Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Ma Cuisine rouge - Page 14

  • Guimauve mangée (pour "sécotine you"...)

    Imprimer Catégories : Desserts

    Ça a commencé par des blancs d'oeuf dans le réfrigérateur, vestiges d'une crème anglaise. Puis une chanson qui vous trotte dans la tête :

    My...
    Song of you
    C'est pour sécotine you
    C'est d' la colle chantée
    Pour que tu partes jamais
    Que tu dises à tout l' monde
    Ce guimauve singer
    Moi tout ce qu'il sing ça m' plaît
    Voilà pourquoi petit bout
    I sing my song of you.

    A. SOUCHON - L. VOULZY

    Et puis, finalement, il y a eu le livre d'Anne-Sophie PIC et ses idées de goûter ! Ainsi, après la guimauve chantée, est née la :

    GUIMAUVE MANGEE

    Pour 4, il faut :

    • 4 blancs d'oeuf (ou trois, si les oeufs sont gros)
    • 400 g de sucre
    • 2 bâtons de vanille
    • 75 cl d'eau
    • 20 g de feuille de gélatine
    • du sucre glace
    • de la maïzéna

    Tremper la gélatine cinq minutes dans de l'eau froide.

    Verser dans une casserole l'eau et le sucre et porter à ébullition ; laisser cuire cinq à dix minutes sur feu assez fort.

    Fendre et gratter les graines de vanille et ajouter ces dernières aux blancs. Plonger les bâtons égrénés dans le sirop pour qu'ils le parfument encore.

    Monter les blancs avec la vanille.

    Égoutter la gélatine et l'incorporer au sirop de sucre (après avoir enlevé les bâtons de vanille).

    Verser le sirop sur les blancs en neige sans cesser de battre jusqu'à refroidissement.

    Verser la préparation dans un moule filmé et laisser prendre deux heures minimum au réfrigérateur.

    Démouler et découper soit des lanières épaisses, soit des cubes, (soit les deux !) et rouler les morceaux dans un mélange sucre glace-maïzéna pour qu'il ne colle pas.

    Guimauve vanille.jpg

    Remarques :

    • Inspirée du livre d'Anne-Sophie PIC, j'y ai apporté quelques modifications : 75 cl d'eau au lieu des 7,5 ; les bâtons de vanille mis à bouillir avec le sirop pour le parfumer encore...
    • Comparé à la version "du commerce", cela n'a pas grand-chose à voir : c'est doux, moelleux, goûteux, on a adoré !
    • Selon des connaisseurs avertis, c'est encore meilleur le lendemain...

    4 commentaires Pin it! Lien permanent
  • Cake carotte-orange

    Imprimer Catégories : Légumes

    C'est parti d'une idée un peu loufoque : faire d'une salade un cake !

    Je m'explique : partir de l'association de la salade marocaine orange et carotte pour en faire un cake sucré-salé. Le résultat : étonnant mais convaincant ! Alors comme les beaux jours arrivent, et avec eux les apéritifs qui durent, voici de quoi les faire tenir ! Voic donc le :

    CAKE CAROTTE-ORANGE

    Pour 4, il faut :

    • 250 g de farine
    • un sachet de levure
    • 4 oeufs
    • un demi-verre de lait
    • un demi-verre d'huile
    • 200 g de carotte râpé
    • le zeste d'une grosse orange
    • une pincée de cannelle
    • 50 g de graine de tournesol
    • 5 bâtons de surimi
    • une pincée de sel

    Mélanger la farine, la levure et les oeufs. Ajouter le sel, l'huile et le lait. Battre longtemps pour rendre la pâte légère.

    Incorporer les graines de tournesol et la cannelle. Bien mélanger.

    Ajouter ensuite les carotte et les zestes d'orange. Bien mélanger.

    Couper le surimi en rondelles fines et finir par l'intégrer au reste de la préparation.

    Enfourner à 210° pendant 50 minutes. Baisser éventuellement à 180° à mi-cuisson.

    Cake Carotte Orange.jpg

    Remarques :

    • On peut tricher et remplacer l'orange par de la confiture d'orange...
    • Râper les carottes les plus fines possible.
    1 commentaire Pin it! Lien permanent
  • Spagbol (S. WESTERFELD)

    Imprimer Catégories : Littérature gourmande

    "... c'est une arnaque, Tally. On ne te montre que de beaux visages ta vie durant. Tes parents, tes professeurs, n'importe qui de plus de seize ans. Mais tu ne nais pas en pensant rencontrer ce genre de beauté chez tout le monde ; on te programme pour trouver les autres moches."

