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Ma Cuisine rouge - Page 10

  • La Solitude du Docteur March (G. BROOKS)

    Imprimer Catégories : Littérature gourmande

    Étonnant roman que celui-ci :

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    "Couronné par le prix Pulitzer, un roman aussi puissant qu’élégant qui réinvente la destinée du célèbre père des Quatre Filles du docteur March. Des sphères intellectuelles vibrantes de la Nouvelle-Angleterre au Sud sensuel et violent de la guerre de Sécession, l’odyssée d’un idéaliste pris dans la tourmente de l’Histoire.

    Dans le Massachusetts, à Concord, un homme quitte femme et enfants pour s’engager auprès des nordistes. Un père aimant, mari fidèle et abolitionniste convaincu : le docteur March.

    Enrôlé comme aumônier, March va bientôt voir ses certitudes ébranlées par les atrocités commises sur le champ de bataille.

    Mais rien n’aurait pu le préparer à retrouver celle qu’il n’a jamais réussi à oublier : la belle et douce Grace, une esclave rencontrée vingt ans plus tôt…

    Entre attirance tragique et culpabilité dévorante, engagements humanistes et devoirs familiaux, lynchages publics et mise à sac de plantations, March va devoir affronter des épreuves qui le changeront à jamais. Seul face à lui-même, sur une terre où s’effacent les frontières entre le bien et le mal…"

    Bien sûr, c'est encore l'esprit tout empli des soeurs March, Meg, Beth, Amy et, surtout, Jo, que je me suis plongée dans ce livre. Le choc n'en a été que plus brutal. Comme si, tout à coup, mes yeux se dessillaient, que je laissais derrière moi les crinolines d'Autant en emporte le vent et ses "Mame Scarlett" pour entrer dans une réalité beaucoup plus brutale : celle du vieux Sud esclavagiste et d'une guerre fratricide.

    Car on est loin du romantisme avec ce roman : si l'histoire qu'a imaginée Geraldine BROOKS se glisse à merveille dans les interstices de celle de L. M. ALCOTT, car tout y est, depuis la ruine de la famille jusqu'à la maladie du père, c'est l'itinéraire d'un homme issu d'un milieu modeste, humaniste et humain, qui vient s'imposer et, à travers lui, l'histoire d'une nation pleine de déchirures.

    Geraldine BROOKS a su admirablement décrire les ambiguïtés, les indécisions, les modes de vie et de pensée, la difficulté de s'arracher à son passé pour aller de l'avant et, également, les nécessités de la rupture. "Nous avons eu notre content de Blancs pour commander notre existence ! répliquera Grace au docteur March lui proposant de travailler avec eux après la guerre, pas mal d'hommes de ma race sont meilleurs coursiers que vous ne le serez jamais. Et il ne manque pas de pasteurs nègres pour connaître le vrai langage de nos âmes. Un peuple libre doit apprendre à décider de son destin."

    La Solitude du Docteur March est un roman brutal, violent parfois, terrible souvent, mais qui ne saurait laisser indifférent. C'est une belle réussite.

    La jeune femme m'emmena sur le côté de la maison aux murs de pierre, franchit un portillon et pénétra dans un jardin potager au cordeau, où les élégantes pointes violettes des asperges se dressaient telles des sentinelles et où des fraisiers croulaient précocement sous leurs fruits verts. Ici, on se régalerait de fraises avant que le sol eût dégelé chez nous. Je la suivis, frappé par sa démarche : parfaitement droite, mais non moins souple.

    A la cuisine, les saines odeurs matinales des galettes de maïs grillées et d'un bon café parfumé me donnèrent des crampes d'estomac.

    "Qui nous as-tu amené, Grace ?" s'enquit la cuisinière, une femme aux hanches pleines, au visage plat luisant de sueur.

    Ma faim devait être criante, car d'autorité la cuisinière posa devant moi une écuelle de fer-blanc où s'empilaient des galettes, tout en me sermonnant sur les méchantes façons de mes congénères. Elle n'avait aucune indulgence pour ceux qui tentaient de la duper. Je hochais vigoureusement la tête en enfournant la nourriture.

    "Il n'y a aucune sorte de noix de muscade dans mes bagages, affirmai-je. Seulement un assortiment d'articles plaisants et utiles destinés au confort du corps et de l'esprit.

