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Ma Cuisine rouge - Page 15

  • Salade de chou à l'asiatique

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    Me voici de retour dans des contrées plus plates et moins enneigées. Avec pour fêter ce retour une recette tout sauf festive, mais qui a le mérite, d'une part d'être très rapide à faire, de l'autre de plaire au plus grand nombre. Et de faire manger du chou ! Voici donc la :

    SALADE DE CHOU A "L'ASIATIQUE"

    Pour 4, il faut :

    • un chou blanc
    • 4 cuillères à soupe de sauce soja
    • 2 cuillères à soupe d'huile de colza
    • 2 cuillères à soupe d'huile de sésame
    • 2 cuillères à soupe de citron
    • une poignée de pignons
    • une poignée d'olives noires

    Laver et émincer le chou.

    Préparer la vinaigrette en mélangeant le citron, la sauce soja et les deux huiles. Verser cette sauce sur le chou et bien mélanger.

    Ajouter les pignons et les olives coupées en petits morceaux.

    Laisser reposer au frais deux heures minimum.

    Salade chou-olive-pignons.jpg

    Remarques :

    • La photo est celle de mon premier essai : chou trop épais, olives pas assez découpées, j'ai fait mieux depuis !
    • Plus cela macère, meilleur c'est ! N'hésitez pas à "l'oublier" la veille au réfrigérateur...
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  • La soupe "des Biches"

    Imprimer Catégories : Légumes

    Ah, ah, le titre énigmatique que voilà ! Quelles biches, allez-vous dire ? Eh bien, celles du film de Claude CHABROL, sorti en 1968.

    Mais pourquoi Chabrol, allez-vous alors vous enquérir ?

    Tout simplement parce que j'ai découvert un livre tout à fait original qui lui a été consacré : Chabrol se met à table, de Laurent BOURDON.

    Chabrol se met à table.jpg

    "Truffée d'anecdotes recueillies derrière la caméra, cette étude, précise autant qu'amusante des cinquante-sept films du cinéaste, est l'occasion d'une découverte de son oeuvre côté cuisine. Cinquante années de balade gourmande sur grand écran. Du pâté de la mère Chaunier dans Le Beau Serge à la pintade au chou de Bellamy en passant par le ragoût de mouton que Que la bête meure, le fricandeau à l'oseille des Fantômes du chapelier et la lamproie à la bordelaise de La Fleur du mal, l'appétit vient en lisant !"

    Cinéma et littérature, le mariage ne pouvait que me plaire ! Et il m'a plu. Pourtant, je l'avoue, je ne suis guère familière du cinéma de Claude Chabrol. Trop étiqueté pour moi "Nouvelle vague" puis "ex-nouvelle vague" ! Néanmoins, je reconnais que plonger dans son univers culino-cinématographique m'a donné envie de plonger dans son univers tout court. Ainsi cet extrait d'entretien au début du livre :

    Laurent Bourdon : Quelle est la véritable signification de la nourriture dans vos films ?

    Claude Chabrol : C'est tout simple : Si les personnages ne mangent pas... ils meurent ! Donc, je les fais manger. Et puis, c'est un moment particulier, car c'est à table que l'on ment le plus mal. Difficle de mentir la bouche pleine, donc, évidemment, les masques tombent, le vernis craque, le naturel reprend le dessus, appelez ça comme vous voudrez, mais ces moments passés autour d'une table permettent un certain relâchement tout à fait propice à la dramaturgie. [...] c'est vrai que j'aime ces scènes qui mettent véritablement à nu les personnages. Il faut retirer son masque pour manger !