    Uglies.jpg

    "Tally aura bientôt 16 ans. Comme toutes les filles de son âge, elle s'apprête à subir l'opération chirurgicale de passage pour quitter le monde des Uglies et intégrer la caste des Pretties. Dans ce futur paradis promis par les Autorités, Tally n'aura plus qu'une préoccupation, s'amuser... Mais la veille de son anniversaire, Tally se fait une nouvelle amie qui l'entraîne dans le monde des rebelles. Là-bas, elle découvre que la beauté parfaite et le bonheur absolu cachent plus qu'un secret d'État : une manipulation. Que va-t-elle choisir? Devenir rebelle et rester laide à vie, ou succomber à la perfection ?"

    Ah, que voilà un roman qui sait toucher là où il faut ! Science-fiction et pourtant... pas tant que ça... Longtemps j'ai tourner autour sans réelle envie d'y entrer. D'abord à cause de cette stupide phrase : "Dans le monde de l'exrême beauté, les gens normaux sont en danger". Ouh la la, c'était au moins aussi appétissant qu'une fiction de TF1 ! Mais comme quoi il est bon de savoir dépasser les apparences, je me suis engagée dans cette lecture... et ne l'ai pas regretté.

    C'est un univers d'anticipation que nous dépeint Scott WESTERFELD. A la fin de l'enfance, les jeunes gens quittent leur parents pour rejoindre Uglybille. Là, ils attendront sagement leur seize ans pour subir l'opération qui en fera des Pretties. Ils seront entièrement remodelés, plus grands, plus beaux, plus minces, et surtout plus... dociles. Car lorsque l'on a tout ce qu'on peut désirer, pourquoi se révolter ? De grands yeux, des lèvres pleines, une peau claire et lisse, et si c'était ça le bonheur ? Oui, mais et si, justement, ce n'était pas ça ? En cherchant à en savoir davantage, Tally va enfreindre les règles et découvrir une autre réalité, celle de la nature, loin du formatage.

    Ce roman pose beaucoup de questions : apparence, écologie, pouvoir, peur de vieillir. Son habileté tient à sa manière de "coller" à une réalité adolescente, tout en la métaphorisant : et si c'était normal d'être moche pendant un temps ? où est la norme ? à quoi ressemeblera notre futur, ou plutôt celui de nos petits-enfnats ? jusqu'où peut-on aller au nom du "bien" de l'humanité ?

    En même temps que sont posées les questions, les réponses restent ouvertes. Et cela donne juste envie d'aller lire les autres romans !

    SPAGBOL

    Avant même que son coeur ait cessé de battre la chamade, l'estomac de Tally se mit à gronder.

    Elle fouilla dans son sac à dos à la recherche du purificateur d'eau qu'elle avait rempli à la rivière, et en vida le compartiment de purge. Une cuillère de boue brûnatre s'en échappa.

    - Beurk, fit Tally en soulevant le couvercle pour regarder à l'intérieur.

    L'eau semblait claire et pure, sans odeur particluière.

    Tally but avec soulagement, mais en conserva pour son dîner - ou son petit-déjeuner, cela revenait au même. Elle avait l'intention de voyager de nuit et de laisser sa planche se recharger pendant la journée, afin de ne pas perdre de temps.

    Plongeant la main dans son sac étanche, elle en sortit un sachet de nourriture choisi au hasard.

    - SpagBol, lut-elle sur l'étiquette avant de hausser les épaules.

    Hors du sachet, l'aliment avait l'apparence et la texture d'une baguette de coton séché. Elle le lâcha dans le purificateur, où il se mit à bouillir en produisant de petits gargouillis.

    Tally regarda vers l'horizon. C'était la première fois qu'elle voyait le soleil se lever en dehors de la ville. Comme la plupart des Uglies, elle se levait rarement assez tôt et, de toute façon, l'horizon était perpétuellement bouché par les immeubles de New Pretty Town. Le spectacle d'un authentique lever de soleil la stupéfia.

    Une bande orange et jaune embrasa le ciel, magnifique et inattendue, aussi spectaculaire qu'un feu d'artifice. Elle se modifia à un rythme régulier, tout juste perceptible. Voilà comment se présentait la vie dans la nature, comprit-elle. Dangereuse ou splendide. Ou bien les deux.