    - C'est vrai ? demanda-t-elle, les coins de sa grande bouche plissée vers le bas dans sa tentative outrée pour paraître menaçante. Alors vous avez intérêt à montrer vot' mercerie yankee à Annie, et vite, j'ai pas le temps de lambiner."

    Geraldine BROOKS, La Solitude du Docteur March, 2010.

     

    Lu dans la cadre de l'opération Masse critique - BABELIO

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  • Régime Dukan, le détournement : tarte aux prunes

    Imprimer Catégories : Desserts

    Pour quoi ce titre ? Parce que d'une certaine manière, cette tarte est un hommage au nouveau régime tendance, le régime Dukan. Son secret (en autres) : l'avoine ! Et bien il y en a dans cette tarte !

    Bon, c'est bien la seule chose qui soit de régime, accessoirement, surtout si vous êtes dans une période non-fuit, mais pour les autres, tous les autres, ce n'est que du bonheur ! La simplicité même que cette tarte, qui laisse complètement s'exprimer le fruit bien mûr. Voici donc la :

    TARTE AUX PRUNES

    Pour 6, il faut :

    • 150 g de farine
    • un oeuf
    • 70 g de flocons d'avoine
    • 50 g d'amandes réduites en poudre
    • 50 g de sucre roux
    • 120 g de beurre
    • 500 g de prunes

    Préparer la pâte en émiettant le beurre coupé en morceaux dans la farine, les flocons d'avoine, 20 g de poudre d'amande, 20 g de sucre, à la façon d'une pâte brisée. Ajouter éventuellement un peu d'eau pour former la boule et envelopper dans un film fraîcheur afin de la laisser reposer une heure au réfrigérateur.

    Laver les prunes, les couper en deux et les dénoyauter.

    Préchauffer le four à 180°.

    Étaler la pâte, saupoudrer d'un peu de poudre d'amande restante, déposer les fruits face bombée contre la pâte et saupoudrer généreusement du sucre restant.

    Enfourner pour une trentaine de minutes, baisser éventuellement à 160° à mi-cuisson.

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    Remarques :

    • A réserver aux prunes TRES mûres, pour que la tarte ne soit pas trop sèche.
    • Si les fantaisies avoinesques vous ennuient, restez-en à 220 g de farine - mais le flocon d'avoine donne un petit côté croquant...
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  • Champagne ! Votez, commentez et gagnez !

    Imprimer Catégories : Blowing in the wind

    Il ne reste plus que trois jours pour commenter ma recette de Brie crousti-fondant et sa gelée de Champagne rosé et gagner une bouteille de champagne, puis de voter ensuite pour ma recette sur le site Champagnes de vignerons et tenter de gagner UNE CAISSE de champagne cette fois-ci !

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  • Soixante-quatre ans de la vie d'une femme (E. GUILCHER)

    Imprimer Catégories : Ma Bibliothèque... verte !

    A la fois emblème et paradoxe, telle fut Simone Signoret.

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    "Vingt-cinq ans après sa disparition, Simone Signoret reste irremplacée et irremplaçable.
    Emmanuelle Guilcher n’a cessé de l’admirer dès son adolescence : « J’avais treize ans et toute l’audace des jeunes filles timides persuadées que le monde leur appartient si elles désirent lui appartenir. Simone Signoret me fascinait. J’ai décidé de lui écrire comme à quelqu’un qui m’était familier. Simone a répondu… »

    Par la suite, Emmanuelle Guilcher a nourri sa passion pour cette femme, rencontrant ceux qui l’ont fréquentée, célèbres ou non. Après avoir recueilli plus de cinquante témoignages inédits, passé des heures à visionner de nouveau tous les films qu’elle a pu retrouver et enquêté durant dix ans sur les lieux foulés par les pas de son icône, elle retrace son parcours. Des ses débuts de comédienne dans la France occupée à la rencontre de sa vie avec Yves Montand, de Casque d’or à la Madame Rosa de La Vie devant soi, de l’oscar à « l’affaire Marilyn », de l’artiste à l’écrivain, elle relate les épreuves et les choix de cette femme engagée dans les grands combats de son temps, d’une « actrice dans son époque, un témoin sans pareil d’un demi-siècle fécond »."

    Emblème et paradoxe car emblème d'une femme engagée, ancrée dans son siècle, forte en gueule, intrépide et d'une beauté presqu'arrogante, et paradoxe d'une épouse qui accepta tout, depuis les trahisons publiques de son mari jusqu'au vieillissement le plus exhibé.