    Mais revenons à notre soupe. Rien de bien extraordinaire ni de très innovateur, mais une simplicité de bon aloi. J'ai ajouté ma touche personnelle en faisant revenir quelques graines de courge et en supprimant la crème fraîche (le lait et le beurre suffisaient...). Voici donc la :

    SOUPE DES "BICHES"

    Pour 4, il faut :

    • un kilo de potiron
    • 50 g de beurre
    • 50 cl de lait
    • 50 cl de bouillon de volaille
    • 2 pommes de terre farineuses
    • une cuillère à café de sucre semoule
    • des graines de courge
    • une cuillère à soupe d'huile de sésame
    • sel et poivre

    Éplucher le potiron et couper la pulpe en gros dés de trois centimètres environ.

    Faire fondre le beurre dans une cocotte et y faire revenir les dés de potiron sur feu doux. Saupoudrer de sucre semoule, saler et poivrer. Couvrir et laisser étuver à feu doux pendant cinq minutes.

    Faire chauffer séparemment le lait et le bouillon de volaille. Peler les pommes de terre, les laver, les épongeret les couper en dés.

    Verser le lait puis le bouillon dans la cocotte avant d'ajouter les pommes de terre et de laisser cuire une heure à couvert sur feu doux.

    Mixer le tout et assaisonner à nouveau si besoin.

    Dans une poêle, faire revenir des graines de courge avec un peu d'huile de sésame.

    Servir la soupe saupoudrée de graines.

    Soupe potiron.jpg

    Remarques :

    • Pour la petite histoire, dans le film, la fameuse soupe est immangeable, car "trafiquée"...
    • Je craignais un peu sa "richesse", mais elle est juste veloutée comme il faut !

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  • Alzabane, l'oiseau de la lune (J-S. BLANCK)

    Imprimer Catégories : Ma Bibliothèque... verte !

    Ce livre-là, c'est comme un Finger : on aurait aimé qu'il soit plus grand !

    Alzabane.jpg

    "Aux origines de la Terre, cette dernière n'était peuplée que d'oiseaux étranges et de toutes races. Elle n'était tout juste qu'une planète de gaz, un globe aérien sans jour ni nuit. Dans les profondeurs vivaient les plus petites races. Plus haut vivaient des espèces au corps translucide. Et plus haut, des oiseaux-bulles... Mais un jour naquit Alzabane, un oiseau de petite race. Percuté par un vieil oiseau, ce dernier fut entraîné vers les profondeurs de la Terre. Alors apparut la Lune !"

    Quand je dis plus grand, je veux signifier que la beauté des images aurait mérité d'être affichée sur un plus grand format afin de mieux la savourer. Il s'agit d'un conte, un récit des origines, destinés aux enfants de huit-dix ans. L'histoire est juste et poétique, aux frontières du rêve et de réalité, et c'est le prétexte à lire à la fois un récit de création du monde et un conte onirique. Magique.

    Rien ne bougeait. Tout était fixé. Les étoiles, qui tremblaient et s'agitaient dans le ciel de la terre, ne scintillaient plus. La nuit et le vide sidéral les avaient figées. [...]

    En maître absolu, le grand Cosmos faisait régner le silence, la nuit et l'immobilité. Comme les étoiles, le Soleil et la Lune y obéissaient. Alzabane, lui, désobéissait à cette grande loi de l'Eternel. Mais il osa continuer son vol vers la Lune, si irrésistiblement belle.

    Jean-Sébastien BLANCK, Alzabane l'oiseau de la Lune, 2007

    Le site des éditions Alzabane.

    Lu dans le cadre de l'opération Masse critique de Babélio.

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  • Poule au riz à l'Espagnole (blanqueta de gallina)

    Imprimer Catégories : Viandes

    J'ai déjà eu à maintes reprises l'occasion de vous parler des produits de mon AMAP, les Bios de Feuilly. Après les légumes, les fruits, le pain et le miel, nous avons depuis quelques mois la possibilité d'acheter des oeufs. Un vrai bonheur ! Pondus du jour, savoureux, grandissant un peu plus à chaque livraison, on ne s'en lasse pas. Et comme les poules sont renouvelées, nous avons l'occasion, pour un prix ultra modique, de nous procurer des poules. J'entends par là des poules prêtes à être dégustées, non le gallinacée à faire courir dans son jardin...