    Le purificateur émit un ping ! Tally souleva le couvercle et se pencha au-dessus : c'était des pâtes avec une sauce rouge, des petites boules de soja et une délicieuse odeur. Elle consulta de nouveau l'étiquette.

    - SpagBol... spaghetti à la bolognaise !

    Elle se restaura avec appétit. Le soleil la réchauffait, les vagues grondaient en contrebas ; il y avait des siècles qu'elle n'avait pas mangé aussi bien.

    Scott WESTERFELD, Uglies, 2007.

    1 commentaire Pin it! Lien permanent
  • Pavé de cabillaud, beurre monté au citron vert et à la vodka, et ses bonbons d'huître

    Imprimer Catégories : Poissons

    Pour le cas où vous ne l'auriez pas encore remarqué, je ne suis pas particulièrement adepte des titres à rallonge. Mais bon, là, ça s'imposait ! De surcroît, l'idée n'est pas de moi : c'est encore une des recettes que j'ai réalisées lors de ma journée chez SCOOK, l'école de cuisine d'Anne-Sophie PIC.

    Ne vous laissez pas impressionner par la longueur du titre (en encore, je ne vous ai pas tout dit...), cette recette nécessite surtout de bons produits de base, une bonne organisation et... la patience de vos invités durant le dressage de l'assiette ! A part ça, tout roule !

    La recette se déroule en plusieurs temps : il s'agit de réaliser un chutney de concombre, de préparer des bonbons d'huître et de cuire à vapeur des pavés de cabillaud. Initialement, nous avions rélisé la recette avec des pavés de bar de ligne. Plus aisés à trouver, j'ai choisi le cabillaud. Voici donc le :

    PAVE DE BAR, BEURRE MONTE CITRON VERT-VODKA, CHUTNEY DE CONCOMBRE ET BONBONS D'HUÎTRE

    Pour 4, il faut :

    • 4 pavés de cabillaud
    • 25 de gros sel
    • 20 g de wakamé
    • de l'huile d'olive
    • une gousse d'ail
    • 5 g de gingembre
    • 50 g de vinaigre blanc
    • 50 g de vin blanc
    • 40 g de miel
    • un concombre
    • 8 huîtres n°3
    • 20 g de vodka
    • 150 g de beurre doux
    • 50 ml de crème liquide
    • sel et poivre

    Réhydrater les algues.

    Éplucher le concombre et tailler huit lamelles fines à l'aide de l'éplucheur ou d'une mandoline. Réserver sous un papier humide. Sélectionner les parties pleines du concombre et centrifuger (ou mixer) la partie centrale avec les pépins. Découper les morceaux de concombre en brunoise (petits cubes de 5 mm - en théorie - de côté).

    Peler l'ail et le gingembre et les tailler en bâtonnets. Les blanchir trois fois de suite en les refroidissant entre chaque blanchiment.

    Verser dans une poêle profonde ou une petite sauteuse le vin blanc et le vinaigre, les porter quelques minutes à ébulliton, puis ajouter le miel, le gingembre et l'ail. Laisser réduire de moitié avant d'ajouter la brunoise. Couvrir et laisser cuire jusqu'à évaporation, pendant environ une heure.

    Rectifier l'assaisonnement et réserver.

    Ouvrir les huîtres et récuper l'eau. L'ajouter au jus de concombre.

    Réserver les huîtres au frais.

    Blanchir puis refroidir immédiatement les lamelles de concombre. Réserver.

    Plonger les pavés de cabillaud dans un demi-litre d'eau salée pendant dix minutes. Déposer au fond de la cocotte les algues et un peu d'eau. Huiler légèrement le panier-vapeur et y déposer les pavés de poisson. Fermer la cocotte-minute et laisser cuire deux minutes à partir du sifflement de la soupape. Laisser ensuite reposer trois minutes avant de dresser.

    Faire tièdir doucement les huîtres (il ne s'agit pas de les cuire), dans l'eau qu'elles ont refaite.

    Préparer le beurre monté en chauffant le mélange jus de concombre et première eau des huîtres. Crèmer puis ajouter le beurre bien froid coupé en petits morceaux en fouettant sans cesse. Terminer par le jus de citron vert et la vodka. Émulsionner au mixer.