    La biographie d'Emmanuelle GUILCHER est complétement réussie. Car ce n'est ni une hagiographie, comme il y en a tant, ni une attaque à charge. Elle brosse le portrait d'une femme libre qui choisit elle même ses servitudes, elle narre l'itinéraire d'une femme depuis l'émergence d'une conscience politique à l'adolescence jusqu'à la détermination des combats de la fin, enfin elle raconte le parcours d'une actrice hors-norme qui sut, et c'est bien une des seules, voire la seule peut-être accepter d'être ce qu'elle était, quelque soit son âge et son apparence.  Si Simone Signoret restera dans les coeurs et les têtes des gens, c'est pour avoir été autant Casque d'or que Madame le Juge..

    En fait, la carrière de Simone Signoret est bien double : une première, fondée sur la "plastique", s'achève après l'oscar à Hollywood ; la seconde commence avec Le Chat. Il y aurait sûrement beaucoup à écrire sur cette métamorphose physique, au risque de tomber dans les clichés psychologiques : infidélité du mari, alcool, on ne saura jamais si les causes ne sont pas des conséquences et les conséquences des causes. Les faits sont là, incontestables. La beauté insolente de Casque d'or, devenue effigie d'affiches, de cartes téléphonqies, de timbre-poste, continue aujourd'hui de symboliser la grâce de la jeunesse : la bouche charnue, les pommettes hautes, la tête droite sur des épaules carrées et savamment dénudées, le visage parfait encadré de longs cheveux blonds, Simone Signoret - casque d'or rayonne encore. Mais un autre visage de Simone Signoret vient parfois brouiller cette image comme universelle de la beauté, qu'elle aurait dû laisser pour l'éternité. Ces photos de Simone Signoret qui l'illustrent tout autant sont un mélange de l'héroïne du Chat, de madame Rosa qu'elle va incarner dans La Vie devant soi et de Simone Signoret vieillie dans la vie, le cheveu gris, le visage un peu tombant, les paupières alourdies, les lunettes encerclant un regard moins vif et la silhouette pesante. Les deux Simone Signoret vont se succéder, se superposer, sans qu'aucune ne fasse de l'ombre à l'autre.

    Emmanuelle GUILCHER, Signoret, une vie, 2010.

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  • Brie rose crousti-fondant et sa gelée de Champagne

    Imprimer Catégories : Desserts

    Longtemps, j'ai rêvé de Champagne rosé. "Amatrice" - inconditionnelle - de Champagne tout court, cela m'apparaissait comme le summum de l'exotisme que de goûter du Champagne rosé. Et puis, le temps a passé et j'ai pu satisfaire cette envie. J'avoue avoir été alors à la fois surprise et désorientée : cela ne ressemblait ni à ce que j'avais imaginé ni à ce que je connaissais. Depuis, ce sentiment est resté, un mélange de désir et de perplexité face à l'objet.

    C'est pourquoi lorsque j'ai été contactée par les Champagnes de Vignerons , une marque collective créée en 2001 par le syndicat des Vignerons de la Champagne et regroupant tous les vignerons et coopératives qui commercialisent du Champagne, afin de réaliser une recette pour eux et participer ainsi à un concours qui me permettrait, à moi de partir cuisiner un week end en Champagne, à mes lecteurs de gagner des bouteilles de champagnes de vignerons, je n'ai pas hésité et j'ai choisi d'aller vers une recette qui apprivoiserait un peu ce fameux Champagne rosé...

    Mon choix s'étant porté sur un brut rosé d'assemblage élaboré à partir d'une dominante chardonnay, j'ai voulu utiliser ses arômes de fruit et de bonbon pour l'associer à quelque chose de crémeux, à la fois corsé et onctueux. C'est ainsi que j'en suis venue à songer au Brie de Meaux, un autre produit de l'Est de la France. Champagne, fromage, il manquait encore quelque chose, qui apportât à la fois du croquant - la recette était plutôt "molle" - et de la douceur - la gelée de Champagne s'annonçant forcément un peu acide ; là, s'imposait le biscuit de Reims, le régional de l'étape dont j'adore la délicatesse, au regard comme en bouche. La recette était faite : à la fois fromage et dessert, tendre et festive  !

    Voici donc le :

    BRIE CROUSTI-FONDANT ET SA GELÉE DE CHAMPAGNE

    Pour deux personnes, il faut :

    • Une pointe de Brie
    • 4 biscuits de Reims
    • 20 g de beurre
    • 2 feuilles de gélatine
    • 20 cl de Champagne de Vignerons rosé

    La gelée de Champagne de Vignerons :

    Faire chauffer doucement cinq centilitres de Champagne. 

