17.02.2009

"La liberté de la presse ne s'use que si on ne s'en sert pas"

« La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. » Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 - article 11.


Mardi 17 Février 2009. Merci, Stéphane GUILLON.

AUDACE : Mouvement de l'âme qui porte à des actions extraordinaires, au mépris des obstacles et des dangers. Être plein d'audace. (Littré)

Il n’y a donc point de liberté sans Lois, ni où quelqu’un est au­-dessus des Lois : dans l’état même de nature l’homme n’est libre qu’à la faveur de la Loi naturelle qui commande à tous. Un peuple libre obéit, mais il ne sert pas ; il a des chefs et non pas des maîtres ; il obéit aux Lois, mais il n’obéit qu’aux Lois et c’est par la force des Lois qu’il n’obéit pas aux hommes. Toutes les barrières qu’on donne dans les Républiques au pouvoir des Magistrats ne sont établies que pour garantir de leurs atteintes l’enceinte sacrée des Lois : ils en sont les Ministres non les arbitres, ils doivent les garder non les enfrein­dre. Un Peuple est libre, quelque forme qu’ait son Gouvernement, quand dans celui qui le gouverne il ne voit point l’homme, mais l’organe de la Loi. En un mot, la liberté suit toujours le sort des Lois, elle règne ou périt avec elles ; je ne sache rien de plus certain.

Jean-Jacques ROUSSEAU, Lettres écrites de la montagne, 1764.

07.02.2009

Le Planning Familial se meurt !

Communiqué de presse du 27-01-2009

En diminuant de 42 % pour 2009 le montant affecté au conseil conjugal et familial, activité « historique » du Planning Familial, l’Etat programme à très court terme la suppression totale des acteurs intervenant sur le droit à la sexualité.

« Par cette décision, l’Etat affiche sa volonté ne plus avoir d’exigence quant à l’accueil, l’information et l’orientation pour la contraception, la fécondité, la sexualité. Il ne souhaite plus contribuer à la préparation des jeunes à la sexualité, à leur vie de couple et à la fonction parentale. Il se désintéresse de l’accueil et du conseil aux personnes lors des accueils collectifs ou en entretiens individuels alors que cette mission a clairement été organisée et confiée par la Loi Neuwirth aux associations » explique Françoise Laurant, Présidente Nationale du Planning Familial.

La conséquence immédiate pour Le Planning Familial, si cette politique se confirme, est la disparition annoncée d’un tiers des associations départementales, intervenant au plus prés des publics concernés.

« Qu’en sera-t-il pour 2010, 2011 s’interroge Françoise Laurant, nous craignons le pire. D’autres de nos associations seront contraintes de fermer définitivement leurs portes. Est-ce ainsi que l’Etat conçoit la mission d’utilité publique qu’il nous a confié ? » « A ce jour, poursuit-elle, nous n’avons aucune certitude que nos nouvelles associations dont c’est le cœur de métier pourront bénéficier de ces moyens »

Pourtant l’information, l’accueil, l’écoute, l’éducation à la sexualité restent des missions d’utilité publique dans une société où les relations filles-garçons se tendent, où les campagnes nationales de prévention et d’information nationales ont besoin des relais locaux pour être efficaces ! L’accueil réservé au film de Claire Simon « Les Bureaux de Dieu » en a démontré la pertinence, la nécessité et l’actualité. La réalisatrice a d’ailleurs tenu à être à nos cotés lors de la conférence de presse de ce jour.

L’auteur de la loi de 1967, Lucien Neuwirth, excusé, nous a assuré de son soutien. L’ancienne Ministre Yvette Roudy, de nombreux élus du Sénat, de l’Assemblée Nationale et de collectivités locales, des associations, par leur présence, ont confirmés leur engagement à nos cotés.
[...]
Amputer ainsi les ressources de nos associations (8 euros pour une heure de conseil conjugal et familial réalisée) est une petite et fausse économie pour le budget de l’Etat mais une grande mise en danger de l’information sur les droits sexuels et reproductifs. Une telle mission ne peut et ne doit pas être libéralisée !


Signez la pétition ici.

03.12.2008

Je suis une locavore et j'aime ça !

Eh oui, ça m'est tombée dessus comme ça, l'autre matin, alors que j'écoutais la revue de presse de Michel Grossiort : je suis une locavore ! Pire : une adepte du "fait maison" ! Je cite : "Là tout le monde comprend, il s’agit de fabriquer soit même certains produits, son pain, ses yaourts, voire ses cosmétiques, un retour très tendance…)".