    Dresser l'assiette : déposer deux lamelles de concombre dans l'assiette, ajouter une huître sur chacune et recouvrir d'une autre lamelle de combre ; former une petite quenelle de chutney dans un coin de l'assiette ; placer le pavé de cabillaud au centre et l'arroser de sauce mousseuse. Servir sans attendre !

    cabillaud beurre monté.jpg

    Remarques :

    • Cette recette peut se faire avec n'importe quel poisson blanc.
    • Je sers cette recette avec un riz blanc pour profiter de la sauce...

    3 commentaires Pin it! Lien permanent
  • Mille et une saveurs siciliennes (M. LORIA - S. QUADRUPPANI)

    Imprimer Catégories : Littérature gourmande

    A la manière de l'histoire de Tristan et Iseult qui s'annonçait comme "un beau conte d'amour et de mort", voici un beau conte d'amour et de saveurs.

    Ala table de Yasmina.jpg

    "Au XIe siècle, le comte Roger Ier, noble normand qui a conquis la Sicile sur les Arabes, veut faire exécuter le prince Omar qui a comploté contre lui. Mais la soeur de ce dernier, la très belle princesse Yasmina, va tenter de le convaincre d'y renoncer en l'invitant à sa table. Sept banquets vont se succéder, chacun dédié à une forme d'amour, de l'amour maternel à l'amour parfait, en passant par l'amour pour les animaux, l'amour-amitié, l'amour courtois... Durant ces repas où l'on découvre avec le comte tous les plats de la tradition culinaire sicilienne et leur empreinte arabe, Yasmina va déployer ses charmes en livrant des récits tirés du répertoire légendaire de la Sicile ou de l'imagination des auteurs, en résonance avec une très ancienne, tragique et succulente histoire. Ponctué des interventions de Giufà, le bouffon de la tradition méditerranéenne, accompagné des recettes puisées aux meilleures sources familiales d'aujourd'hui, soutenu par une intrigue aux rebondissements surprenants, ce Mille et Une Nuits culinaire, sensuel et drôle, évoque ce moment où deux hautes civilisations se sont rencontrées pour se mélanger avec bonheur."

    "Sept histoires et cinquante recettes de Sicile au parfum d'Arabie" annonce le sous-titre. Et l'ouvrage est à la hauteurs de ce qu'il avance : sa lecture est un délice, autant littéraire que culinaire. Le couple atypique formé par le Comte et sa (potentielle) belle captive est un bonheur d'esprit, de sensualité, d'audace et... d'humour ! Et depuis le granité que Yasmina va offrir pour ouvrir les négociations, jusqu'au septième souper, celui de l'amour parfait, ce roman explore les méandres des relations homme-femme tout en passant en revue la somptueuse richesse de la cuisine sicilienne, cuisine de rencontre, cuisine de carrefour. L'histoire, plus ou moins retouchée (les auteurs l'avouent), s'entremêle à la légende dans une explosion de délices plus érudits et raffinés les uns que les autres.

    Alors quel dilemme pour choisir l'Extrait, celui qui vous donnera envie de vous plonger dans le livre tout entier... Après moult tergiversations, j'ai opté pour le deuxième souper, celui de "L'amitié aussi forte que l'amour". Au menu : "Potiron à l'aigre-doux - Sardines fourrées de pignons - Rougets à l'orange - Couscous de poisson - Stigghiola - Lapin d'Agrigente - Cheveux d'ange au miel - Petits nougats de sésame"...

    - On raconte que, voilà très longtemps, il y a avait dans la grande et très heureuse ville de Palerme, qu'Allah la conserve toujours prospère et riante, une auberge renommée pour les mets qu'on y cuisinait car ils étaient délicieux jusqu'au prodige : quiconque les mangeait, contaminé par leur bonté, se découvrait une âme bonne et généreuse...

    Yasmina marqua une pause car Roger était manifestement distrait par l'arrivée d'un premier plateau où les mets étaient disposés dans des assiettes de céramique décorées d'esquisses d'animaux, formes se dégageant à peine de l'abstraction des arabesques et pleines encore de leur énergique beauté. Se détachant nettement sur ce sobre décor, des tranches de potiron caramélisés aux fragrances vinaigrées, des sardines enroulées autour d'une farce croustillante et parfumée, des petits rougets fleurant l'orange et le laurier, et un lapin découpé mais reconstitué, dans la nudité de ses chairs nimbée d'une sauce amarante, toutcela composait un tableau riche de couleurs contrastées et d'odeurs enivrantes. Tandis que les papilles du Comte s'épanouissaient sous la caresse aigre-douce du potiron, Yasmina reprit :