    Mettre à tremper dans l’eau froide deux feuilles de gélatine.

    Lorsque le Champagne frémit, ajouter les deux feuilles de gélatine bien égouttées et remuer jusqu’à dissolution complète.

    Laisser tiédir et verser dans un siphon. Ajouter le reste de Champagne, fermer et visser une cartouche de gaz.

    Laisser reposer au réfrigérateur pendant six heures au moins.

    Les biscuits de brie :

    Réduire deux biscuits de Reims en poudre.

    Découper deux rectangles de Brie et les écroûter.

    Rouler les portions de brie dans la poudre de biscuit rose.

    Faire chauffer le beurre et poêler à feu doux les morceaux de brie panés en veillant à les retourner délicatement pour que la croûte ne se détache pas.

    Le dressage :

    Placer sur une assiette un biscuit de Reims.

    Déposer délicatement dessus le brie pané. Saupoudrer d’un peu de poudre de biscuit rose.

    Évacuer le gaz du siphon en le tenant debout et récupérer la gelée avec une cuillère pour la déposer à côté des biscuits de brie.

    Le concours maintenant. Ou plutôt les concours.

    Je vous offre la possibilité de gagner une bouteille de Champagne brut en répondant, à travers vos commentaires, à cette question cruciale : "Racontez votre meilleur souvenir-émotion avec le Champagne". Là, j'entends les puristes me dirent : ce n'est pas une question, mais un commandement. Eh oui, mais que voulez-vous, on est prof ou on ne l'est pas ! Donc, le "sujet" du jour, c'est ça, et c'est le souvenir le plus "touchant" , qu'il soit drôle ou émouvant, qui gagnera cette bouteille.

    Mais ce n'est pas tout ! Parce que vous pouvez gagner encore plus  : en vous rendant ICI, sur le site des Champagnes de Vignerons, pour y voter pour moi (enfin, pour ma recette...), ce qui me permettra, d'ici quelques jours, de vous raconter ce week end en Champagne à cuisiner, et ce qui vous permettra, à vous,  de remporter peut-être une caisse de Champagne par tirage au sort. Alors, à la vôtre, vous avez jusqu'au 25 octobre pour participer !

    Article sponsorisé

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  • La constellation de l'amour (M. PROVOST)

    Imprimer Catégories : Littérature gourmande

    Drôle de pièce que ce :

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    "Chez Plomeur, à Quimper, on est boucher de père en fils. Dès sa puberté, en pleine guerre de 14, André, fils unique de Loïc et Fernande, développe un don très particulier, celui de faire « chanter la chair » – et pas n’importe laquelle : celle des femmes qui viennent faire la queue à la boucherie Plomeur, dans l’espoir de goûter au plaisir suprême. André assume gaiement et avec talent le devoir conjugal des absents partis au front. Mais l’armistice survient et les maris reviennent. Un matin, André trouve devant la boucherie un panier en osier avec à l’intérieur un bébé. Puis un deuxième, un troisième, un quatrième... sont déposés devant sa porte. Du jour au lendemain, voilà André père de sept enfants et poursuivi par un mari jaloux décidé à lui nuire! Afin de protéger la chair de sa chair pour qui il se découvre un amour infini, il décide de prendre la mer et de rallier les lointaines Amériques. En chemin, la remuante tribu échoue sur une île déserte…"

    Le court roman de Martin PROVOST est une fable poétique, gourmande et tendre, complètement originale. Il s'agit de s'abandonner à cette histoire à la fois réaliste (un père célibataire) et surréaliste (sept enfants venus en même temps comme autant de sept nains). Évocation sensuelle de la chair et des chairs, éloge de l'amour paternel, la lecture de Bifsteck se déguste, se savoure et repaît dans un sentiment de béatitude comblée.

    Ils s'emparèrent d'une vieille voile déchirée dans laquelle ils découpèrent un grand carré de toile de la taille d'un drapeau, et, tandis qu'ils énonçaient à voix haute les mots sacrés de leurs ancêtres, collet, carré, éclanche, escalope, filet, rognon, aile, pilon, quasi, rouelle, cervelle, gîte, joue, fagoue, queue, mou, fressure, noix, souris, épaule, à l'aide d'un bout de bois brûlé, ils tracèrent cette nouvelle représentation du ciel. Lorsqu'ils eurent terminé, ils entreprirent d'assombrir à l'encre de seiche tout ce qu'il restait d'espace vide dans cette voûte céleste. Puis ils suspendirent leur oeuvre à la poupe du bateau, pour que le vent la sèche.

