrés (ça, apparemment, c'était universel), et Dame Auxia, la Haute Mage du Conseil d'Omois (cousine de l'impératrice), une belle femme brune, se leva et déclara :

    - Mes chers amis, permettez-moi à présent de vous souhaiter la bienvenue à Tingapour !

    Sophie AUDOUIN-MAMIKONIAN, Tara Duncan - Les Sorceliers, 2003.

    D'autres extraits de littérature gourmande

    Plus d'infos sur Tara Duncan, le site

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  • Un livre trop chou !

    Imprimer Catégories : Lectures

    Alors voilà : ce soir, je récupère comme tous les mardis soirs mon panier de légumes bio. Et que risqué-je d'y trouver ? du chou ! Sous toutes ses formes : vert, pommé, fleur, frisé, chinois, brocolis, romanesco, mais Guillaume nous a prévenu : l'automne-hiver, c'est le chou !

    Le problème avec le - ou les - chou, c'est qu'une fois sortie de la potée, du gratin de chou vert ou fleur, de la semoule de chou-fleur et des brocolis vapeur, je manque un peu d'idées... Surtout de celles qui feraient s'exclamer : "Waouh, trop bon !" à ma petite famille...

    Et puis, ce week end, j'ai trouvé ça :

    Mes_choux__je_vous_aime

    Et je crois que je suis sauvée : 72 pages de recettes autour du chou, depuis le velouté de châtaignes au chou vert jusqu'aux beignets de chou-fleur, en passant par le mille-feuille croustillant de saumon au chou... Le livre est joli, souple, pas trop cher (10€) et je ne lui reprocherais que deux choses : l'absence d'index des recettes et d'index par ingrédients. mais bon, rendez-vous bientôt, avec plein de recettes crucifères...

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