20.12.2009
"Combien de temps ?" (A. GROUSSET, P. PORTER)
Parfois la littérature dite "de jeunesse" sait dire les choses mieux que toutes les autres...

"Un groupe d'écologistes lassé de la passivité de ses dirigeants et des concessions du pouvoir, s'en prend directement aux pollueurs et à leurs complices politiques: ce sont les Brigades vertes. Mais bientôt le mouvement dérape vers la violence, et ses actions drôles et sympathiques du début se radicalisent: le vert de l'espérance tourne au rouge sang."
A la reprise des débats, les esprits étaient loin d'être calmés. L'ex-député européen français, Alain Frémond, qui, par le passé, s'était déjà fait remarquer par son franc-parler monta à la tribune, l'air grave.
- COMBIEN DE TEMPS ? commença-t-il en martelant ses mots.
Il laissa passer quelques secondes puis reprit :
- Combien de temps nous reste-t-il ? Devons-nous attendre qu'il soit trop tard ? Faut-il encore perdre du temps et de l'énergie à convaincre ceux qui ne veulent rien entendre ?
Dans un silence pesant, il s'arrêta encore une fois de parler, balayant la salle du regard.
- COMBIEN DE TEMPS ? Combien de temps encore laisserons-nous les pollueurs décider à notre place. J'ai entendu le discours d'autosatisfaction de notre collègue français sous-secrétaire d'état à l'environnement, beaucoup de tapage pour de bien piètres résultats. D'ailleurs, les quelques réformettes dont on vous a chichement fait l'aumône ne sont même pas appliquées. L'écologie politique a montré ses limites, non seulement elle ne sortira pas la politique de son ornière, mais elle risque de s'y embourber à son tour ! Non, monsieur le ministre, nous ne voulons plus être la goutte d'huile dans les rouages de la machine capitaliste !... Désormais, nous serons le grain de sable de son engrenage !
Dans la salle, la tension monta d'un cran.
- COMBIEN DE TEMPS encore, une justice à deux vitesses frappera-t-elle plus fort et plus vite le loubard de banlieue que le pollueur patenté ? A ces industriels qui font tristement rimer chômage et chantage, je propose de compléter leur rengaine et que, désormais, pollueur rime avec payeur ! Dans le sud de la France, des militants ont été jetés en prison pour avoir fait barrage de leur corps aux bulldozers, mais, pendant leur incarcération, les bétonneurs ont continué leur chantier... toujours sans permis de construire ! A quand une condamnation pour crime contre l'environnement ?
Quelques applaudissements fusèrent dans le fond de la salle. Frémont profita du laps de temps pour boire un demi-verre d'eau.
- COMBIEN DE TEMPS ? Combien de temps encore laisserons-nous piller la planète par les 15% de la population qui consomment 85% des ressources et produisent les 4/5° de la pollution ! Quel exemple pour le tiers-monde pour qui, désormais, richesse devient synonyme de pollution ! Quelle sera notre crédibilité ? Et combien seront dérisoires nos arguments pour leur faire comprendre que leurs forêts sont un des patrimoines de l'humanité et non un tas de bois que l'on peut brûler ou exploiter n'importe comment. Et d'ailleurs, pour quoi, pour qui les forêts brûlent-elles ? vous pouvez tourner le problème dans n'importe quel sens, à la base de toute pollution, il y a LE PROFIT ! Or, l'écologie est un placement à long terme et les pollueurs n'ont pas de temps à perdre... quand il y a de l'argent à gagner !
COMBIEN DE TEMPS ? Combien de temps notre planète supportera-t-elle un tel traitement ? Les fleuves sont devenus des égouts, les océans des dépotoirs. D'année en année, le trou dans la couche d'ozone s'agrandit, l'effet de serre commence à se faire sentir. Le plus inquiétant, c'est que, même si toutes les pollutions s'arrêtaient du jour au lendemain, nous ne serions pas sûrs d'avoir gagné la partie !
COMBIEN DE TEMPS ? Combien de temps encore sans remettre en cause notre mode de vie ? « L'utopie ou la mort ! » prédisait René Dumont dans les années 70, heureuse époque où nous avions le choix.
COMBIEN DE TEMPS pour prendre conscience que la planète est malade, rongée par le cancer de la pollution et du profit !
COMBIEN DE TEMPS encore soignerons-nous par l'homéopathie ce qu'il faudrait opérer d'urgence !
COMBIEN DE TEMPS encore pourrons-nous faire l'économie d'une révolution ? La persuasion et la concertation ont échoué, c'est maintenant le temps de l'action ! Nous ne devons plus attendre, car nous n'avons pas de planète de rechange ! C'est de la légitime défense... et s'il le faut, ce sera de la LEGITIME VIOLENCE !
Le silence qui avait accompagné le début de l'allocution s'était peu à peu transformé, les cris avaient succédé aux murmures, les applaudissements avaient répliqué aux sifflements. Ce fut dans un tumulte invraisemblable qu'Alain Frémont, un peu essoufflé, mais visiblement satisfait, quitta la tribune.
Le président de séance essaya en vain de rétablir l'ordre. Il finit par ajourner la session jusqu'à nouvel ordre.
Alain GROUSSET, P. PORTER, Les Brigades vertes, 1999.
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| Tags : écologie, grousset, porter, brigades, vertes |
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02.11.2009
Imaginez... une journée de cuisine chez Anne-Sophie PIC