Je ne sais pas pourquoi, je décèle comme une pointe d'ironie dans cette remarque... Comme si perdre son temps à des choses aussi futiles était particulièrement imbécile quand il suffit de pousser la porte d'une boulangerie pour acheter sa baguette ! De tendre le bras pour attraper un pack de yaourts bien emballés dans leur carton glacé ! Alors que quand même ON A AUTRE CHOSE A FAIRE ! Comme...

Eh bien comme quoi, justement ?

Moi, mon pain, je ne le fais pas tous les jours. Il faut que j'ai envie. Envie notamment de sentir la délicieuse odeur du pain cuisant au four parfumer la maison. Les yaourts, c'est autre chose. Je n'ai toujours aimé que les yaourts nature et j'avais l'impression de plus en plus de ne sentir qu'un goût d'eau et de moins en moins celui du lait. Le plus difficile, avec la yaourtière, c'est de la faire tourner tous les soirs ! Ce n'est pas long à préparer, mais il faut le faire...

Je sais que je ne convaincrais que ceux qui le sont déjà, avec mes idées bobos et mes fleurs dans les cheveux, mais franchement, ça fait du bien ! De manger un pain sur pâte fermentée par exemple, ou un pain sur poolish, ou encore des baguettes, des pizzas à pâte fine comme à pâte épaisse, des sandwiches et, bien sûr, des yaourts.

Ah, ça fait du bien d'être en marge, quand même... Allez, tous ensemble :

 

Je m'souviens on avait des projets pour la terre
pour les hommes comme la nature
faire tomber les barrières, les murs,
les vieux parapets d'Arthur
fallait voir
imagine notre espoir
on laissait nos cœurs
au pouvoir des fleurs
jasmin, lilas,
c'étaient nos divisions nos soldats
pour changer tout ça

changer le monde
changer les choses avec des bouquets de roses
changer les femmes
changer les hommes
avec des géraniums

Paroles : Alain SOUCHON / Musique : Laurent VOULZY

Album Caché derrière, 1992.

12.09.2008

Humeur du jour

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Source : site du Monde - AP/ALESSANDRA TARANTINO

[...] Tiens, j'vais vous montrer un truc. Vous barrez pas, y a rien d'autre !

Regardez le journal quand il est mort, vous avez ici France Soir. C'est un journal à grand tirage ça hein!
Très bien pour allumer le feu donc ! Vous avez ici :
" Le Pape est mort " et alors en bas, une publicité malencontreuse : " Grande Braderie au marché Saint-Pierre. "
Enfin, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
Tiens, garde-le, parce que l'autre est pas mort et on peut encore se faire du blé avec celui-là...
Bon, parce que, dis donc hé, pour en élire un autre de Pape, hein... C'est la merde hein ?
Faut les réunir d'abord les Cardinaux ! Y en a partout, y sont aux quatre coins, y sont très vieux.
On leur met des petits ronds rouges sur la tête, c'est pour pas les paumer dans les squares !
Si, au moment de la promenade... Hou hou !
Et ils sont très vieux, y en a qui sont presque liquides, y vont les chercher avec des éponges !
Sa Sainteté Jean XX/XII. Oui, bonjour madame ! Oh merde ! C'est dégueulasse...
T'as l'impression d'embrasser la Mère Denis ! Bon, sans la moustache. Bon... C'est pas fini non ?
Alors j'vais vous expliquer. Et puis c'est un merdier, faut les réunir et puis il y a la fumée...
Faut faire venir l'Indien ! Y a des tas de... Alors ils les mettent dans une pièce, c'est là où y a la fenêtre.
[...]
Alors y a une pièce et puis à un moment ils viennent à la fenêtre et c'est lui le Pape, le mec qui vient vous voyez ? Parce que, par exemple, celui qu'a chaud il va ouvrir la fenêtre... Ah ! Ah !
[...]
- Pouf pouf
- Pouf, pouf, ça-se-ra-toi-qui-va-être-le-pape !
Bon, et puis y en a un qui gueulait parce que ça faisait trois ou quatre fois que ça tombait sur lui.
Alors un moment, il dit :
- Vous r'tournez pas... Y a un Polonais qui vient d'rentrer. Il parle pas la langue, il croit qu'on partage un missel.
On va le pousser à la fenêtre, ça va être bon pour lui.
- Tiens ! Heu... Bonjour Jean-Pol Siss !
- Bonjour les filles !
- Bon, bon, il est con !
- Alors, dites moi, heu... y a votre bagnole qui gène !
- Oh, ma bagnole !
Y en a qui a pris le micro: - C'est lui le pape !
- Ouaiiiis !
- Il est polonais
- Ah !