    - Hassan le propriétaire de l'auberge, était un riche marchand comblé des bienfaits de la fortune, qui lui avait agrandi un domaine sur lequel poussaient toutes les richesses que Dieu offre aux hommes. [...] Il y avait aussi de grandes réserves de cette pâte sèche, pasta asciutta qu'on fabrique depuis deux cents ans près de Trabia avec de l'eau et de la farine et qu'on fait cuire dans l'eau bouillante avant de la consommer : les pâtes, en effet, sont un de ces mets que nous autres Arabes, nous nous flattons d'avoir apporté en terre italienne.

    Mais le secret du succès de la maison de Hassan se dissimulait dans ses cuisines, dans ces pièces auxquelles on accédait par une cour intérieure remplie du gargouillis des fontaines. De derrière les fenêtres voilées parvenait un brouhaha étouffé de voix et de rires féminins.

    [...] Déjà, dans son enfance, Dinah, fillette à l'oeil vert comme la pistache, au caractère doux comme l'amande, toujours prête à sourire, les mains voltigeant comme le papillon, aimait passer de longues heures à observer cequi se passait dans et autour des énormes marmites qui, nuit et jour, mijotaient dans les cuisines d'Hassan, elle fourrait son nez aux narines frémissantes dans les réserves et les coffres, et plongeait les mains dans les grands sacs pour faire courir entre ses petits doigts des ruisselets de farine ou de grains, assaillait les femmes et les frères aînés de questions.

    Devenue grande, Dinah mit en pratique tout ce qu'elle avait appris quotidiennement de ses grands-mères, mère, frères, tantes et cousines, avec des résultats surprenants. Car elle qui connaissait toutes les recettes, les règles et les traditions, ne cessait de les parfaire en les transgressant : son habileté à rapprocher des saveurs qui jusqu'alors ne s'étaient jamais mélangées, son talent pour ajouter une épice dans un plat qui l'attendait depuis mille ans, à glisser un zeste d'orange là où sa saveur s'épanouirait de manière inattendue, à laisser tomber une pépite d'ail dans un ragoût dont on se régalait jusque-là sans s'avouer qu'on le trouvait quand même un peu fade, sa hardiesse à mêler le salé et le sucré, l'aigre et le doux, la terre et la mer, rendaient ses petits plats dignes du paradis d'Allah. Dinah avait à peine commencé à mettre la main à pâte que la rumeur de son art s'était répandue dans la ville et en avait franchi les confins avec les récits des marins et des voyageurs qui, durant les longues nuits passées sous les étoiles, au bivouac ou sur le pont des navires, rappelaient avec nostalgie ces délicieux moments de bonheur gourmand.

    Maruzza LORIA, Serge QUADRUPPANI, A la table de Yasmina, 2003.

    4 commentaires Pin it! Lien permanent
  • "Et c'était comme si tout recommençait..."

    Imprimer Catégories : Blowing in the wind

    Une parole poétique

    Aimer à perdre la raison
    Aimer à n'en savoir que dire
    A n'avoir que toi d'horizon
    Et ne connaître de saisons
    Que par la douleur du partir
    Aimer à perdre la raison

    Une parole politique

    Ils se croyaient des hommes, n'étaient plus que des nombres
    Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés
    Dès que la main retombe il ne reste qu'une ombre
    Ils ne devaient jamais plus revoir un été

    Une parole prophétique

    Leur vie ils seront flics ou fonctionnaires
    De quoi attendre sans s'en faire
    Que l'heure de la retraite sonne
    Il faut savoir ce que l'on aime
    Et rentrer dans son H.L.M.
    Manger du poulet aux hormones

    Une parole lyrique

    Il faudra réapprendre à vivre
    Ensemble écrire un nouveau livre
    Redécouvrir tous les possibles
    Chaque chose enfin partagée
    Tout dans le couple va changer
    D'une manière irréversible

    Le poète a toujours raison
    Qui voit plus haut que l'horizon
    Et le futur est son royaume
    Face aux autres générations
    Je déclare avec Aragon
    La femme est l'avenir de l'homme

    Une parole prolifique
    Et c'était comme si tout recommençait

    3 commentaires Pin it! Lien permanent
  • Affamée d'amour et de meurtre...