Imaginez... une boutique qui provoque chez des adultes normalement constitués le même sentiment que celui qu'ils éprouvaient enfants dans un magasin de jouets, avec ses ustensiles tous plus tentants les uns que les autres, sa vaisselle aux lettres de la maison et ses outils "de professionnels".
Imaginez... l'atelier de cuisine qui vous attend. Une immense cuisine gris ardoise qui fait face aux baies vitrées. Deux fours à chaleur tournante, un four vapeur, deux réfrigérateurs, un congélateur, des placards plein de merveilles. Les épices et autres condiments entassés tout simplement dans des boîtes carrées en plastique transparent.
Avancez... vers l'îlot central, trapu et recouvert d'inox, des plaques à induction et deux poubelles intégrées au centre. Et prenez place : neuf planches de couleur vous attendant, un tablier aux chiffres de la maison, un torchon, deux couteaux et des fiches cartonnées, avec un crayon à papier pour prendre vos notes.
D'abord s'habiller. Puis, à la queue leu leu, se laver les mains avant de regagner sa place. Ou son poste.
Et écouter : le chef, Stéphane ROSSILLON, nous présente la journée : avec Fanny, son assistante, ils vont nous apprendre à confectionner une crème brûlée au foie gras et un bar de ligne à la vapeur de wakamé, bonbons d'huîtres au concombre, beurre monté à la vodka, le matin. Puis déjeuner au 7, le "bistrot" d'Anne-Sophie PIC avant de repartir pour une après-midi aussi riche que la matinée : le suprême de pigeon en croûte de noix, figues rôties et aux épices douces, et le soufflé chaud au Grand-Marnier.
Et la matinée va se dérouler comme dans un rêve. Mais un rêve roboratif ! car si l'on a commencé par préparer le chutney de concombre - première leçon, rien ne se perd : la partie large fera les lamelles pour les bonbons, le plus fine servira à la julienne et le coeur pépineux finira dans la centrifugeuse - tout en s'occupant de la royale de foie gras, si l'on a appris à lever les filets du bar tout en mijotant l'émulsion de pomme, si l'on s'occupe d'ouvrir les huîtres tout en surveillant la cuisson du pop corn, on finira quand même par voir apparaître le sommelier qui viendra nous servir un Chapoutier blanc - "heure de l'apéritif" !- qui accompagnera avec bonheur la crème brûlée au foie gras, nappée de son émulsion de pomme verte et croustillante de ses bâtonnets de pomme verte, et son pavé de bar, servi avec le chutney de concombre, le bonbon d'huître, le tout arrosé de beurre monté à la vodka et au citron vert.
Premier délice que ces explosions de saveurs en bouche. C'est la fin de la matinée et nous partons vers le 7, histoire de se restaurer... mais surtout de s'asseoir !
Là, entrée "en brigade" dans le restaurant qui bourdonne : foule familiale, serveurs affairés mais néanmoins cordiaux et attentifs, nous sommes installés à une longue table au centre de la salle. Au menu, un velouté de courge à la crème de bleu d'Auvergne et ses graines de courge grillées, et des filets de rouget en sauce bouillabaisse, accompagnés d'une écume de rouille. Un vin blanc, de Touraine d'abord, puis de la vallée du Rhône ensuite, va nous accompagner. Nous grignotons des bâtonnets de fougasse en attendant. puis viendra le dessert, un "finger praliné", soit une mousse très chocolatée avec sa chantilly au praliné et sa quenelle de glace chocolatée. Un café, et c'est le retour en cuisine, un peu inquiets à l'idée de devoir avaler encore un pigeon en croûte de noix et un soufflé au Grand-Marnier...
Mais le rythme reprend tambour battant : on lance la crème pâtissière à l'infusion de zestes d'orange, on prépare le beurre aux épices, on apprend à désosser un pigeon. L'après-midi va défiler à un rythme infernal, le programme initial en sera même bouleversé. On apprendra à faire un "véritable" jus afin d'accompagner les cuisses de pigeon que le chef a décidé de quasi-confire dans leurs sucs.
On finira la journée devant un verre de Jaboulay, une Syrah rouge, à déguster nos suprêmes de pigeon croustillants sous leur croûte de noix, une figue juteuse fondante en bouche, une cuisse(tte) de pigeon presque en bonbon, à saucer jusqu'aux plats pour encore sentir les arômes, et, finalement, à plonger sa cuillère dans un soufflé au Grand-Marnier, miracle de légèreté et de finesse, tout en échangeant sur notre journée, les trucs et astuces du chef, les petits conseils de Fanny, bref, le Bonheur !
Et le soir ? euh, je n'ai mangé qu'un yaourt !