Coluche, "Les papes"

Rappel : le film d'Antoine DE CAUNES, Coluche, l'histoire d'un mec, sort mercredi 15 Octobre 2008

04.09.2008

Index des entrées

Voici l'index de toutes les entrées de Ma Cuisine rouge :

B

C

D

E

F

G

M

P

Q

R

S

T

V

11.02.2008

Le retour de la femme-objet ou comment se fondre au décor...

Ils sont fous, ces Japonais... Feuilletant le denier Marie-France, voici ce sur quoi je suis tombée :

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La styliste Aya TSUKIOKA a imaginé LA tenue de camouflage par excellence : la jupe-distributeur de boisson ! Une menace potentielle au coin de la rue ? et hop, on dénoue le lien, on relève ses jupes et nous voilà grimée en distributeur de boisson, ni vu ni connu - ou presque...

A côté, Inspecteur Gadget, c'est une série réaliste...

30.12.2007

L'affaire de la bûche ratée de Cyril LIGNAC (enfin, de son magazine...)

J'ai hésité quant à l'emplacement où classer ce billet : la logique aurait voulu qu'il soit placé en catégorie "Desserts", le problème, c'est que ledit dessert s'est révélé tellement immangeable qu'il méritait plutôt de figurer en bonne place dans les trucs qui me font râler. D'où mon choix...

Commençons par le début : l'achat du numéro 5 de Cuisine by Lignac. Une couverture festive, un Cyril LIGNAC tout sourire, tout partait bien. Et puis la rubrique relooking. Le principe ? prendre une recette de base, classique de chez classique, et la moderniser. C'est ainsi qu'ils ont relooké la salade de fruits, le melon au jambon ou encore la tarte (la moins convaincante des réalisations à mon avis). Cette fois-ci, l'équipe se proposait de relooker la bûche et d'en proposer une version arty. Finie le pseudo bout de bois, place à la bûche cubiste, "avec ses lignes carrées et ses cubes"...

Et c'est ainsi que je me suis entendue dire à ma mère : "Pour la bûche, pas de souci, je m'en occupe"... Fatale erreur.

D'abord, c'est la liste des ingrédients, qui a de quoi vous donner une attaque : 19 oeufs, 570 g de sucre, 250 g de beurre !

Puis la réalisation de la chose. Imaginez une génoise qui serait réalisée de la manière suivante : "Casser les oeufs et les mélanger avec le sucre, faire chauffer la préparation  au bain-marie tout en fouettant activement". Quand la pâte forme un ruban, retirez-la du feu et fouettez au batteur électrique jusqu'à ce qu'elle double de volume." Premier souci : vous pourrez fouetter autant que vous voulez un mélange d'oeufs et de sucre que vous faites chauffer, vous n'obtiendrez jamais de ruban ! Tout au plus un vague filet un peu gluant. Deuxième souci : la taille du moule rectangulaire n'est pas précisée ; donc vous versez votre préparation dans un moule rectangulaire plat et vous obtenez... une pâte d'environ un bon centimètre et demi une fois cuite, c'est-à-dire que pour faire neuf morceaux parfaitement carrés, il faudra vous lever tôt !

Pleine d'allant et toujours propre à m'adapter, je décidai alors non plus de faire des cubes, mais d'empiler les deux génoises en quatre morceaux, soigneusement calibrés par mon époux.

Étape suivante, la préparation de la soi-disant crème au beurre. Et là, encore, je cite : "Mélanger l'eau et le sucre dans une casserole et porter à ébullition. Trempez une fourchette dans le sucre et si en la retirant il commence à y avoir des fils, retirer la casserole du feu. Laisser le sirop refroidir puis versez-le sur les jaunes d'oeufs. Là encore, essayez seulement de laisser refroidir un sirop de sucre qui a commencé à filer et vous obtiendrez quoi ? un début de caramel dur au fond de la casserole !

Je jetai donc le magma et recommençai, m'arrêtant avant le filage pour obtenir quelque chose qui reste suffisamment liquide. "Battez au batteur électrique. Quand le mélange a blanchi, incorporez petit à petit le beurre." (les 250 g, rappelez-vous...). Je vous passe le fait que le sirop de sucre battu avec des jaunes d'oeufs n'a jamais vraiment blanchi et j'en arrive à la finalisation de la recette : le montage.