    Imprimer Catégories : Littérature gourmande

    Il est parti ce matin
    Je ne l'ai pas retenu
    Il est parti comme un rien
    Comme si c'était entendu
    Moi, je n'y comprends plus rien
    Je me laisse mourir de faim
    Et comme je ne me sens pas bien
    De ma fenêtre, je crie sans fin

    "Allez, reviens à la maison !
    J' te ferai des crêpes aux champignons
    Allez, rentre ce soir
    Promis, je ferai tous tes devoirs"

    Il est parti hier matin
    J'ai décidé cette nuit
    Que tout en l'attendant
    J'y passerais tout mon temps
    Je ferais dans l'aviné
    Je ferais dans l'entêtement
    Aujourd'hui comme demain
    De ma fenêtre, je crierai sans fin

    Olivia RUIZ - Mathias MALZIEU

    Découvrez la playlist Olivia RUIZ avec Olivia Ruiz

    5 commentaires Pin it! Lien permanent
  • The Big Easy ou "Poulet cajun"

    Imprimer Catégories : Viandes

    Il fut un temps où Dennis QUAID faisait de grands films. C'était dans cette période lointaine qu'on appelait les années quatre-vingts et il était même marié à l'époque à une Meg RYAN absolument adorable (c'était avant la découverte par cette dernière du botox et autres accessoires d'un même ordre...). C'était l'époque où Dennis QUAID faisait des films un peu à côté des grosses machines, ainsi Mort à l'arrivée (D.O.A.), l'histoire d'un prof d'université qui se présente au commissariat de sa ville en annonçant qu'il est en train de mourir et qu'il a été assassiné ou encore L'Aventure intérieure (Innerspace), les aventures d'un militaire qui accepte de "servir la science" en se faisant miniaturiser pour être injecté dans le corps d'un lapin...

    Mais j'avoue que parmi tous ces films, je garde une grande tendresse pour The Big Easy, absurdement traduit Le Flic de mon coeur en français. Il faut dire que la relation entre le lieutenant Mc Swain (Dennis QUAID) et le procureur Osborne (Ellen BARKIN) était... incandescente ! Et la chaleur moite de la Nouvelle Orléans n'y était pas pour rien...

    Tout ça pour dire que lorsque je me suis retrouvée à débarquer en Louisiane, les chastes images de Louisiane, de Maurice DENUZIERE, cohabitaient joyeusement avec celles - un peu moins chastes - du film de Jim Mc Bride...

    J'ai TOUT adoré en Louisiane : les paysages, les odeurs, les ambiances et... la nourriture ! Du Po'boy au jambalaya, des écrevisses au mint julep, et puis les "Bonjour la France !" lancés à chacune de nos arrivées quelque part ! Alors, en souvenir de tout ça, et parce que j'avais envie de poulet simplement grillé, mais en mieux, et puis que j'avais acheté des épices cajun, voici donc le :

    POULET CAJUN

    Pour 4, il faut :

    • 4 cuisses et avant-cuisses de poulet
    • le jus d'un citron vert
    • 4 cuillères à soupe d'huile
    • des épices à noircir (ou épices cajun)

    Mélanger dans un plat le citron et l'huile.

    Y plonger les morceaux de poulet. Les saupoudrer d'épices à noircir et bien les tourner et retourner afin qu'ils s'imbibent.

    Laisser mariner une bonne heure.

    Enfourner en position grill pendant une trentaine de minutes.

    Servir avec ce que vous voulez !

    Poulet cajun.jpg

    Remarques :

    • Pour rester dans le léger, j'avais choisi des endives braisées en accompagnement. Les enfants ont préféré la semoule...
    • Mais le "classique" eut été du riz, bien sûr...

    Après de nombreuses (et vaines) recherches, j'ai trouvé la bande annonce du film ici.

    5 commentaires Pin it! Lien permanent
  • Un travail de kiwi (J.A. SANDOVAL)

    Imprimer Catégories : Littérature gourmande

    Frappadingue, c'est le mot qui vient en lisant ce livre :

    Oasis dans le Pacifique.jpg

    "Quelle famille ! Don Pepe Topete, le père, jamais à court d'idées toutes plus catastrophiques les unes que les autres, invente des combines les plus folles, pour offrir à sa famille une vie décente. Dernière en date : émigrer dans un nouveau pays, que personne ne connaît, dans une région indéterminée, mais où la vie sera douce et facile pour tous. Pepe junior ne doute jamais de son père et c'est avec enthousiasme qu'il s'embarque dans l'aventure..."