    Ce qui a donné lieu à un débat sérieux à la maison.

    "Mais pourquoi tu as acheté ça ? Moi, je te préviens, la poule au pot, j'ai jamais aimé ! En plus, y a rien à manger, sur une poule !

    - Alors premièrement, une poule, ce n'est pas cher ! Deuxièmement, tu as dû rester sur tes préjugés de vieille poule mangée une fois et complètement sénile, donc immangeable. Enfin, une poule, ça permet de faire du bouillon et là, ah ah ! tu n'as rien à dire !"

    C'est ainsi que j'ai fait ma première poule cuisinée - réactions mitigées de ceux qui ne voulaient pas avouer que finalement, bon, ce n'était peut-être pas si... - et obtenu en plus un bouillon à tomber que j'ai congelé et réutilé pour faire des ravioles.

    Quant à la recette... Histoire de faire diversion, je n'ai pas fait de poule au pot : j'ai fait une poule au riz, nuance. Je suis allée feuilleter mes livres de cuisine et c'est celui de Simone ORTEGA qui a eu ma préférence : 1080 recettes, la version espagnole de la bible italienne, La Cuillère d'argent. voici donc la :

    POULE AU RIZ "A L'ESPAGNOLE"

    Pour 4, il faut :

    • une poule
    • une feuille de laurier
    • un petit oignon piquéde trois clous de girofle
    • 2 carottes coupées en rondelles
    • 5 cuillères à soupe de vin blanc
    • 500 g de riz
    • 80 g de beurre
    • 2 cuillères à soupe d'huile
    • une cuillère à soupe et demi de farine
    • 25 cl  de lait
    • 2 jaunes d'oeuf
    • le jus d'un demi-citron
    • une cuillère à soupe de persil ciselé
    • du sel

    Mettre la poule dans une casserole et la couvrir d'eau. Ajouter le laurier, l'oignon, les carottes, le vin blanc et une petite poignée de sel. Porter à ébulltion, écumer éventuellement, puis cuire à feu doux (léger frémissement) pendant une heure et demie à deux heures.

    Réserver la poule et filtrer le bouillon.

    Cuire le riz.

    Dans une casserole, faire fondre 25 g de beurre avec l'huile et incorporer la farine. Cuire deux minutes en roux blanc et verser peu à peu le lait et le bouillon mêlés.

    Dans un bol, battre les jeunes d'oeufs avec le citron, verser un peu de sauce pour lier et ajouter au reste de la casserole. Parsemer de persil et saler à son goût. Retirer du feu.

    Faire revenir le riz dans le beurre restant, puis le dresser, avec la poule découpée. Napper de sauce (mais en garder pour en rajouter individuellement...) et servir sans attendre.

    poule au riz.jpg

    Remarques :

    • C'est excellent, quoi qu'en disent certains !
    • Et il reste plein de bouillon...
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  • Pavé de cabillaud "cuisson sous vide"

    Imprimer Catégories : Poissons

    Pour ce dernier Noël, j'ai eu la chance de trouver dans mes petits souliers le dernier livre d'Anne-Sophie PIC, Recettes pour tous les jours. Je vous avais déjà parlé de ma journée de cuisine dans son école (Scook), de quelques unes des recettes réalisées et surtout refaites à la maison (Suprèmes de pigeon, Soufflé au Grand-Marnier), je me suis replongée avec délice dans son univers.

    Et une remarque s'impose : quoi réalisées avec la maestria d'un grand chef, il s'agit vraiment de recettes du quotidien : gratin de ravioles, brioche et pâte à tartiner... tout est appétissant et (semble) abordable. D'emblée une recette m'a fait de l'oeil : un poisson cuisiné "sous vide" avec les moyens du bord. Ayant déjà tâté de la cuisson à la vapeur d'algue de la même maison, j'étais impatiente de tester l'autre.