La fameuse "crème au beurre" avait passé une nuit au réfrigérateur. Pourtant, lorsqu'il fallut s'en servir pour monter la bûche, elle se révéla, sous la fine mousse de cinq millimètres vaguement durcie, complètement liquide ! D'où le dégoulis dans le plat. Du coup, j'ai quand même essayé de finir avec la ganache au chocolat, pour tromper l'ennemi. Ça a marché... jusqu'à ce qu'ils goûtent...

Buche

Remarques :

  • Dans le genre étouffe-chrétien, c'était parfait.
  • Heureusement, Picard était là...
  • J'ai décomplexé ceux qui me trouvaient grande cuisinière et bien mérité le livre qui m'a été offert ce Noël :

02.09.2007

Rêverie de rentrée

Vagues__1_

Quel pur travail de fins éclairs consume

Vagues__2_
Maint diamant d'imperceptible écume,
Et quelle paix semble se concevoir!

Vagues__4_
Quand sur l'abîme un soleil se repose,
Ouvrages purs d'une éternelle cause,

Vagues__3_
Le temps scintille et le songe est savoir.

Paul VALERY, "Le Cimetière marin", 1920.

19.07.2007

Menu rose, vin rosé et rose aux joues

Décidément, je n'en finirais jamais de m'extasier sur ce blog ! Non content de me permettre de m'épancher sur tout et rien, de rencontrer via les mails plein de gens très sympathiques, voilà qu'il m'incite à boire ! Or, vous me connaissez, il ne faut pas beaucoup me pousser pour m'inciter, dans ce domaine-ci... mais avec modération, bien sûr...

Ça a donc commencé comme ça : baguenaudant sur la Toile, je découvris que les vignerons de Chinon avaient décidé de faire connaître le Chinon rosé. Et que dans cette intention, ils offraient à tous les blogueurs volontaires pour affronter cette rude tâche deux bouteilles du dit Chinon rosé. Je ne tardais pas à me faire connaître afin, moi aussi, de goûter la chose.

Domaine_du_Clos_GodeauxUne semaine plus tard, deux bouteilles me parvenaient, celles, joliment rosées, du domaine du Clos-Godeaux de Philippe BROCOURT. Précisons ici quelques petites choses avant d'aller plus avant. J'aime cuisiner, j'aime manger et j'aime qu'un bon vin accompagne ces plaisirs. Cependant, loin de moi l'idée de me prétendre connaisseuse en quelque manière. Le vin pour moi se résume à un ensemble de sensations, plus ou moins agréables, plutôt plus que moins, mais en aucun cas je n'y vois un cérémonial. Chez nous, le connaisseur, c'est plutôt mon mari. D'ailleurs n'a-t-il pas été outré lorsque, il y a quelques temps de ceci, je répondais à un questionnaire sur le vin justement et où j'expliquais que mon meilleur souvenir viniphile était un Sancerre rouge bu en Normandie : "Quoiiii ? un Sancerre rouge ? avec tous les grands crus qu'on a bus ensemble ?" Ben oui, mais moi, c'est ce Sancerre rouge qui m'a marqué, que voulez-vous... Tout ça pour dire que je ne suis qu'une dilettante dans le domaine de l'oenologie.

Alors le rosé... Pour moi ce fut longtemps, question d'éducation, une piquette. Le vin de ceux qui n'y connaissaient rien. J'ai souvenance d'une discussion au restaurant la table à côté de moi qui, après avoir commandé un menu par ma foi assez conséquent, concluait par : "Comme vin ? oh, un rosé, ça va avec tout !"

Et puis j'ai changé d'avis. Reconnaissons que les producteurs de rosés ont contribué à ce changement. Certes il subsiste d'infâmes choses qui vous détruisent les maxillaires, vous ruinent la paroi stomacale ou vous amènent les larmes aux yeux, mais disons que je suis désormais entourée de personnes possédant suffisamment de discernement pour éviter ces inconvénients. Désormais, j'aime le rosé. Je l'aime en apéritif, servi frais mais pas trop, avec des tapas de charcuterie principalement, je l'aime en accompagnement de grillades, avec des andouillettes toutes justes grillées au barbecue, et surtout, avec la paëlla de mon papa. Il est vrai que je bois essentiellement des rosés de Provence et que j'étais tout à fait curieuse d'en découdre avec quelque chose de plus septentrional.

Pour accompagner ce fameux Chinon rosé, j'ai donc choisi de rester dans le rose : terrine de tomates et crevettes grilléesChinon_ros_ au sel et poivre.