    André s'éveilla quand le jour commençait à peine. Le sirocco apportait d'Afrique un air brûlant, chargé de sable.

    Il regarda tendrement ses petits endormis contre lui, se tenant fermement les uns aux autres par les mains et les pieds, et aperçut la voile peinte qui claquait à l'arrière du bateau, baignée par les premières lueurs de l'aube.

    A travers le tissu grossier badigeonné de noir, il reconnut le corps d'un homme, bras et jambes ouverts, tête haute, avec à l'emplacement du coeur, comme sept minuscules boutons-d'or, les étoiles que s'étaient attribuées les sept artistes en herbe.

    Martin PROVOST, Bifteck, 2010.

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  • La recette du week end : pâtes et boulettes !

    Imprimer Catégories : Pâtes, riz, etc..., Viandes

    Il y a des recettes comme ça, toutes simples, et qui sentent bon le week end. De surcroît, elles ont l'indéniable avantage de plaire à tous ou presque, ainsi celle qui va suivre. Il suffit de disposer de tomates de fin de saison, bien mûres, mais un peu trop "molles" pour finir en salade, de belle viande de boeuf et d'une saucisse de Toulouse. Ah, j'oubliais : des pâtes, aussi, mais qui n'en a pas dans ses placards ? Voici donc les :

    PÂTES ET BOULETTES

    Pour 4, il faut :

    • 500 g de tomates bien mûres
    • un oignon
    • 400 g de viande de boeuf hâchée
    • une cuillère à soupe de chapelure
    • une saucisse de Toulouse
    • 350 g de pâtes
    • sel et poivre
    • un peu de sucre
    • de l'huile d'olive
    • une branche de thym

    Préparer la sauce en ébouillantant rapidement les tomates afin de les peler plus facilement. Les épépiner et les couper en dés.

    Faire revenir l'oignon pelé et hâché dans une sauteuse. lorsqu'il est transparent, ajouter les tomates.Couvrir et laisser mijoter doucement pendant une bonne heure. Au milieu de la cuisson, saler, poivrer, sucrer légèrement et ajouter une branche de thym.

    Préparer les boulettes en mélangeant la viande hâchée, la saucisse émiettée, la chapelure, le sel et le poivre. Former des boulettes de la grosseur d'une noix en les roulant au creux de la main.

    Faire chauffer un peu d'huile dans une poêle et y faire dorer les boulettes. Les intégrer ensuite à la sauce tomate et laisser mijoter encore une bonne vingtaine de minutes.

    Cuire les pâtes et les verser dans la sauce. Laisser reposer deux minutes avant de servir.

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    Remarques :

    • En ne mettant pas la viande trop tôt, elle garde son goût et ne "donne" pas tout à la sauce.
    • A essayer avec plein de viande différentes !
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  • "Le porno de la bouffe" (M. ALI)

    Imprimer Catégories : Littérature gourmande

    Cela s'annonce comme un gros pavé appétissant :

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    "Après l'extraordinaire succès de Sept mers et treize rivières, Monica Ali nous plonge dans le melting-pot des cuisines d'un grand restaurant londonien. Profonde, douce-amère, une œuvre ambitieuse qui dépeint les désarrois d'une société attachée à ses traditions, confrontée à un monde nouveau qu'elle ne comprend pas. Chef des cuisines de l'hôtel Imperial, un palace plus vraiment à la hauteur de sa splendeur d'antan, Gabriel Lightfoot doit composer chaque jour avec une équipe cosmopolite et chahuteuse, une petite amie chanteuse qui se pose des questions sur leur relation et un père malade qui lui laisse des messages aussi laconiques que culpabilisants sur son répondeur. Une mort va faire voler en éclats son fragile équilibre : le corps d'un des plongeurs est retrouvé dans les sous-sols du restaurant. Une mort solitaire, anonyme, parmi ces travailleurs immigrés interchangeables. Soudain, Gabriel prend conscience que ses cuisines cachent bien des secrets : trafics en tous genres, prostitution, chantages, violence quotidienne... Surgit Lena, une fille de l'Est, mystérieusement liée à la mort du plongeur. Irrésistiblement attiré par cette femme en perdition, Gabriel va prendre une décision qui remettra en question tout ce en quoi il avait cru jusqu'ici..."