    C'est ainsi que j'ai cuisiné des pavés de cabillaud. Voici donc les :

    PAVES DE CABILLAUD CUISSON "SOUS VIDE"

    Pour 4, il faut :

    • 4 beaux pavés de cabillaud
    • un peu d'huile d'olive
    • quelques pistils de safran
    • une poignée de gros sel
    • des sacs congélation à zip

    Verser de l'eau dans un saladier et y dissoudre le gros sel. Laisser tremper le poisson une dizaine de minutes.

    Égoutter les pavés et les glisser un sac plastique. Verser un filet d'huile et saupoudrer de quelques pistils de safran.

    Immerger dans un récipient d'eau les sacs laissés ouvert en veillant à ce que le vide se fasse jusqu'en haut. Zipper les sacs lorsque le vide s'est réalisé.

    Porter une casserole d'eau à ébullition. Arrêter le feu et immerger les poissons pendant trois minutes. Les sortir et les laisser reposer dix minutes avant de les servir, avec un riz à l'espagnole, par exemple.

    pavé de cabillaud cuisson sous vide.jpg

    Remarques :

    • Le trempage dans l'eau saumurée permet de donner davantage de tenue au poisson.
    • Cette cuisson fait ressortir les arômes du poisson et... ne laisse pas d'odeur !
    • En plus elle est ultra light !

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  • Coeur de veau braisé

    Imprimer Catégories : Viandes

    Je l'avoue, j'ai une faiblesse pour les mets mal aimés. Les abats en particulier. Et le coeur notamment. Même si mon affection pour les autres abats n'est plus à prouver (rappelez-vous les rognons...).

    C'est pourquoi ce matin lorsque j'ai découvert un superbe coeur de veau sur l'étal de mon boucher, mon sang n'a fait qu'un tour et, sur le champ, je l'a embarqué ! Quant à l'accommodement... Je me suis inspirée d'une recette d'ELLE A TABLE dont j'ai modifié les quantités en fonction de mon placard. Voici donc le :

    COEUR DE VEAU BRAISE

    Pour 4, il faut :

    • un coeur de veau d'un kilo environ
    • 3 carottes
    • une dizaine de petits oignons
    • 50 g de beurre
    • une cuillère à soupe d'huile
    • 30 cl de vin blanc
    • un dl de bouillon de volaille
    • un bouquet garni
    • 3 gousses d'ail
    • sel et poivre
    Ficeler les coeurs.

    Dans une grande cocotte, les faire revenir doucement dans un mélange huile-beurre puis ajouter les oignons épluchés et laisser colorer.

    Ajouter les carottes coupées en rondelles et laisser dorer.

    Ajouter le bouquet garni, l'ail, le sel et le poivre.

    Mouiller avec le vin blanc et le bouillon. Couvrir et laisser cuire une bonne heure.

    COEUR DE VEAU braisé.jpg

    Remarques :

    • C'est absolument délicieux, d'une grande tendreté, et le bouillon de cuisson peut resservir, en soupe par exemple !
    • Éventuellement, demandez à votre boucher de le ficeler, vous gagnerez du temps...
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  • Solo (L. MIANO)

    Imprimer Catégories : Littérature gourmande

    En ces temps pour le moins enneigés, il m'a semblé assez récorfortant de se souvenir qu'il existe des contrées où la terre est rouge, la poussirèe omniprésente et le soleil brûlant. C'est tout naturellement le petit ouvrage de Léonora MIANO qui s'est rappelé à mon souvenir.

    Soulfood équatoriale.jpg

    "En nous faisant humer et palper une pierre à écraser imprégnée de senteurs qu elle utilise pour broyer le gingembre et les crevettes séchées, Léonora Miano nous conduit jusqu aux rivages du Cameroun. Dans ce pays marqué par sa culture culinaire puisqu il doit son nom aux écrevisses (camarones) qui pullulaient à l embouchure de son fleuve, mets et mots se chargent d une poésie toute particulière. Le jazz devient sauce tomate glissée dans les sandwichs saxophones, les beignets haricots remplissent l âme, une morue bien cuisinée devient juge d une rivalité amoureuse, et même des sauterelles deviennent d inoubliables festins... Ce texte d une grande densité nous livre avec bonheur légendes intemporelles et saynètes prises sur le vif."