    Ce roman a toute la folie baroque de la littérature sud-américaine. Une histoire abracadabrante (voire abracandabrantesque !), des personnages complètement allumés, un réalisme somme toute très relatif, la lecture de cette Oasis dans le Pacifique est à la fois tragique et hilarante. On frôle le non-sens en permanence, on baigne dans une atmosphère de douce folie, et le tout est relayé par une narration à la fois distanciée et faussement naïve. Bien sûr, on pourra reprocher à ce roman quelques longueurs, une tendance parfois à lâcher un peu trop la bride aux personnages certes pittoresques, mais néanmoins, on passe un bon moment avec la famille Topete. Ainsi ce nouvel emploi proposé au père de famille, Pepe Topete, qui a été licencié du précédent pour avoir tenté d'imposer sa peinture comestible, laquelle a provoqué un gigantesque carnage routier...

    Le lendemain, mon père s'est rendu à l'entretien d'embauche, et notre vie a pu alors reprendre un train normal, nous étions comme n'importe quelle famille : un papa chéri travailleur qui nourrit sa femme au foyer si aimante avec ses deux héritiers si affectueux. A ce moment-là, m'est venue à l'esprit l'image de ma famille en train de courir à travers un joli champ des Alpes suisses, chacun immensément gros et heureux (malgré les artères bouchées de cholestérol). Je sais que ce n'est pas la meilleure image du bonheur qui soit, mais bon, mon cerveau est un endroit assez déconcertant quand il s'agit de laisser libre cours à l'imagination.

    Cependant, en réalité, il y a eu un détail minime, une de ces petites entraves qui séparent toujours ma famille du bonheur et l'obligent à rester dans le domaine du ridicule. C'était, en l'occurrence, le type de travail que mon père devait faire.

    - Tu vas faire quoi ? a demandé ma mère effrayée.

    - Un kiwi, c'est un travail de kiwi dans le supermarché... a avoué mon père en revenant à la maison. [...]

    - D'accord... il s'agit peut-être d'une tactique pour rendre les fruits plus attrayants aux enfants, a dit ma mère en soulignant le côté positif de l'affaire.

    - Mais, Aurélia, tu crois vraiment que je vais m'habiller en légume et que je vais danser avec les enfants que je croise ? a demandé mon père offensé.

    - Le kiwi n'est pas un légume, Pepe, c'est un fruit, l'a corrigé ma mère, prête à défendre ce travail qui nous donnerait à manger. [...]

    - Je suppose que tu as refusé ce travail, n'est-ce pas, papa ? a demandé Flora avec une légère nuance tragique dans la voix.

    - Oui, au début... mais après j'ai pensé aux problèmes qu'on a... et alors... j'ai été obligé de l'accepter, a-t-il reconnu honteux.

    En voyant la surprise sur nos visages, il a aussitôt ajouté :

    - Je n'avais pas le choix et en plus, c'est eux qui procurent le déguisement.

    Il a alors sorti de sa sacoche son costume de kiwi : une énorme peau de peluche marron avec un visage souriant, un maillot vert et des babouches jaunes.

    Cela a balayé le peu de dignité qui restait dans notre famille.

    - Je ne veux même pas imaginer l'impact psychologique que cela va avoir pour le reste de ma vie, a dit Flora en s'imaginant, à n'en pas douter, dans un hôpital psychiatrique (où, d'après moi, elle finira tôt ou tard). [...]

    - Bon, le kiwi est très nourrissant, a dit ma mère dans une tentative de rendre le traumatisme moins douloureux.

    Au début, nous avions peur d'aller voir notre père, mais ç'a été un soulagement d'apprendre qu'il n'était pas la seule personne déguisée au rayon "primeurs" : il y était en compagnie d'une anone, d'une cacahuète, d'une aubergine et d'une poire, toutes de peluche. Son emploi du temps fruitier était épuisant : de dix heures du matin jusqu'à six heures du soir, et son seul jour de libre était le mardi, journée pendant laquelle il s'employait à dormir et à récupérer les litres de sueur qu'il avait produits dans les entrailles du kiwi mutant.

    Personne dans la famille ne s'est jamais moqué du travail de mon père, surtout quand il a commencé à rapporter de l'argent à la maison, et avec son petit salaire, nous avons repris une vie plus ou moins normale, les services dans l'appartement ont été rétablis, nous mangions des aliments non périmés et ma mère a réglé le premier paiement pour une nouvelle machine à laver.