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24.10.2009
Le goût de Venise
A bientôt, disons dans... une petite semaine !
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11.10.2009
Beds are burning
Le compte à rebours a commencé. Plus d'infos ici (site en anglais).
10:35 Publié dans Blowing in the wind | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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02.10.2009
Pizza aux deux jambons, le retour
Je ne voudrais pas avoir l'air d'insister, mais c'est juste pour vous rappeler que ma pizza aux deux jambons participe au concours Tomacouli et que si vous voulez voter pour elle, il vous suffit de cliquer sur ce lien. Merci encore !
13:46 Publié dans Blowing in the wind | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
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26.09.2009
«Vous regarder grandir tous les trois, c'est le plus beau spectacle auquel j'ai assisté dans toute ma vie.»
Une fois n'est pas coutume, je ne vous parlerai ni de cuisine ni de littérature. Simplement l'envie de vous faire partager un vrai coup de coeur... avec retard.

Marie-Jeanne et Robert Duval ont trois enfants : Albert, Raphaël et Fleur. Le portrait de leur famille s'esquisse sur une douzaine d'années, à travers cinq journées particulières.
LE PREMIER JOUR DU RESTE DE TA VIE, ou cinq jours décisifs dans la vie d'une famille de cinq personnes, cinq jours plus importants que d'autres où plus rien ne sera jamais pareil le lendemain.
Ce film, j'en avais entendu parler lors de sa sortie. Puis à nouveau au moment des Césars. Mais je n'avais jamais eu l'occasion de l'attraper. Jusqu'à hier soir. Et je peux vous garantir qu'il va désormais figurer en bonne place dans la liste de mes films fétiches.
Car il y a dans ce Premier Jour du reste de ma vie tout ce que j'aime : de la vie, du rire et des larmes, des relations complexes, de l'amour et de la famille. Le réalisateur, Rémi BEZANCON, a su capter à merveille ce qui fait l'essence d'une famille et tous ces liens qui se nouent, se dénouent mais ne parviennent jamais à se couper complètement. Sont parfaitement et subtilement dépeintes les relations père-fils, mère-fille, est posée la question la question de la transmission, de l'héritage, du poids de l'histoire familiale, bref, de toutes ces choses qui nous touchent tous et qui, dans ce film, vise à l'universalité.
Car c'est toute la réussite du film : tout le monde s'y reconnaît. Et plus particulièrement ceux qui sont nés au début des années soixante-dix - les films super 8 parlent pour eux...
Le site du film Le Premier Jour du reste de ta vie
debout peu importe le prix
suivre son instinct et ses envies
les plus essentielles
tu peux exploser aujourd'hui
et Le Premier Jour Du Reste De Ta Vie
non accidentel
oui tout peut changer aujourd'hui
et Le Premier Jour Du Reste De Ta Vie
E. DAHO
12:21 Publié dans Blowing in the wind | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
| Tags : le premier jour du reste de ta vie, bezançon, famille |
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15.09.2009
Parce qu'il faut bien que jeunesse se passe...
I look in the mirror and all I see
Is a young old man with only a dream
Am I just fooling myself
That she'll stop the pain
Living without her
I'd go insane
"She's like the wind" - Dirty dancing (1987)
18:17 Publié dans Blowing in the wind | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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03.09.2009
Esprit de rentrée ?
Voici le panneau (de son cru, texte et orthographe) que ma fille a accroché à sa porte. Nos enfants grandissent...

Lentement je pense à nous
Et je retombe à genoux
Au ralenti dans ton regard un peu flou
Lentement je te rejoins
Lentement tu me reviens
Lentement je respire et je me sens bien
Slowly
Lovely
La vie
Lentement le temps qui passe
Lentement parfois efface
Les sanglots, la peine et le goût du chagrin
Lentement je fais le tour
Lentement je troubadoure
Lentement tu vas me quitter
Un jour...
Marc LAVOINE, "Lentement", Volume 10, 2009
18:30 Publié dans Blowing in the wind | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
| Tags : rentrée, enfance, marc lavoine |
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23.08.2009
Bonne résolution de rentrée...
Faudrait que j'me clôture
Faudrait que j'coupe du bois
Que j'me mette en costume
Et que je marche plus droit
Faudrait que j'devienne plus sage
Que j'sois plus raisonnable à mon âge
J'sais bien, j'sais bien, j'sais bien
Je commence demain
Jean-Jacques GOLDMAN, "Je commence demain", Entre gris clair et gris foncé, 1987.
11:24 Publié dans Blowing in the wind | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : goldman, je commence demain |
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21.07.2009
"Dans Banga y a de l'eau... "
Qui n'a pas eu la pêche en entendant un jour cet air ? Avec ce sens unique du rythme et des sonorités : Dans Banga y a de l'eau... et l'eau de dégringoler avec les mots. Ajoutez-y un "cartoon" en parfaite adéquation, vous comprendrez pourquoi cette pub n'a pas pris une ride !
08:41 Publié dans Blowing in the wind | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
| Tags : pub, banga |
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