    La collection "Exquis d'écrivain", vous la connaissez, je vous en ai déjà parlé : Chantal PELLETIER et ses Voyages en gourmandises, Dominique SYLVAIN et ses Régals du Japon et d'ailleurs,  Martin WINCKLER et son A ma bouche, chacun a à sa manière célébré son rapport à la nourriture. Mais très intéressant est l'opus que nous propose Léonora MIANO, Soulfood équatoriale.

    C'est le nom d'une gargotte à Douala qui donne son titre à cet ouvrage oùl'auteur mêle souvenirs d'enfance, légendes anciennes et analyses de la vie quotidienne au Cameroun aujourd'hui. Elle raconte admirablement, avec une langue sensuelle et précise mais aussi une vraie érudition, l'évolution de l'alimentation en Afrique et la manière dont l'esclavage a su essaimer à travers la nourriture. "La soulfood prend donc ses racines dans la période de l'esclavage étasunien, en devenant un des tous premiers éléments du métissage entre des peuples appelés à vivre ensemble. De fait."

    Qui croirait qu'en un si petit livre foisonnent autant d'histoires ? Il m'a été difficile d'en choisir une, mais cependant j'ai fini par m'arrêter sur "Solo", l'histoire de Florence et de ses amoureux. Elle est belle, désirée, et a mis ses deux prétendants au défi de lui concocter son plat préféré, le solo, de la morue dessalée, puis frite et mêlée à de la sauce tomate. Un vrai challenge que Jules et Hervé vont tenter de relever...

    SOLO

    Une fois la recette de base maîtrisée, il y avait différentes manières d'accommoder la morue salée. Du point de vue de la belle, certaines dénaturaient le poisson, parce que les ingrédients ajoutés avaient trop d'épaisseur. On pouvait souhaiter donner plus de caractère au solo, mais il avait déjà le sien, et il fallait le respecter.

    Il n'y avait qu'à regarder pour voir en quoi les deux préparations différaient l'une de l'autre. Aucun des jeunes hommes ne s'en était tenu au solo basique, qui avait la préférence de Florence. Elle aimait qu'ils se soient donné du mal pour faire quelque chose d'original, tout en déplorant que la finesse d'un plat préparé avec peu de choses leur échappe.

    Le solo avait une sorte de grâce, à déployer sa chair fine sous un filet d'huile rougie par la tomate. Les oignons ayant fondu, les épices s'étant diluées, le poisson régnait comme il se devait sur le rivage, le reste ne venant que confirmer sa souveraineté.

    Hervé avait mis des pistaches écrasées dans sa sauce, ce qui l'alourdissait, la rendant aussi plus grasse. C'était la sauce d'un homme qui voulait vous river au sol, limiter vos mouvements. Son amour ne pouvait qu'être inquiet, et Florence ne voulait pas passer son temps à le rassurer.

    Il ne lui fut pas possible de dire immédiatement ce que Jules avait apporté à la préparation originale. sans y avoir goûté, tout ce qu'on pouvait dire c'était qu'il y avait un élément de plus, mais cela restait mystérieux. Était-ce seulement un peu plus de tomate fraîche que l'usage n'en réclamait ? Une larme d'huile de palme non blanchie ? L'ingrédient mystérieux ne signalait sa présence que par un semblant de consistance suppémentaire, conféré à la sauce.

    La curiosité eut raison du flegme de Florence, la conduisant à goûter le plat de Jules. Les deux garçons suivirent sa main du regard, exhalant tous deux un même soupir, sans toutefois en partager le motif. Ils firent de ce geste la lecture  qu'on peut imaginer. Il était évident que l'un d'eux venait de marquer des points.