    Et finalement, même s'il se révèle parfois un peu lourd, le roman de Monica ALI est tout à fait intéressant. parce loin de s'en tenir aux descriptions des cuisines d'un grand hôtel, il va un peu plus loin et fouille au fond des placards pour y mettre à jour des choses pas très ragoûtantes. Population exploitée, dans cette Angleterre que l'on nous vante trop rapidement pour le "paradis" de ceux qui voudraient réussir vite, paradoxe d'une société qui n'a jamais autant parler (et montrer) de "bouffe" sans la faire ni  la connaître vraiment, on finit par s'attacher aux pas de ce Gabriel Lightfoot, quadragénaire écartelé entre ses rêves de gloire et ses racines qui sont sur le point de lâcher. Ainsi le montre cette discussion entre Gabriel net sa petite amie Charlie. Voici donc :

    LE PORNO DE LA BOUFFE

    - Tu m'as raconté que ta mère détestait cuisiner. C'est ce qui t'a motivé ? Tu voulais l'aider ?

    - Chez nous, je ne cuisinais presque jamais. Je n'avais pas le droit.

    - Alors c'est quoi, le point de départ ? insista-t-elle. Un repas fabuleux dans un restaurant, pendant les vacances ?

    - Quand je suis entré à 'Ecole hôtelière, je n'avais même jamais goûté d'herbes aromatiques. Pour moi, une tranche d'ananas sur du jambon, c'était le summum de la gastronomie.

    - Ah. Et ça ne l'est pas ? [...] Il y a bien quelque chose qui t'a poussé à emprunter cette voie, à devenir chef.

    - Le glamour, l'argent facile, les serveuses dociles...

    - Non, sérieux.

    - Sérieux ? Je n'en sais trop rien. A l'époque, il n'y avait pas tous ces chefs célèbres. Ca ne semblait pas un bon choix de carrière, pas vraiment, pas du tout, même. Pourtant, il y a quelque chose qui m'a toujours plu dans le fait de prendre un morceau d'animal mort, des herbes aromatiques, d'autres végétaux ou extraits, et de les modifier. De les transformer. C'est le processus qui m'intéresse. J'aime le processus, l'approche scientifique. Et puis, je ne te parle pas de l'aspect séduction, bien sûr. Un bon cuisinier est presque sûr de baiser.

    - Très drôle. T'es amusant, toi.

    - Oh, tu crais que je blague ?

    - C'est vrai que tout ça, c'est venu plus tard : les grands chefs dans les pages people des magazines, les programmes et même les chaînes de télé consacrées à la cuisine, les concours, les reportages -photo...
    - En même temps, on prenait le temps de cuisiner. Aujourd'hui, c'est le règne du micro-onde, des plats préparés et des repas livrés à domcile. On ne cuisine plus.

    - Non, les gens préfèrent regarder les émissions, acheter les livres et les revues. Il y en a de plus en plus, alors ils ont de plus en plus l''occasion de se rincer l'oeil, de prendre leur pied...

    - Le porno de la bouffe, observa Gabriel. Mouais. Et ces gens-là ne tiendraient pas un jour en cuisine. Dans une vraie cuisine, je veux dire. Pas cinq minutes.

    - Comment t'expliques ça ? Et qui fait la cuisine, dans un restaurant ? Les étrangers ? Ou est-ce qu'ils sont cantonnés à la plonge ?

    - Tu me parlais des magazines ? Eh bien ils te montrent aussi des belles tenues, non ? Et t'as vu comment sont habillés les gens dans la rue ?

    - Qui travaille en cuisine, alors ? insista-t-elle.

    Monica ALI, En Cuisine, 2010.

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  • Choux à la crème (pâtissière)

    Imprimer Catégories : Desserts

    Je sais, je sais, mieux vaut être prudente. Quand on annonce "choux à la crème", plusieurs possibiltés s'offrent à vous : vanille, chocolat, chantilly... Alors autant annoncer la couleur tout de suite : il s'agit de choux à la crème "pâtissière". Et pour ce faire, j'ai d'ailleurs réutilisé la recette de celle d'Anne-Sophie PIC (celle des soufflés chauds au Grand-Marnier), légère et parfumée. Alors voici donc les :

    CHOUX A LA CREME (PÂTISSIERE)

    Pour une vingtaine de choux, il faut :

    • 4 oeufs
    • 140 g de farine
    • 90 g de beurre demi-sel
    • un quart de litre d'eau

    Et pour la crème :

    • 500 g de lait
    • 6 jaunes d'oeuf
    • 50 g de sucre
    • 35 g de Maïzena
    • une gousse de vanille

    Préparer les choux en portant l'eau à ébullition avec le beurre. Lorsqu'il est fondu, retirer la casserole du feu et y verser la farine d'un seul coup. Remuer énergiquement.