    Jaime Alfonso SANDOVAL, Oasis dans le Pacifique, 2009.

    0 commentaire Pin it! Lien permanent
  • Et... quelle est l'histoire de cette recette ? Spaghettis aux gambas

    Imprimer Catégories : Pâtes, riz, etc...

    Drôle de titre, allez-vous penser, mais c'est simplement une référence à l'émission de lundi soir : TOP CHEF, sur M6. C'était la phrase-qui-tue des grands chefs face à une assiette dont ils ne savaient trop quoi penser : " Alors, pourriez-vous m'en dire plus sur l"histoire de cette recette ?"

    Il y avait aussi : "Est-ce que vous assumez ce plat ?" et là, très vite, les plus affûtés ont compris qu"il fallait répondre : OUI !

    Comprenez : d'accord, mon plat est tout à fait quelconque mais c'est une part de moi ; OUI, je revendique la Saint-Jacques mal cuite, OUI, je revendique le foie gras que je mets à toutes les sauces histoire de faire "luxe", OUI au parmesan partout et OUI, surtout, à l'asiatisation tendance de TOUS les plats, ou presque ! C'était à qui mettrait du gingembre, du mirin, de la sauce soja, des makis ou encore des tempuras (faites avec une pâte à beignets tout ce qu'il y a de franchouillard !) partout.

    N'allez pas imaginer que je n'ai pas aimé cette émission, au contraire, je l'ai trouvée plutôt plaisante et je l'ai regardée jusqu'à la fin (fait rare qu'il convient de souligner...), mais force est de constater qu'elle était un parfait instantané de l'état de notre cuisine actuelle : plein de chefs "à domicile" qui proposaient une "cuisine tendance", du produit qui en jette, de la présentation esthétisante et... un formatage certain de chacun !

    Comment ne pas sourire - jaune- en entendant un jeune "chef" vous expliquer que si sa viande est dure, c'est qu'il est difficile de trouver de bons bouchers ? Un autre s'énerver de se voir reprocher de ne pas utiliser de produits de saison ("Comment je pouvais savoir qu'il n'y a pas de champignons en hiver ?" - sic) ? On cuisine désormais comme on ferait une démonstration bien rôdée : technique, mais sans ce petit "supplément d'âme" comme dirait Michel BERGER, "cet indéfinissable charme", "cette petite flamme"... toutes ces choses que semblent rechercher le quatuor de chefs venus là les juger...

    Alors, pour rester dans l'esprit, je dirais que l'histoire de cette recette (hormis le fait qu'elle est un parfait exemple de cuisine du placard improvisée à midi moins dix), c'est... un hommage à mes racines asiatiques (si, si, j'adore les produits Shiseido, les sushis et les estampes japonaises !) mêlée à celles de mon époux du Sud : crevettes au sel et huile d'olive ! On y croit presque, non ? Et OUI, j'assume cette recette et ces gambas tout justes cuites à point qui nous ont fait nous lécher les doigts ! Voici donc les :

    SPAGHETTIS AUX GAMBAS

    Pour 4, il faut :

    • 800 g de queues de gambas
    • 300 g de spaghettis
    • 4 gousses d'ail
    • une poignée de gros sel
    • de l"huile d'olive
    • du poivre
    • des herbes diverses

    Faire chauffer un grand faitoût plein d'eau salée pour les pâtes.

    Éplucher et tailler en petits dés les gousses d'ail.

    Décortiquer les gambas afin d'enlever la tête.

    Pendant que les pâtes cuisent, faire chauffer une poêle à bord haut et y jeter une poignée de gros sel. Lorsqu'il crépite, ajouter l'ail et les gambas. Remuer sans arrêt.

    Au bout de deux minutes, arroser d'un trait d'huile d'olive et continuer à mélanger.

    Lorsque les gambas sont cuites (moins de cinq minutes), ajouter les spaghettis, un filet d'huile et laisser reposer pendant deux minutes.

    Saupoudrer d'herbes fraîches et servir sans attendre.

    Le Grand-Bornand 020.jpg

    Remarques :

    • Bien sûr que c'est enfantin, mais depuis quand faut-il faire compliqué pour être délicieux ?
    • Des gambas tout justes décongelées font parfaitement l'affaire...

    8 commentaires Pin it! Lien permanent