    La jeune fille avait des papilles entraînées. Elle reconnut chaque élément ayant contribué à la composition de la sauce. Oignon, ail, ,soupçon de gingembre parfaitement écrasé dont on ne sentait pas les fibres, piment trempé entier peu avant la fin de la cuisson pour qu'il n'éclate pas et ne laisse que son parfum... Puis, la clé du mystère : pas plus d'une demi-aubergine. Le supplément de tomate fraîche avait pour but d'en atténuer l'amertume.

    C'était un choix risqué. Les nginge - car tel était le nom sawa de ces aubergines africaines connues pour leur saveur puissante - étaient loin d'être appréciées de tous. Chercher à conquérir une femme en lui proposant leur amertume, c'était avoir l'audace de ne pas lui promettre plus qu'on ne pouvait offrir. Lui dire qu'on pouvait avoir des moments d'aigreur, c'était normal, qu'on saurait se faire pardonner.

    La quête du pardon pour les blessures non encore infligées était dans ce qui accompagnait l'aubergine sans la masquer. Le goût légèrement sucré du concentré de tomate. La douceur des tomates fraîches. Le sel du solo qui s'était diffusé dans la sauce.

    Tout ce que Jules avait choisi d'intégrer au plat parlait de la vie, à la fois telle qu'elle était et telle qu'on la rêvait.

    Léonora MIANO, Soulfood équatoriale, 2009.

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  • Galette (des rois) à la frangipane

    Imprimer Catégories : Desserts

    D'accord, d'accord, je ne suis pas tout à fait à l'heure...

    D'accord, d'accord, l'Epiphanie, c'était dimanche ! Mais bon, je ne peux pas ET faire la galette ET la poster le même jour ! Sinon ma crédibilité de "je teste toutes les recettes que je propose" en prendrait un sacré coup !

    En même temps, c'eut été dommage de ne pas vous la présenter, cette galette... Car j'ai changé ma traditionnelle recette pour lui apporter davantage de moelleux, de fondant, de... tout meilleur, quoi !

    Voici donc la :

    GALETTE A LA FRANGIPANE

    Pour 8, il faut :

    • 2 pâtes feuilletées (vous savez bien chez qui elles sont excellentes...)
    • 100 g d'amande en poudre
    • 125 g de sucre blond
    • 100 g de beurre ramolli
    • 4 oeufs
    • un bouchon de rhum
    • 20 g de maïzena
    • 25 cl de lait entier

    Préparer la crème pâtissière : faire bouillir le lait avec 25 g de sucre ; mélanger deux jaunes d'oeufs et la maïzena ; verser petit à petit le lait sur les oeufs puis remettre sur le feu le temps de voir la crème épaissir. Réserver au frais.

    Préparer la crème d'amande : battre ensemble le beurre, 100 g de sucre et la poudre d'amande ; ajouter un oeuf entier et un bouchon de rhum et continuer à mélanger pour bien incorporer tous les ingrédients.

    Préparer la frangipane en mélangeant la crème pâtissière et la crème d'amande pour obtenir une crème la plus onctueuse possible.

    Préchauffer le four à 210°.

    Étaler la première pâte feuilletée. Déposer la crème en laissant deux centimètres sur les bords. Badigeonner les bords de blanc d'oeuf et poser la seconde pâte feuilletée. Bien souder les bords (après avoir caché la fève).

    Battre un jaune d'oeuf et l'étaler sur la galette. Percer un trou pour laisser s'échapper l'air et enfourner pour une quarantaine de minutes. A mi-cuisson, repasser de l'oeuf battu pour bien dorer.