D'abord l'aspect : une jolie couleur, rose pas tout à fait tendre mais lumineux. Notez sur la photo le verre à moitié plein - ou à moitié vide, selon que vous soyiez optimistes ou non - signe que la dégustation a commencé et que oups ! j'ai oublié de prendre une photo ! A sentir - "le nez, voyons !" - eh bien, ça ne sent pas grand-chose. A tourner dans le verre, le vin se révèle un peu gras sur les parois. C'est plutôt bon signe pour ma paroi stomacale...

On goûte. Il est un poil trop frais (la buée sur le verre en est la preuve, mais il faut dire qu'il fait au moins trente chez nous, TOUT condense !) mais très agréable. Le goût de fruits est là, bien sûr, et nous engageons alors, mon terrine_tomateépoux et moi, une discussion passionnée pendant laquelle nos enfants auront compris qu'ils peuvent se livrer aux pires bêtises, nous ne le remarquerons pas, trop occupés à reconnaître quels fruits sont emprisonnés dans les verres que nous nous versons - modérément bien sûr. Lui parle de mûre, j'évoque plutôt la grenade, douce et sucrée. Au fur et à mesure de notre échauffement (les crevettes grillées au sel et poivrecrevettes y sont pour quelque chose aussi...), le vin se bonifie : désormais, il est à bonne température, juste chambré et nous tombons d'accord : ce n'est pas un de ces rosés qui se boit sans soif, pour le seul plaisir de boire frais, non. Ici, il s'agit d'un vin dans le plein sens du mot, avec un corps qui s'accorde parfaitement avec notre repas. Et c'est vrai qu'il y a des arômes de groseille, "mais alors,pas acide, la groseille, un peu cranberrie, quoi..."

La bouteille est presque vide, il n'en reste qu'un verre, le repas est fini, mes joues sont... rosées. Et là, une remarque de mon cher et tendre : "N'empêche que je suis sûr qu'avec des andouillettes grillées, il irait super bien aussi..." Ça tombe bien, il nous reste une bouteille !

14.06.2007

Ô rage, ô désespoir, ô...

Hier soir, rentrant chez moi après une - très - longue journée (stage oblige), j'ai trouvé un magazine dans ma boîte aux lettres. "Tiens, me dis-je, un nouveau truc à lire, quelle bonne idée !" C'était avant que je n'ôte la pellicule plastique... une gentille lettre de je ne sais quel organisme financier auquel, vraiment, par le plus grand des hasards j'aurais pu faire affaire une fois il y a des siècles -vous me connaissez, je ne dépense plus un sou ! - m'informait qu'il avait le plaisir de me faire un nouveau mensuel qui ne manquerait certainement pas de me plaire, car il semblait fait pour moi.

En couverture, Jane BIRKIN. Jusqu'ici tout allait bien. Puis le titre, en grosses lettres rouge et jaune : Vivre Plus. Déjà là, j'avoue, j'ai commencé à tiquer. Ça vous avait un côté Notre Temps qui ne me semblait pas tout à fait le mien encore, le genre "le magazine de la retraite heureuse" si vous voyez le genre... Et puis le choc : en petits caractères majuscules cependant, en blanc sur le fond vert (l'espoir) : "La vie s'invente après quarante ans !"

Quoi ??? Qui avait l'outrecuidance de me proposer un magazine pour l'après-quarante ans ? Qui est-ce qui, dans son cerveau, malade certainement, avait pu imaginer - et je dis seulement imaginer - que j'aie plus de quarante ans ???

Le premier choc passé, je me suis attardée sur la couverture : "COUPLE, si différents, si bien ensemble !" Ouais, ouais... "Jane Birkin : "le secret de ma forme, c'est l'enthousiasme", ça, ça marche aussi sur ma fille, qui a sept ans et demi ! "Vous vous remariez : choisissez bien votre contrat", non, le premier fonctionne encore pas mal.

Curieuse par nature, j'ai cependant décidé de poursuivre plus avant mon exploration : "Hormones capricieuses ! les hommes aussi" m'a bien fait glousser. "Sexualité : quand la pudeur revient" m'a fait peur... "Cuisine : vive les verrines" m'a bien évidemment attirée...

Vous l'aurez compris, le premier choc, que dis-je, le premier tremblement de terre passé, je l'ai feuilleté, ce magazine. Tiens, j'en attendrais presque avec impatience celui du mois prochain, le test "Savez-vous déconnecter ?"

la réponse est bien évidemment oui, puisque j'ai réussi à faire abstraction du fait que, si je me rapproche - un jour - des quarante ans, je ne les ai pas et que pourtant, je lis un magazine pour eux ! Mais il manque cependant l'indispensable du magazine digne de ce nom : l'horoscope ! est-ce à dire qu'après quarante on n'a plus d'avenir ???

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