    Faire dessécher la pâte quelques instants sur feu doux puis retirer du feu et ajouter les oeufs un à un, en mélangeant bien entre chaque oeuf.

    Préchauffer le four à 180°.

    Former des petits choux à l'aide d'une cuillère à café ou d'une poche à douille.

    Enfourner et laisser cuire trente minutes sans ouvrir le four.

    Pendant ce temps, porter le lait et la gousse de vanille grattée à ébullition.

    Mélanger les six jaunes, la Maïzena et 50 g de sucre jusqu'à rendre le mélange mousseux. Verser dessus le lait bouillant et remettre sur le feu pour faire prendre la crème en remuant sans cesse. Attention, la Maïzena va faire "prendre" d'un coup.

    Lorsque la crème pâtissière a atteint sa consistance, enlever la casserole du feu et laisser tiédir.

    Remplir une poche à douille de crème pâtissière et remplir les choux.

     

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    Remarques :

    • Vous pouvez parfumer votre crème pâtissière à différents parfums : chocolat, pistache, orange...
    • Vous pouvez également arroser vos choux d'un filet de caramel mais là, on entre dans le domaine du conflit à la maison : personnellement je déteste, mais mon mari adore !

     

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  • Parce qu'on dirait que c'est encore l'été : fougasse et poivrons marinés

    Imprimer Catégories : Apéritif, Légumes, Pains

    Je sais, je sais, l'été, c'est jusqu'au 20 septembre, mais il n'empêche, avec cette rentrée qui nous est tombée dessus, voilà qu'on se met en mode automne. Finies les envies de petit top décolleté, fini le vernis aux couleurs flashy, les orteils rentrent sagement dans leurs chaussures fermées - histoire de les habituer - et... finis les apéros qui s'éternisent en refaisant le monde, parce que c'est pas tout, mais demain, on bosse !

    Alors en attendant, et afin d'avoir encore un peu l'impression d'être resté en mode vacances, je vous propose cette recette, estivale à souhait. Voici donc la :

    FOUGASSE ET SES POIVRONS MARINES

    Pour 4-6 personnes, il faut :

    • 4 à 6 poivrons rouges
    • 370g de farine type 65
    • un sachet de levure de boulanger
    • 23 cl d'eau
    • deux gousses d'ail
    • vinaigre balsamique
    • huile d'olive
    • sel et poivre
    • origan séché

    Laver et essuyer les poivrons. Les mettre au four à 200° jusqu'à ce que la peau boursoufle et noircisse. Sortir et laisser refroidir.

    Dans la MAP, verser la farine, une cuillère à café de sel, une cuillère à café d'origan, une cuillère à soupe d'huile d'olive, la levure et arroser d'eau tiède. Faire tourner la machine en programme "pâte seule".

    Peler les poivrons, les épépiner et les couper en lamelles. Déposer dans un récipient creux.

    Peler et écraser l'ail. Ajouter une pincée de sel, un tour de moulin à poivre, une demi-cuillère à soupe de vinaigre balsamique, trois cuillères à soupe d'huile d'olive et mélanger. Verser le tout sur les poivrons, saupoudrer d'origan et laisser reposer au frais au moins deux heures.

    Lorsque le programme est terminé, diviser la pâte en deux morceaux et les étaler sur une plaque préalablement huilée. Laisser reposer une heure.

    Faire préchauffer le four à 200°. Enfoncer la pâte à intervalle régulier afin de faire des trous, asperger d'une lichette d'huile d'olive, d'un peu de sel de guérande et enfourner pour une vingtaine de minutes.

    Servir à peine refroidie, accompagnée des poivrons.

     

    poivrons marinés sur fougasse.jpg

    Remarques :

    • Les poivrons sont encore meilleurs faits la veille.
    • Vous pouvez utiliser également des poivrons jaunes et orange, c'est joli.

     

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