    Servir tiède ou froid.

    galette frangipane.jpg

    Remarques :

    • Je vous mets quand même le lien vers mon ancienne recette, plus rapide et plus facile ici.
    • La galette, ça peut se manger TOUT janvier !
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  • Velouté d'huîtres tiède

    Imprimer Catégories : Apéritif

    Pour finir cette année 2009 sur une note raffinée, je vous propose pour ce soir cet amuse-bouche (qui peut devenir entrée si vous augmentez les quantités) ultra simple à réaliser, sachant se réserver au réfrigérateur en attendant son heure, et qui ravira les amateurs d'huîtres comme les autres, ceux qui craignent "la texture" de l'huître crue. Ici, elle est pochée mais a gardé son goût iodé. Voici donc le :

    VELOUTE D'HUÎTRES TIEDE

    Pour 6 verrines, il faut :

    • 12 huîtres (les numéros trois sont parfaites)
    • un poireau
    • 30 g de beurre
    • 4 cuillères à soupe de vin blanc
    • 6 cuillères à soupe de crème fraîche

    Ouvrir les huîtres et récupérer le jus.

    Filtrer le jus et y mettre les huîtres. Faire chauffer doucement dans une casserole et arrêter dès que pointe l'ébullition.

    Égoutter les huîtres et réserver le jus.

    Laver et émincer un poireau. Le faire suer sans colorer dans le beurre pendant quelques minutes en remuant sans arrêt. Verser le vin blanc et laisser réduire. Lorsqu'il n'y en a presque plus, ajouter cette préparation au jus d'huître ; verser la crème fraîche, 6 huîtres et mixer finement le tout.

    Passer la préparation obtenue au chinois et la réserver en attendant le service.

    Déposer au fond d'une verrine (ou d'une flûte à champagne, pour faire festif) une huître et verser le velouté préalablement tiédi. Déguster...

    Velouté d'huître tiède.jpg

    Je vous souhaite une excellente fin d'année 2009 et plein de bonnes choses pour 2010 !

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  • Croustillants de volaille aux fruits secs

    Imprimer Catégories : Viandes

    Noël est passé, la dinde est restée.

    Oh, ne voyez pas ici du mauvais esprit de ma part, je voulais simplifier signifier qu'après toutes les agapes, il arrive que parfois certaines choses restent un peu plus que les autres...

    C'est ainsi que je me suis retrouvée avec une carcasse de dinde encore bien replète. Et qu'après deux repas faussement enjoués, "oh, si on mangeait un peu de dinde ?", les bonnes volontés manquaient.

    D'où ma feinte toute orientale : découper la dinde en petits morceaux, ajouter des fruits secs et quelques épices, et enfermer le tout dans des feuilles de brick. Le tour était joué ! Voici donc les :

    CROUSTILLANTS DE VOLAILLE AUX FRUITS SECS

    Pour 4, il faut :

    • 300 g de volaille
    • 90 g de pruneaux
    • 90 g de raisins secs
    • 60 g de pignon
    • 50 g de beurre demi-sel
    • Raz-el-hanout, cumin, cannelle
    • 8 feuilles de brick

    Couper en petits morceaux les pruneaux.

    Dans une poêle, faire fondre 25 g de beurre et faire revenir les pruneaux, les raisins secs et les pignons jusqu'à ce que ces derniers dorent.

    Couper les morceaux de volaille en petits dés (ou à peu près...). et les ajouter à la préparation. Laisser les ingrédients se mêler en remuant sans cesse durant cinq minutes, puis saupoudrer d'un peu de raz-el-hanout, de cumin et de cannelle.

    Laisser tièdir.

    Préchauffer le four à 180°.

    Couper les feuilles de brick en deux et les graisser rapidement au beurre fondu restant. Puis replier la demi-feuille dans le sens de la longueur et déposer une bonne cuillerée à café de farce. La replier afin de former un triangle et continuer pour fermer.

    Enfourner les samoussas ainsi formés et laisser cuire une dizaine de minutes. Servir sans attendre.

    Croustillants volaille fruits secs.jpg
    Remarques :
    • La recette s'inspire de celle du Version Femina de cette semaine
    • La prochaine fois, j'ajouterai un demi-oignon.
    • Et une herbe verte !
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